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Aug 16, 2022

COMMENT ÈTAIT L' école autrefois?

Une sociologie BANTU. Chez les KÒONGÓ, il y a séparation entre hommes et femmes, l’homogénéité recherchée dans l’éducation s’adaptera à cette division de travail ; au fur et à mesure de seront évidemment les premiers formateurs, tout l’entourage les relaiera petit à petit, au fur et à mesure de la croissance… Aussi bien, l’action du père connaît-elle un sursis. Avant les cinq ou six ans, la coutume laisse la garde de l’enfant à la mère. Ce n’est qu’à partir d’alors que le père lui apprendra ce qu’un homme doit connaître : la fabrication des outils de pêche, de chasse, de labour ; le nom des plantes, des herbes et leur emploi… L’enfant apprendra de son père également le nom des bêtes et l’observation de leurs mœurs. Il devra reconnaître les animaux dangereux, les végétaux vénéneux. Le père lui enseignera tout ce qui doit être connu concernant le bétail et les soins à lui donner. Concernant la pêche, par exemple, rien qu’en accompagnant son père, l’enfant verra les différentes nasses (longues, compartimentées), leur mode de dressage, les appâts efficaces, les emplacements favorables. De même, concernant la chasse et le dressage de pièges, il apprendra les différents procédés, les jours de chance… Le père inculque à son fils la connaissance des tabous, les interdits, leurs symboles. Ces tabous portent les uns sur les besoins naturels, les autres sur les valeurs culturelles ou sur les deux à la fois. Parmi les besoins, il y a le problème sexuel. Moins qu’en occident, mais une discrétion existe concernant le domaine sexuel, surtout quand on est entre sexes différents. Entre hommes seuls ou entre femmes, il y a plus de liberté, à moins que le degré de parenté ne s’y oppose. Sur ce sujet, l’ignorance chez les enfants et la fausse pudeur chez les parents n’existent guère. Il n’y a pas de "choux" ni d’achats. y a des euphémismes, mais ils ne sont utilisés qu’entre sexes ou rangs différents, sinon on emploie les termes directs. Enfin, la désignation des repas entre parmi les besoins. Une question que les Africains posent facilement aux maîtres européens est : "est-ce que ça se mange ou non ?". Les non-habitués se formalisent et jugent défavorablement les Noirs. Or pour ceux-ci c’est une règle, un principe de vie. Il y a beaucoup d’interdits portant sur les aliments. Parmi les valeurs, les unes concernent les vivants, les autres les morts. Entre clans différents, il existe des interdits. Même au sein du clan, n’importe qui ne peut pas faire n’importe quoi. On ne peut pas, par exemple, entrer dans le sanctuaire des ancêtres, ni passer derrière la hutte qui abrite cette corbeille…l’exactitude des récits : elle intervient opportunément pour corriger les erreurs que les enfants font en se racontant des contes. L’enfant, au total, entend jour et nuit et introduit dans son cerveau quantité de notions qui n’en sortiront plus, touchant les causes de misère et de maladie, les hiérarchies diverses, les tabous. Mais la mère mettra tout son honneur à initier les filles aux travaux ménagers et à ceux des champs. Les KÒONGÓ présument qu’une fille qui ne sait pas préparer la nourriture ou qui est paresseuse le doit à sa mère. Les références à la mère sont le premier test pour le mariage précoce ou tardif des filles. Naguère le physique de celles-ci comptait peu, en tout cas moins que leurs habiletés. Ces habiletés ne sont un secret pour personne dans le milieu, puisque le père et la mère ne sont pas seuls à éduquer l’enfant. Ils sont très tôt relayés par le clan tout entier qui vise sa survie et sa postérité. son développement harmonieux doivent être à la base de toute éducation ; elle animera toute activité individuelle. » Il ressort ainsi de ce récit que, la division en matière d’éducation intervient à l’âge de cinq ans qui, d’après la tradition KÒONGÓ, est l’âge d’ouverture pour l’enfant dans la connaissance du milieu socio-environnemental dans lequel il évolue. S’agissant du garçon, après quatre ans, il quitte l’univers maternel pour rejoindre celui du père. C’est pour lui la phase du début du discernement et d’appréciation de ce qu’il est. En d’autres termes, c’est le commencement d’une nouvelle vie au cours de laquelle, il va apprendre sa condition d’homme.en se rendant compte qu’il est destiné à assumer certaines responsabilités sociales qui ne seront pas forcément celles des jeunes filles avec lesquelles il aura été dans l’univers féminin quatre années durant. C’est ainsi qu’en réalité pour la tradition KÒONGÓ, l’âge de cinq ans est celui de la transition de l’enfant vers l’affirmation de son être en tant que femme ou homme. Cependant, cette transition tendant vers le discernement de l’enfant qui va précisément consister au développement de ses cinq sens objectifs, c’est-à-dire l’ouïe, l’odorat, le toucher, la vue et le goût exige au préalable que soient développées en lui certaines acquisitions comme l’apprentissage de la langue qui doit très bien se faire depuis le très jeune âge jusqu’à l’âge de quatre ans. douze ans ne parle la sienne…il commence aussi à suivre sa propre voie. Il sait déjà faire du feu, et à son propre foyer où il grille des noix de palme, des chenilles et des grillons comestibles. » Quant à la fille, elle restera dans l’univers féminin, en l’occurrence avec sa mère, qui devra faire de son mieux pour la former à l’acquisition des savoirs et connaissances de la condition féminine.


Dec 22, 2021

LA FONCTION DE L' ÉPOPÉE MUMBWANGA

Chapitre 6
LA FONCTION DE L1ÉPOPÉE MUMBWANGA
6.1. Introduction

La littérature orale punu en général et l'épopée Mumbwanga en particulier n'a jamais été un «art pour l'art» mais un art pour la vie, moyen d'instruction et d'éducation. Cet aspect utilitaire de la littérature orale se révèle dans la triple fonction de l'épopée, à savoir la fonction de loisir, de cohésion sociale et d'éducation.

6.2. La fonction de loisir



Jan 25, 2020

ELEMENTS DE SOCIALISATION ET LA "PERSONNE-PERSONNALITE".




Chez
les PUNU, le mariage est le premier grand fait de socialisation-intégration du MUTU au sein du groupe.C'est pour cela que le divorce a des conséquences incalcula-bles ; rupture des alliances, départ des enfants avec leur mère en matrilocalité, perte de considération du père et prééminence de l'oncle maternel au détriment du premier. Et, surtout comme pour couronner le tout, retour au désordre ini- tial . C'est pourquoi le père, pour maintenir ces équi- libres et cette cohérence ici, ailleurs et partout a construitMUGULU : l'Ancêtre tutélaire duquel on procède et dont on participe. Autour de l'Ancêtre on a construit des interditscomme mesures d'accompagnement ; la puissance de l'imaginaire a fait le reste. c'est ici que l'on est au coeur de l'élémentessentiel de l'éducation et de la socialisation de l'enfant PUNU : mythologie, contes, adages, récits épiques, initiation,etc...sont les éléments du bagage socio-culturel qui accom-pagne l'enfant tout au long de sa croissance.A quelque endroit que l'on se trouve, on se sentira PUNU et solidaire par MUGULU(Ancêtre commun) dont on est issus par le sang et par le lignage. Toute atteinte ou transgression à cette cohérence met le sujet en difficultépar rapport à son réseau lignagier constitutif. La première préoccupation est donc la cohérence par MUGULU qui faittenir ensemble tous les éléments et tous les membres du groupe. C'est le premier maillon de l'éducation constituée par la connaissance des origines et la généalogie(Ibandu).Dès qu'il sait parler, l'enfant PUNU entreà l'école de la généalogie- Ce qui est fondamental ici, c'estl'origine en tant que fondement de l'existence. Cela ne dif-fère guère aux deux sexes.Pour le garçon, la circoncision vers 5/7 ans le fait entrer dans le monde des hommes (mâles). Pour lesfilles, les menstrues déterminent une étape importante de leur socialisation.Viennent ensuite les initiations au courage et à la force de caractère(rituel du Mwiri). L'apprentissage de la pose des collets dans la forêt pour attraper le gibier, la chasse, la préparation des terrains de culture. Pendantce temps, les filles s'occupent à apprendre à confectionner les paniers, à faire des tresses et autres maquillages, à pêcher, à planter etc...Toute l'éducation et sa symbolique tournent autour de la formation de l'esprit, de la mémoire.
(très important pour une société sans écriture), et de la connaissance du corps, tout cela permettant une meilleure maîtrise de la parole et du langage. Cette procédure est pareille pour les jeunes filles qui vont aux initiationsspécifiques par des stages d'éducation "internés II en forêt pour une durée de quinze jours. Là-bas les prêtresses et les mères reconstituent en miniature l'univers social villageois pour donner aux jeunes filles, une éducation sentimentale et sexuelle et leur apprendre leur rôle de femme, de mèreet de "respoBsa.ble"sociale à travers l'éthique prodiguée . Toutse déroule à travers les rituels précis en séquences rigou-reuses tels dans le DJEMBE des Myénè, l'ATCHOLE des Galoa, le TCHIKUMBI des Vili et des PUNU(très important pour une société sans écriture), et de la connaissance du corps, tout cela permettant une meil-leure maîtrise de la parole et du langage. Cette procédure est pareille pour les jeunes filles qui vont aux initiationsspécifiques par des stages d'éducation "internés II en forêt pour une durée de quinze jours. Là-bas les prêtresses et les mères reconstituent en miniature l'univers social villageois pour donner aux jeunes filles, une éducation sentimentale et sexuelle et leur apprendre leur rôle de femme, de mèreet de "respoBsa.ble"sociale à travers l'éthique prodiguée . Toutse déroule à travers les rituels précis en séquences rigou-reuses tels dans le DJEMBE des Myénè, l'ATCHOLE des Galoa, le TCHIKUMBI des Vili et des PUNU,
Généralement, les mariages ont lieu à cette époque là. Ces rites de préparation se déroulent autour de 13 et 15 ans. Pendant que certains adultes vaquent à leurs occu-pations, d'autres s'occupent avec les enfants et les adoles-cents à leur enseigner les rudiments de leur histoire cosmo-gonique, le droit coutumier, le jeu de la guerre, à maîtriser la parole; à devenir de véritables orateurs, la sagesse, le jugement.

Apr 11, 2018

LE FONCTIONNEMENT DE LA FAMILLE PUNU

1. Le statut et devoirs des membres de la famille
Les Punu sont matrilinéaires. Cette filiation a son origine dans le complexe dit de mame Bwang. D'après la légende, la mère Bwanga s'était donnée en sacrifice à Dieu par amour sur la tombe de son fils unique. De façon symbolique, les enfants appartiennent à la lignée maternelle. Les enfants sont du clan de la famille maternelle. Au même titre que le père, l'oncle maternel a aussi des devoirs et des droits sur les neveux et nièces. Il est le porte-parole, le représentant légitime de sa sœur devant toute assemblée d'hommes. Au sein d'une famille, lorsqu'il se pose un problème grave ou de droit (maladie, décès ou mariage), le chef de famille a obligation d'agir en concertation avec le frère ou autre représentant légitime de son épouse. L'oncle joue le rôle de garant ou de référant lorsque le père est absent. Le chef de famille et son beau-frère sont réciproquement en position "d'alter ego". Ils se surveillent et se craignent mutuellement. Lorsque l'un intente une action malveillante ou désobligeante (sacrifice, envoûtement...), il s'expose aux sommations de réparation de l'autre, au titre des clauses de la loi coutumière. La femme appartient à la famille du mari. En cas de décès du conjoint, elle peut revenir en mariage au frère ou neveu du défunt. De même, la disparition prématurée de l'épouse peut être l'occasion d'une succession matrimoniale; à condition que le veuf obtienne l'aval de sa belle famille. Le choix se porte souvent sur l'une des cadettes de la défunte. L'éducation des enfants est assurée par la famille restreinte et la famille élargie. Les enfants reçoivent protection des deux familles des conjoints. L'obéissance est la première règle. Tout adulte a droit de regard sur les faits et méfaits des plus jeunes.
Les mésactes du jeune sont considérés comme une atteinte grave à la dignité de ses géniteurs. La réhabilitation de la bonne foi d'un déviant fait souvent l'objet d'un bref rituel oratoire: u lève pési. Au nom de Dieu, des ancêtres ou d'un parent défunt, l’intéressé implore instamment: pési vèngu ni labe bakagulile bami, je jure au nom de mes ancêtres. Les problèmes d'adoption ne se posent pas car un enfant est toujours pris en charge par les parents maternels et paternels.
2. Le respect entre les membres de la famille
Le respect est un élément fondamental dans les dynamiques socio-familiales. La marque de respect est conférée par le droit d'aînesse et le nom que l'on porte. Dans la vie courante, toute femme âgée est la symbolique d'une mère potentielle. A ce titre, un droit de respect naturel lui est dévolu. Pour nommer cette dame, il est juste de dire: "mame, maman suivi de son nom de famille". TIen est de même pour un père de famille. On dira: tate, papa suivi du nom de famille. Le cadet ou la cadette confère le titre de jaji ou yaya pour nommer son aîné (e). L'aîné d'un ami est par extension l'aîné de tous. Il s'agit là d'une prérogative inaliénable des relations d'amitié et de solidarité à l'égard de son ami. L'ami est pris comme un frère de sang. Le respect par le nom, "le respect patronymique" paraît pour le moins le plus déroutant chez les Punu. En effet, un adulte peut naturellement être amené à témoigner du respect à plus jeune que soi par le simple fait que celui-ci, de par son patronyme, sa devise, évoque l'âme d'une illustre figure de la filiation. Ainsi, une mère de famille peut être amenée à appeler son petit garçon: tate, papa. il en est de même pour un père de famille qui appelle sa fille: mame, maman.
Dans ces deux cas, les enfants portent respectivement le nom des grands-parents. Ils sont la représentation vivante des disparus de leurs géniteurs. Pour nommer son homonyme on dit: dine ou mwa dine, mon homonyme. De façon élégante, on entend les Punu qui portent les mêmes noms s'appeler: dine Mabik, dine Busugu, dine Musavu, mwa dine. Chez les Punu, tout le monde tutoie tout le monde. Il n'existe aucune barrière de classes. Les noms se transmettent de génération en génération. Le nom est un indice d'appartenance à une famille, à une communauté. Le nom détermine le statut au sein d'une famille. Le nom est une composante de la personnalité. Bukulu, la généalogie, est racontée par les grandsparents à l'aîné de la famille si celui-ci est réceptif. Le plus souvent, la mère transmet à sa fille l'histoire du clan aux champs. Le père va révéler les secrets claniques et totémiques à son fils ô dibugu : le lieu où se déroule la récolte du vin de palme.
3. Le vocabulaire familial
boji : le beau-fils
dibàle : l'homme
ditati : le bébé
 ibandu : le clan
iduki : le puîné(e)
ifumbe : la famille
ivale : le rival
ivunde : le grand,l'aîné
jaji: grand-frère, grande-soeur
kage : grand-père, grand-mère
kagulile : arrière-grands-parents
katsi : l'oncle
mame : maman 
mavase : lesjumeaux
marine: le benjamin, benjamine
moji : le lignage
mugatsi: l'épouse m
mugétu : la femme
mulumi : le mari, l'époux
mugulu : l'ancêtre
mutégule : petit fils, petite fille
mwane : l'enfant
mwane katsi : le neveu, la nièce
ndande tégule : l'arrière petit fils, petite fille
ngébi : le petit, le jeune
nguji : la mère
nzaji : le beau-frère
pale: la rivale
taji : le père
taji kétu : la tante paternelle
tsomi : l'aîné (e)