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Aug 19, 2023

Le corpus punu

Le bukulu est la science ou la doctrine du système de parenté punu, le dévoilement de sa généalogie.

Dibandu : est la science du début et des origines de la création et de l'astrophysique.

Théodicée Punu : la façon dont Dieu traite les gens.

La théodicée Bantu est mathématiquement vérifiée dans sa conception des mouvements et de la stabilité des corps aux niveaux astronomique et subatomique dans la physique déterministe newtonienne, une « théorie du tout » solaire holistique (Luyaluka, 2014).

Ditsunde : la doctrine des joutes oratoires chez les Punu ce genre se produit souvent lors des deuils, des mariages et il fait appel à d'autres genres comme le conte, le chant, les devises ou les proverbes.

Il y a aussi Tangou ; Philosophie des mathématiques et des nombres.

L'axologie : Le système de culture et de valeurs.

Tsavu: le conte

Mumbwanga : L'epopee punu

Bukulu : la cience des origines

Ditsunda , la palbre

Kumbu; Le surnom devise

Le Bu-zondzi : l'acte de juger avec justice

Le Kumbu : l'art de dire son nom, les surnoms, l'art de dire son nom, il constitue en soi un texte, un thème qu'il faut méditer ou commenter et il exprime toujours une pensée importante voire une philosophie, une vision du monde.

 Di/ma-ngungu : un dialogue sur des faits anciens. D'ailleurs, il y a un proverbe qui dit "Nguebi ma lubuga mu dusavu, ivunde mu ndugungu".

Ngongo : La science des pleurs. 

Nganga Pharmacologie : discipline scientifique qui s'intéresse aux propriétés chimiques des médicaments et à leur classification. 

Dibadi : la science de la guerre chez les Punu 

Connaissance de soi U jabibatsi, ujabi diau ; l'activité de penser par soi-même

Ecologie : discipline qui protège la nature Sciences politiques :

Économie :  ikonomi ou Bukange caractérisent des relations de type marchand, chez les Punu basées sur la confiance et garantissant le bon déroulement des échanges. 

Dusavu : le conte.

Kugu : énigmes, énigmes

Nongu : le proverbe.

Les différentes catégories sont

Bibliographie

Mumbwanga, ou, L'épopée des Bapunu Author:Jérôme Kwenzi-Mikala

Julien Bonhomme. L’anthropologie religieuse du Gabon. Une bibliographie commentée. Cahiers gabonais d’anthropologie, 2006, n°17 (Anthropologie religieuse), p.2019-2036. 

Carine Plancke, « Rites, chants et danses de jumeauxchez les Punu du Congo-Brazzaville », Journal des africanistes, 79-1 | 2009, 177-208

 Mugulu: Aspects psychopathologiques, thèse de doctorat, Université Paris13. Paris.1984

Kwenzi Mikala, Tangu Jérome L'expression du temps chez les Bapunu du sud-Gabon

Mickala-Manfoumbi, Roger 2001 Le morphème -ánù en punu (B43) 11

 Manfoumbi, Roger Mickala 2001 Le morphème -ánù en punu  11 

  Blanchon, Jean Alain 1998 Les formes nominales de citation à préfixe en pounou (Bantou B43) 10 

Manfoumbi, Monique Koumba Les punu du Gabon des origines jusqu'en 1899 

 Mabik-ma-Kombil Parlons Yipunu 

Mabik-ma-Kombil  le Ngongo des intiees

Jean Bedel Mickala

Contes et débat traditionnel chez les Punu Nza-Mateki. 

PARLONS YIPUNU: Langue et culture des punu du GABON- Roger Mabik-ma-Kombil · 2001 
 Colonial Rule and Crisis in Equatorial Africa: Southern ..
 Les Punu du Gabon, des origines à 1899: essai d'étude historiquebooks. Monique Koumba Manfoumbi · 1987 
 Les Bapunu du Gabon, communauté culturelle d'Afrique Hugues Mouckaga · 2010
Organisation sociale et conception du monde chez les Punu du  Émile Ibamba · 
 Visions d'Afrique: ·Louis Perrois, ‎Charlotte Grand-Dufay · 2008
Proverbes et dictons des Punu du Gabon Nza-Mateki · 2008 ·
 CONTES PUNU DU GABON: ETUDE LINGUISTIQUE ET SEMIOLOGIQUE JEROME.. KOUENZI MIKALA · 1980 ·
Etude d'un conte des "deux filles" dans la société punu, Jeanne Sophie Germaine Saulnerond · 1985
Chants du coeur - Destinée Doukaga · 2016
 Les expressions figurées en langue yipunu: Repères Louis Gautier Mamboundou, Florent Mbumba Bwasa · 2023
 De l'inscription de la palabre traditionnelle dans 
 Ginette Flore Matsanga Mackossot Sagesse de mon terroir: Poèmes suivis de proverbes  Henri-Georges Boundzanga Boundzanga · 2015

Dec 27, 2022

Oralité et Création : Le Dynamisme De La Palabre Traditionnelle Chez Les Punu du Gabon

Par : Ginette Flore Mackossot

Introduction

L’Afrique en général, le Gabon en particulier, connait des bouleversements socioculturels rapides dont les manifestations apparaissent au niveau des pratiques culturelles, religieuses ou dans la façon de concevoir le monde. En Afrique, la littérature orale même dans son pendant moderne est d’abord et avant tout partage, car toute la communauté participe aux différentes manifestations culturelles. C’est la culture dansson entièreté, les us et coutumes, toutes les pratiques traditionnelles étant en effet le socle qui fonde la littérature populaire.

Or, dans un contexte historique marqué par de profondes ruptures et mutations, les gabonais se retrouvent aujourd’hui écartelés entre deux mondes et produisent par conséquent des discours, des textes qui sont à cheval entre tradition et modernité. L’oralité connait donc maintenant quelques changements liés à la fois à l’évolution temps et aux nouvelles pratiques en vigueur.En prenant comme référence l’époque dite purement traditionnelle, notre réflexion s’attachera à identifier et à analyser les nouvelles formes de l’oralité à travers des pratiques urbaines et contemporaines. Nous partirons du postulat selon lequel, en milieu urbain, des nouvelles tendances sont observables dans les pratiques traditionnelles. Cette étude portera sur la palabre en tant que composante importante de la littérature orale et en tant que pratique sociale qui s’inscrit dans une situation de  communication qui impose un enjeu, des contraintes aux différents acteurs sociaux qui échangent des paroles dans un cadre bien précis. Ce cadre est celui de la communication garantissant la cohésion et l’harmonie du groupe dans un contexte de mort ou de mariage à la coutume.Il s’agit donc de voir comment les acteurs de la palabre, les lieux,les discours, les symboles et les pratiques elles-mêmes ont évolué. En d’autres termes,nous voulons cerner les lieux de production des discours oraux actuels en interrogeant les dynamiques sociales et culturelles qui maintenant les portent. Le choix de la palabre nous permet situer, d’indiquer sa place dans la vie moderne. Ainsi, les extraits de textes que nous allons analyser seront vus sous l’angle de leur actualisation renouvelée par des acteurs qui s’expriment soit parce qu’ils ont le droit de dire » qui leur est conféré par la société, soit parce qu’ils sont inspirés ou influencés par les réalités actuelles. Cette réflexion sera abordée dans un contexte sociologique de l’ethnie punu du Gabon.Le développement des villes, la mobilité ainsi que le croisement des populations ayant entrainé un nouveau mode de vie, il s’agira de savoir et d’interroger les changements qu’on note aujourd’hui dans les rites funéraires, au mariage coutumier quant aux usages anciens.Notre analyse s’appuiera sur un ensemble de faits sociaux et quelques extraits de textes collectés lors d’un travail d’enquête menée lors de nos différentes recherches en pays punu. Cette démarche a pour avantage de prendre en compte tout le contexte de production des discours pour en saisir correctement la portée. Pour cette étude, nous retenons deux articulations principales, à savoir : La palabre traditionnelle punu : de la tradition à la modernité ; De la performance dans la palabre traditionnelle punu.


1. La palabre traditionnelle punu : de la tradition à la modernité

La palabre traditionnelle est une pratique qui consiste à réunir les membres d’une communauté dans le but d’échanger, et donc de communiquer, suivant des procédures éthiquement bien définies aux fins de rétablir un ordre momentanément perturbé. Elleest une manifestation culturelle qui fait appel à l’usage de la parole en tant qu’objet esthétique. Elle est aussi une mise en scène codifiée qui obéit à un mode dereprésentation dont la compréhension n’est possible qu’à travers le système social qui la produit ; elle est «la réduction d’un conflit par le langage, la violence prise humainement dans la discussion du verbe, un dialogue s’achevant par la communion» (B. Atangana, 1964, p. 461).La palabre se caractérise par la production d’un discours global qui s’organisetravers trois grandes phases. Il y a d’abord la phase introductive qui se traduit par undiscours bref et concis, une formule rituelle énoncée par un acteur dont le statut estdéterminé par la coutume ou dont la légitimité relève de l’identité sociale. Au cours de cette étape les phrases ci-après sont prononcées :« Bigulu mambwé matudjilimba(que ceux qui écoutent les problèmes prêtent attention) na kodu na kodu bunzombwé(silence de tous les côtés » l’assistance répond en chœur« limba/ yékè ». Celles-ci signifient « à votre attention s’il vous plaît » et ont pour rôle de solliciter et capter l’attention de l’auditoire qui répond «oui/silence ». Dans une sorte de simulacre, dans le cas du mariage, les parents de la jeune fille feignent d’ignorer ceux du prétendant. Dans ledeuxième cas, c’est-à-dire celui de la palabre autour des rites funéraires, ce sont les parents maternels qui font semblant d’ignorer le but de la rencontre. Des questions telles que« fikefikenane vo dimbu diami nane diambu yi »« puel batu nanyangu vave diambu yi?» sont posées.Ces paroles qui traduisent l’étonnement et qui signifient« pourquoi il y a autant de monde aujourd’hui ici» marquent le début de la palabre. Bien plus, elles invitent l’échange, la communication quant à la présence inhabituelle de tant des présences.Ensuite, qu’il s’agisse de la palabre de mort ou de mariage, il y a le débat qui se caractérise d’une part, par unréquisitoire accablant et un plaidoyer solide d’autre part.

Le principe dans cette phase consiste pour les uns à attaquer, et pour les autres à contre- attaquer. La discussion très vive, repose surpposition Plaignant / accusé, toi/moi, vous / nous et s’articule autour d’un rapport de force qui amène chaque partie à défendre sa position grâce à un argumentaire cohérent nourri de proverbes, de jeux de mots, des techniques oratoires qui font la richesse du verbe chez les punu.Dans le cadre d’une palabre de mort, l’oncle maternel (ou son représentant) du disparu affronte verbalement le père du défunt à qui il demande d’élucider les causesde la mort de leur fils. Lorsque la personne disparue est une femme mariée, c’est-à-dire celle dont les parents ont reçu matériellement la dot, la responsabilité de donner les causes de la mort incombe au mari de cette dernière.Egalement, à l’inverse la femme mariée sera tenue de donner les raisons du décès de son époux. S’agissant du mariage traditionnel, un porte-parole du prétendant (son père, le neveu du père ou un représentant) se retrouve face à celui de la future épouse (voir le cas du prétendant).L’objectif visé au cours de cette étape estla recherche objective d’une résolution du problème posé. Enfin, le dénouement est la dernière phase, celle des décisions finales. Le débat est alors une quête vers un dénouement favorable pour tous, un compromis ou un consensus après une grande négociation qui, elle, procède du respect du « code des usages ».En réalité, la production littéraire orale punu s’inscrit avant tout dans la tradition dans ce cadre, la place des acteurs, les actions, les lieux sont connus et assumés. Il existe des critères de sélection (âge, sexe, statut social) qui fixent le rôle de chaque membre dans l’organisation de la palabre. La catégorie sociale qui a le pouvoir et la direction de celle-ci est constituée du père, de l’oncle maternel, du médiateur (en cas de blocage). Le public est un acteur incontournable de la palabre car il est formé d’une communautédes corps qui constituent l’auditoire. Toutefois, il joue à la fois le rôle de récepteur et d’émetteur, dans la mesure où il est souvent interpellé par les acteurs principauxqu’il peut approuver, désapprouver et même censurer quand c’est nécessaire. Comme l’affirme P.Ngandu Nkashama (1993, p.247), le public est donc un «auditoire susceptible de rentabiliser la parole, le discours de la palabre, la conscience sociale immédiate». En effet, tout propos n’est valable que lorsqu’il a reçu la caution du groupe.

2. Les pratiques traditionnelles et les changements sociaux

L’homme punu se conçoit en même temps comme entité autonome et comme collectivité vivante, c’est-à-dire qu’il a un esprit communautaire. Sa vie sociale, les pratiques quotidiennes qui la sous-tendent, procèdent donc du respect et de la soumission totale aux pratiques socioculturelles en vigueur. Il est un élément d’untout intimement lié et relié par des considérations endogènes de type magique, spirituel :En Afrique noire, l’art n’est pas une activité séparée, en soi pour soi. Elle est uneactivité sociale, une technique de vie et, pour tout dire, un artisanat. Mais il est question d’une activité majeure qui accomplit toute autre, comme la prière au Moyen-Age chrétien (...), il s’agit d’intégrer toutes les activités humaines jusqu’au moindre acte quotidien dans le jeu harmonieux en subordonnant les forces inférieures-minérales, végétales, animales, au jeu de l’existant humain etles forces de la société humaine au jeu de l’être divin par la médiation des états ancestraux (L.-S. Senghor1967, p. 37).Afin de perpétuer son identité, défendre son passé et revivre avec ce passé,l’hommepunu se réfère à l’univers ancestral pré-structuré, aux coutumes qui confèrent au groupe son identité et qui rappellent à la mémoire collective les comportements à observer devant tel ou tel événement de la vie sociale. Les coutumes sont « les traditionsqui englobent l’ensemble des valeurs, des symboles, des idées et descontraintes qui déterminent l’adhésion à un ordre social et culturel justifié par la référence au passé » (G. Balandier, 1963). Les traditions sont la pratique sociale par laquelle sont régulées les conduites ; elles suscitent la conformité. Elles fixent les règles et déterminent les systèmes de relations au sein de la communauté. Au contact d’autres cultures, certaines pratiques subissent malheureusement des changements qui induisent de nouvelles manières de faire, une nouvelle vision du monde. Nous pouvons ainsi nous demander comment se déroulaient le mariage coutumier dans l’optique de la palabre traditionnelle? Qu’en est-il, aujourd’hui, de ce mariage et des rituels qui lui sont liés corrélativement à la palabre traditionnelle?

Apr 17, 2020

Le Gabon, les pleureuses et les chiens rouges de Maya Mihindou

Maya Mihindou

Évaluation des pertes (1)

1Une semaine pour un enterrement – nuits comprises. Cela avait signé d’un accord ferme et définitif l’entrée dans la cour des grands, au rythme incessant des veuves en pleurs. Jamais vu autant de veuves qu’en 2012, vieilles empilées, parterre de femmes fripées assises sur des nattes dans la maison du quartier Batterie 4, masse sonore de pleureuses, prenant en otage nos battements de cœur – sans percussions. Des veuves jeunes et vieilles, venues entourer, protéger, surveiller les deux femmes du Grand-père, celles qui durent vivre les cinquante dernières années à se livrer bataille, entourées des gardiennes sévères de tous les protocoles.

Jun 19, 2019

 Dénominations,  importance  et  hiérarchisation  de  la  parole chez les Punu


 La parole occupe une place primordiale dans la société et peut être considérée comme inhérente à celle-ci, elle est bien au-dessus d’un simple ‘’acte naturel’’ tel que le fait de marcher.

      C’est une fonction non instinctive, acquise, une fonction de culture. Si l’individu parle, communique son expérience, ses idées, ses émotions, il doit cette faculté au fait qu’il est né dans une société.  

En premier lieu c’est le vocable «mbémbù» qui est utilisé. Cette expression renvoie à la fois à la notion de « langue » dans le sens d' « ensemble de signes spécifiques aux membres d’une communauté servant de moyen de communication »On ne peut donc pas dissocier ces deux réalités que sont parole et société 

-Le fait de parler chez les Punu se dit « Uvòs ». Dans cette communauté, la parole revêt plusieurs formes d’expression. Plusieurs termes désignent la parole et en même temps de« voix » considérée comme « l’ensemble des ondes sonores produites dans le larynx par la vibration des cordes vocales sous la pression de l’air sub-glottique. Ce terme renvoie aussi à la notion de parole entendue comme « la faculté de s’exprimer dans un langage articulé et une chose dite par quelqu’un à laquelle on accorde une valeur ».

 -Le terme « mbémbù» que le révérend Père Joseph Bonneau« munu » : au sens premier, il désigne la bouche (organe). Il peut être aussi employé pour désigner les paroles qui sortent de la bouche des locuteurs. Ainsi, il est synonyme de la ‘’version’’ utilise pour désigner la parole dans son lexique Punu- Français, puis Français-Punu. En dehors de la notion générique de «mbembu », il en existe d’autres qui lui sont proches et qui prennent le sens de « parole » selon le contexte d’utilisation.

- Ce sont entre autres les expressions suivantes :

 * « igumà » : ce terme renvoie à une parole profonde, celle qui touche. On a ici l’idée d’un argument incontestable et qui fait autorité. Lorsqu’un ancien prend la parole au cours d’une cérémonie, si celle- ci vient trancher des avis controversés ou apaiser des tensions, on dira par exemple « ah ça c’est la parole : a ́ yineIguma».,

d’un récit. Cela montre l’association entre la parole et la personne humaine, la parole étant considérée comme une production mettant en scène plusieurs organes du corps humain. C’est à ce titre que les Punu considèrent que la meilleure parole « mûlə̀ » ou la bénédiction doit venir du cœur « mùrím ».

* « dilongu » : on utilise constamment ce vocable pour désigner le dialecte régionalparlé par les individus, nous l’assimilons au terme parole par rapprochement à «mbembu » qui renvoie à la langue. J. Dubois et alli (1994 :143) définissent que : Par opposition à la langue, le dialecte est un système de signes et de règles combinatoires de même origine qu’un autre système considéré comme la langue, mais n’ayant pas acquis le statut culturel et social de cette langue indépendamment de laquelle il s’est développé,

C’est donc tout naturellement que les locuteurs du yipunu emploient ce terme pour évoquer la notion de parole. Une parole qui a valeur d’avis, d’indications données à quelqu’un pour le guider. En somme, c’est une recommandation, un conseil.   

langue et l’adjectif «lɛng» qui signifie léger. Quant à «yipunu i batme » cette expression signifie littéralement ‘’langue serrée ‘’ Les « paroles légères » désignent toutes les paroles ordinaires et sont comprises par tout le monde. Quant aux « paroles serrées », elles renvoient à tout discours échappant à l’homme ordinaire ou non initié. Les ‘’paroles légères’’ relèvent de l’usage quotidien. Nul besoin de voiler ou de codifier, le langage est accessible à tous. 

Les ‘’paroles serrées’’, par contre, font appel à une rhétorique, un niveau de langue parfois archaïque que seuls les initiés ou les cercles restreints peuvent comprendre.En fait, indépendamment de cette distinction et à l’observation, les « paroles légères » peuvent servir les « paroles serrées ». La devise par exemple, est portée par une « parole légère» dont tout le sens est à rechercher dans la « parole serrée », c’est le cas aussi pour le conte. Ce sont ces paroles serrées que l’on retrouve dans les énoncés tels que les proverbes qui sont des énoncés fortement poétisés et imagés, d’un niveau d’élaboration et de raffinement élevé. Ces « paroles serées » sont l’apanage des «nzontsi » et des «ivovis », des maîtres de la parole chez les Punu. Ces derniers manient la parole avec dextérité et détiennent la magie du verbe comme les griots d’Afrique de l’ouest. En effet, « Ils ne délivrent leurs messages qu’à travers un discours porté par des termes d’un niveau très élevé d’élaboration et de raffinement ».  

 Les «nzontsis »et «ivovis »ont un statut particulier dans la communauté. Ils bénéficient du respect et de l’admiration des autres membres de la communauté. Leur mission, est de veiller à transmission du patrimoine culturel et de maintenir l’harmonie et la cohésion du groupe. Ils jouent le rôle de juge coutumier et interviennent dans le règlement des conflits qui naissent dans la société.   

Source: Amevi Christine Cerena Tomba Diogo

Nov 8, 2017

MUISI FUMU TSI MBATSI

Mognu mu butambe u kal be dibal, reke na batu botsu uke tsinge na mognu, né wa tsing na mognu u viosse mua mognu boti. Bawulu ba kal vaghe buendiri, minu ma dibal mé bi nane minu ma maghène tumbe tu rékianu mba urèk é bughi, urèk é véghi di djadji o ghari murime, urèk é véghi mutu dighobe, urèk é lubusi mutu.
HULUANU ILOMBI Y MUISI FUMU TSI MBATSI
Ndombi va dimbu di Fumu Tsi Mbatsi dibal di sa ma rèkange na batu mba pa é vioghi ike u ngotughe. Massambèke mandi ike ndéri o purmughe nane mbire. Ndombi ake tsingul batu botsu ba dimbu iri ngane yitu na mutu, kabohu kumbuami (ngane yitu na mutu). Pa é vioghi batu djohuri, (ngane yitu na mutu) ! Ndombi ake ba wahulange iri (mognuami ughé du ghéngili du ya ndubuse).Ndombi a ma bangange murèle mba pa é wéndi mu bu rèle, a ma vaghange bilumbu bi rieru ma mosi tsone na pundu. O nzime mughatsi ake be na dironde di ma mu palisange va tangi Ndombi pa adjo mu burèle. Batu botsu ba dimbu ba ma djabange ilombi ine, tumbe anio tsingul Ndombi na di linze diandi mba aghane yitu na mutu. Pa é vioghi yinzi vane a kapile diandi la diandi urèke na batu viaghe.
Mwa ilumbu ano rughe mu burèl na bibulu biandi a ma buka, batu botsu ike (ngane yitu na mutu) Ndombi djandiri (mognuami ughé du ghéngili du ya ndubuse), é vossi nane aghé djabi iri mughatsi adjo ndahu na dironde ma wèl bé vaghi. É toli o ndahu a rasunu mughatsi na mufudu va tangi ma wèl bé vaghi. Ndombi ake tirmughe mbangu o mbu batu iri : Ike na nyangu nzi nzabe iri dughé tondi va dimbu, du djabi iri mughatsiami ane dironde di mu palisi pa ni djo burèl tumbe dughé tsinguli mu mbayi ? Batu djohuri djètu tu ghane diambu nahu tumbe ndé bè urange mutsanu, ndé ughé réki na batu, u ghane dighobe na mutu mba kumbuahu (ngane yitu na mutu), mognuahu ughé tu ghéngili tu ya ulubuse tsi a nane u valingi bilumbu biotsu pa u vioghi? Ndombi na isoni asa ma mwè dile diu vosse ake yé toghe mutsingu na dironde di mughatsi.
Hugues Mariatchi Nziengui

Mar 10, 2009

Poèmes en Yipunu


 Poésie: Tadji na mwan’ andi

Tadji na mwan’ andi
Bake vanguene mulingu
Ô bulongo bu tandu,
Ô mu ba ya pili na ba ya mbome.
Mune kedi, mwane na komi va wusu,
Tadji na dikongu va nzime.
Ike kumu be rali,
Be we, be vosi,
Be we, be vosi.
Mwendu u nobe va ghari,
Be toli va dira di mwiri,
Tadji no sume dikongu vane pedu mwiri,
Iku va mwane I mate!
Tole ne mune mata’ma mwiri,
We ghenguile na ko’na kodu,
Tuke djab’ a be tu duki, na be run’ a wusu,
Mwane no mate, duvungh’a o tsinga o mudji,
A ma tole o mata’ma mwiri.
Vike va dira di mu muvengui,
Tsike tadji a niangule mumbe ma mirondu na dituke,
Ike mo mia, mia mimi.
Hedji, hebia ma ghebu ô mu mwane,
Itsotsoki I ma muranghe,
Mwane no bwa misu ô tsi,
Kengusu tsiowu tsike bengunu,
Tadji nofu na isogni, ike tsune mwane:
“tsie wunu ?
Mwane I â tate !
Mbek’ aghu tu ruli naghu tu wendi u gha diambu,
Bulongu bu polu,
Tu tate ! diambu di na bivile,
A vane dira di mwiri.
Mwane no kalile tadji nana, tsike mwuiri na mundugue,
Ô tandu durembu,
Bake mu loghe. Ake mane mognu idjolu.

Moralité: les génies et les ancêtres ne tolérant point qu’on ridiculise un aîné.

Texte tiré des traditions orales punu, traduit par Maurice Mouckagni Mouckagni,
Inspecteur pédagogique Histoire-géographie.
(Un père et son fils entreprennent un voyage, arrivés au pied d’un arbre, le père sort un de ces stratagèmes pour tromper la vigilance de son fils, alors l’heure du repas approchait. Mal lui en a pris).
poèmes


Ukebene ô ghusu


Vake be muse,
Muse ghune, mfulu djike dughunu na bulongu buotsu,
Tadji mutu no tsore, ike va muane tsisighe djine;
 I mwane ! Ni tsirulu, bo dibaghe didi na du ghambe,
U ke tebile dingibe kedi.
Mwane ô mirime I kokoku, kaboti di nuinu!
Ilumbu I teghe,
Mwane I ta!
Tate baniosi batsi kote ô tsuve,
Tadji i ô.
Ilatsi mbo, ne teti.
Ilumbu i mubedji,
Mwane i ye ta!
Tate, tsuvaghu djine puele fuingu,
Dingibe dio ditsi bungene.
Tadji, kabu ô murime de ; misu na mwane pi.
A yi murieru, tadji i vane vane?
Mwane I, â tate, ne teti!
Tadji I ô dibotio, tu bue la mugheso.
Wisi no tsiengile, kedi no tebughe ;
Mwane no menighile;
Tadji vane djime via na dikongu di tulu na mudji.
Mwane tsiku mate mbari, u namune tsuve, u dji twighe,
Ake nu, ake dute ne mune ighaghari dji tsuve.
Tadji vane dira di mbari swi, pikile ike bibuku.
Ike ughegheme !
Dikongu di maleghu,
Mwane e bwa misu, i ta tandi !
A mune mbe awendila,
Tu duvangu du nzambi duke mu vengule.
Ike wu bwa misu ô djulu, no ngegheme, no lembighe tadji i ;
 tata!  tata!
Mbari, mbari tate,
Dingibe, dingibe di tate,
Mwane, mwane tate,
Dikongu, dikongu di tate,
Mba kabu, kabu tate!
Tate sunze dikongu,
Va kabe a pali ô mirime tate,
Mwane tate ake bele tate dingibe di tate.
Bulongu swi,
O ghari di djombi ba ghulu,
Mwiri na Mundunge be bwa ba konu,
Tadje ake tughughe,
 Ake bo tsuve, ake nu teti, ti vane dulimi,
Ake nengile mwane mu muviose va ghari makule,
Mba kakaka.

Traditions orales punu transcrites par Maurice Mouckagni Mouckagni, inspecteur pédagogique, histoire-géographie.
Moralité : paraphrase « on peut tromper une partie du peuple tout le temps, une partie du temps tout le peuple, difficile sera de tromper tout le peuple tout le temps », on finit par se faire avoir.



Sur le sentier du valeureux guerrier Mavurulu alias Nyonde Makite.


Djana !
Wane mwane dibale wodji be djulu.
Botié dibondu di Nyonde Makite!
Nzile pangu djike didi.
Siale vave, tsi mwane mugheghi,
Ka mbe Ibanghe, ndendi, miambe,
Yatsi I wele be longi,
Dubanze noghu tsui!
Duvele du wakusu mangondu,
Tsiési i mukatami !
Didungu ranghe matsande.
Isambe ike bué ô mindande,
Mba dubanga ghe gharu u tsighu,
La muru mbale u ma mué bende!
Misase mi tabulu,mbangu dji wari !
Iduke yalu i mipale,
Koku ô kane na miamu,
A fu ne reke.
Tu nzile mbine dji!
Ka mbé mondi,
Makulu mane
Nzile mosi.
Mwe mondi na diele.
Ne mbuenu tsiéni na ghia na ghiari,
Munguli nzime vane usinghe sine.
Du ki tsuni Nyonde Makite,
Nyonde ô va i nghenze.
Dibaku di munu itimbe i mavioghe ;
Mavioghe kumbu disiale ;
Disiale mutu mutsanu pinze ;
Maghe ma ranu ma kambise ba bale pandi.
Duvangu, vengu na vane duvangu !
Mutu kumu é pali ;
Mue ro idjalele !
Duvangu, vane duvangu.
Musase u tabulu, mughele ghu pacu ;
Mukudji a tungu, mbangu dji wari !
Nyonde Makite ô dume tulu ;
Yembi, Bulingi na Mihindu bo si ndungu ;
Ba tsiéngi bobe muranghe.
Sila miamu na mangungu,
Dite di nganghe diya kamughe ;
Kumba diumbe di mirondu,
Kumba nunghi putu,
Nzile u duke, nzile Nyonde Makite.


Maurice Mouckagni Mouckagni (Union est un des mots clé de la devise de la République gabonaise, on peut étudier son applicabilité chez les bajag à partir de l’œuvre d’un homme fédérateur comme Nyonde Makite )


Yinzinzi yau mudu muenu
La diumbu di duami du a du viulile
Toumbe lenge tsidughe yi tsidui
La nzitu ni u rudia'mi