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May 14, 2010

Le décès d'un époux chez les punu (gabon)

Un homme marié décède à son domicile.

1. Son père ou quelqu'un de son clan remet deux symboles à son clan maternel. Il s'agit de:
  • Ilumbi i ubel ( l'annonce de la maladie)
  • Ilumbu i ufu (l'annonce du décès).

2. Son père ou quelqu'un de son clan , remet deux autres symboles à son clan maternel, il s'agit de:
  • Dubongu (symbole du deuil)
  • Bikange ( symbole de la pelle pour creuser la tombe).
3. Les membres du clan maternel se concertent pour fixer le montant de ce que représentera le Ikumbu.

4. Après discussion et entente sur un dernier montant , le clan paternel paie Ikumbu à la famille maternelle du défunt.

5. Le père du défunt ou quelqu'un de son clan , déclare publiquement le deuil en annonçant à haute voix le terme Ibinde.

6. L'épouse du défunt et les enfants du défunt versent un autre tribut à la famille maternelle du défunt. Il s'agit de :

- Difumbe ou Irimbe pour la veuve
- Ivende Giambe pour les enfants.

Avant de payer Difunde, ou Irimbe la veuve reçoit préalablement un peu d'argent de la famille maternelle de son défunt mari. Par abus de langage , Irimbe désigne à la fois ce que le clan du défunt donne à la veuve et ce que la veuve verse au clan maternel du défunt. Mais la logique veut que la famille maternelle ou clan maternelle du défunt donne Ilumbi à la veuve tandis que cette dernière donne Irimbe au clan maternel de son défunt mari.

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Apr 26, 2010

Le mariage coutumier

La conclusion d'un mariage traditionnel se déroule obligatoirement au domicile du père de la fiancée. C'est au père que s'adresse le prétendant qui demande la main de sa fille. Le père est souvent entouré , dans ce cas , des membres de la famille ou de son clan. Les oncles maternelles de la fille peuvent assister, mais ils n'ont pas voix de chapitre. Ils 's assurent cependant que le prétendant n'appartient pas au même clan qu'eux. Le père vérifie aussi le clan paternelle du prétendant qui ne doit pas être identique au sien. Les oncles attendent tout simplement que le père de la fille leur donne une part de la dot quand il a fini de marier sa fille. Les vérifications préalables sont d'une importance capitale car le mariage est impossible en cas de similitudes.

Si le prétendant est du même clan maternel que le père de la fiancée, elle devient sa fille.

Si le prétendant est du même clan maternel que les oncles maternelles de la fille, cette dernière devient sa sœur.

Si le prétendant et la fiancée ont le même clan paternel, ils sont frères et sœur.

Le clan maternel se nomme IFUMBE tandis que le clan paternel se nomme ITADJI.

La procédure adoptée prend généralement le schéma suivant:

Tout se passe au domicile du père de la fiancée c'est à lui qu'on adresse . Il est entouré de son clan maternel. Le fiancé est assisté de oncle maternel et de quelques autres membres de son clan . Le mariage est ici la rencontre de deux clans qui obéissent tous aux principes du matriarcat.

L'oncle maternel du financé est le porte parole autorisé de son neveu. Il peut arriver qu'on choisisse quelqu'un d'autre en l'absence de l'oncle. Le père de la fiancée utilise souvent un porte parole qui peut être membre de sa famille ou quelqu'un d'autre.

Tout le monde étant aussi, porte parole du père se lève, lance un salut général à toute l'assemblée. Il décline son identité complète et demande ensuite au camp du fiancé les raisons de sa venue dans ce lieu. Précisons que décliner l'identité complète consiste à dire à haute voix les éléments suivant: Son nom, le nom de son père, le nom de sa mère, le clan du père se père, le clan du père se mère, le nom de son village.

Le porte parole du fiancé se lève à son tour et décline son identité complète. Il dit à l'assistance qu'il était en forêt pour chasser et qu'il a poursuivi un animal qui est rentré dans cette concession. Il reprend sa place.

le porte parole du père de la fiancée se lève à nouveau pour demander au porte parole du fiancé de designer du doit l'animal qu'il a suivi.

Le porte parole du fiancé se lève encore et cherche du regard la financée qui désigne du doigt si elle est là. En cas d'absence , il se contente de citer son nom, le nom de son père et le nom de sa mère. Il arrive que la fiancée soit volontairement cachée par ses parents afin de la faire chercher pendant un instant par le camp du fiancé, mais ce n'est qu'un jeu,..

Après cela la fiancée est sortie de sa cachette pour venir s'assoir sur un banc placé à côté de son père ou de sa tante paternelle.

Le porte parole du fiancé se lève et dit qu'il souhaite acquérir l'animal qu'il a suivi. Il tend un billet de cinq mille franc à la fiancée. Cette dernière prend et le remet à son père. Ce geste signifie qu'elle accepte la demande de sa main. il est évident que des démarches précédentes permettent d'arriver à ces conclusions faciles.

Le père remet un autre billet de cinq mille francs a sa fille pour aller le tendre au porte parole du fiancé. ce dernier le prend pour le remettre au fiance qui le transmet a son tour a son oncle maternel. Après ce geste, l'assistance applaudit. La première étape est donc franchie.

Le porte parole du père de la fiancée se lève pour demander a l'autre porte arole"d'entrer dans la maison et d'en sortir. cette expression signifie montrer de quoi il est capable , autrement dit présenter la dot.

Le porte parole du fiance se lève et demande a ses membres de déposer tous les éléments de la dot au centre de toute l'assistance. Il se met a détailler élément par élément en présentant successivement:

  • Un service de table comportant , deux cuillères, deux fourchettes, deux couteaux, deux verres;
  • Deux sacs de sel marin
  • Deux têtes de tabacs en feuilles
  • Deux moustiquaires
  • Deux Machettes
  • deux haches
  • Deux cuvettes de ménages
  • Deux seaux
  • Deux marmites en fontes
  • Douze liqueurs dont six modèles différents
  • Quatre casiers de litres de vin rouge
  • Quatre casiers de bière
  • Quatre casiers de jus de fruit
  • Douze pagnes imprimes de six yard chacun
  • un costume et un chapeau
  • Une paire de chaussures
  • Un mouton ou son équivalent en argent
  • Une somme de trois cent mille francs en espèces

Il est à noter que cet exemple de dot correspond à la période actuelle faisant usage de la monnaie et de produits manufacturés. La dot dans les temps anciens étaient composée en grande partie de moutons, de poulets , nattes, de paniers, de haches ou de couteaux forges localement, de marteaux et d'enclumes, de raphia, vin de miel , de marmites en terre cuites, de calebasses etc...la plus part des éléments e la dot sont donnes en quantités divisibles par deux enfin de faciliter entre le clan paternel et maternel de la fiancée.

le costume , le chapeau et la paire de chaussure sont réservés de droit au père de la fiancée.

Chaque élément de la dot a une signification particulière qui marque le respect de la famille du fiancé pour celle de la fiancée.

La dot étant complètement présentée, si aucun complément n'est exige, le frère cadet du père ou bien son neveu prend la fiancée par la main et va la remettre symboliquement à l'oncle du fiance. Elle prend place au siège pose à côté de lui.

La famille du fiancée est ensuite invitée à un grand repas prévu pour la circonstance.

Apres le repas , la famille du fiancée retourne chez elle sans la mariée qui sera accompagnée une semaine plus tard par sa famille . cette dernière apporte surtout des provisions alimentaires a la belle famille de leur fille. En ville, il s'est installé l'habitude de fournir du linge de maison et des ustensiles de ménages au nouveau couple.

Quand la mariée est accompagnée au domicile de son époux , une petite cérémonie rituelle de bénédiction du couple y est organisée par les tantes de la mariée, pour terminer , des conseils sont prodigués aux couples par les deux familles.

Dans cette conclusion du mariage on peut remarquer la place centrale du père du côté de la fiancée et celle de l'oncle maternelle du côté du fiancé. Ceci montre que c'est tout le clan du fiancé qui vient épouser la femme car l'oncle maternelle symbolise le chef de clan.

Le père de la fiancée qui est en est le géniteur , je dirais même "propriétaire" se trouve aux premières loges sans que le frère de son épouse vienne lui réclamer une parcelle de ce privilège.

L'oncle maternel de la mariée reprend sa place de responsable de clan après la cérémonie de mariage , c'est à dire au moment du partage de la dot entre clans paternel et maternel de la mariée. Cependant , l'oncle ou son représentant est tenu d'être présent à la cérémonie du mariage car il prendra la place du père en cas de divorce.

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Source : Nza Mateki, Nzamba Martin, contes et débat traditionnel chez les punu.

Feb 9, 2009

Le débat traditionnel en cas de deuil première partie.

Remarques préliminaires.
  • Dans la tradition punu, toute personne demeure l'enfant de son père ou de son clan paternel depuis la naissance jusqu'à sa mort. L'âge n'a aucune influence sur cette indépendance morale de la personne vis a vis de son père.

  • Le domicile de l'homme adulte , marié ou célibataire comme celui de la femme adulte non mariée, est considérée comme étant celui de son père. C'est pourquoi le père ou quelqu'un de son clan, y prend le premier la parole en cas de deuil.

  • C'est le père qui est seule habileté de prendre la décision d'inhumer son enfant. C'est au père que la coutume a réservé ce droit moral d'enterrer toute personne issue de son clan.C'est lui dans un certain sens qui donne le passeport pour l'au delà. Pour cela , il met un petit symbole dans la main du défunt sous forme de pièce de monnaie ou autre chose. Au cimetière c'est encore le père qui s'adresse le premier au défunt au moment de la mise en terre.
    L'enfant est issue du père et doit être accompagne par le père jusqu'à sa dernière demeure.

Nov 25, 2008

Mariage coutumier punu

"Le mariage coutumier en pays Punu".

Tout d'abord, pour ceux qui ne le savent pas, l'UNION est le quotidien d'informations locale. Il a 33 ans d'existance et pas d'égal ! On y trouve une page Port Gentil et en couverture un article quotidien intitulé : Pour moi quoi ... Makaya, dont je vous ferai partager la finesse ultérieurement.

Mais revenons-en à notre article sur le mariage à la coutume, car c'est très intéressant et pour ne rien perdre du déroulement de cette cérémonie, je vais vous recopier tout l'article :
"Le jour du mariage, fixé d'un commun accord par les familles des futurs conjoints est arrivé. Le jeune homme, le coeur battant la chamade, et les siens (parents paternels et maternels) débarquent au domicile de la famille de la demoiselle chargés de cadeaux de mariage, les biens composant la fameuse dot.
L'endogamie (mariage à l'interieur d'un clan) étant interdite chez les Punu, les deux familles se sont au préalable assuré que la fille et le jeune homme n'appartiennent ni au même clan paternel, ni au même clan maternel. Il n'est toutefois pas exclu qu'on remonte plus loin dans l'arbre généalogique.
Au début de la cérémonie, les parents de la jeune fille feignent d'ignorer ceux du jeune homme. "je vois un groupe de gens ici. Qui sont-ils ? Que veulent-ils ?" interroge à la ronde le porte parole. Il s'agit en général d'un oncle maternel de la future mariée. Mais la famille peut s'attacher les services d'une personne extérieur, pour ses qualités de débatteur, car la cérémonie de mariage est une véritable joute oratoire.
Le porte parole de la famille du garçon, là aussi un oncle maternel en général, répond : "J'ai vu une jolie fille passer. Elle est entrée ici. C'est elle que nous sommes venus chercher."
Auparavant, il doit décliner son arbre généalogique, pour prouver qu'il n'y a aucun lien de parenté entre les futurs mariés. Les interlocuteurs se lèvent pendant la prise de la parole.
L'ai faussement menaçant, le doyen des hôtes réplique : "Faites attention, ici il n'y a que des femmes mariées. Vous venez nous provoquer à domicile !" Si dans le passé, il y a eu des conflits entre les deux familles ou leurs alliés, ils sont remis sur la table. Si c'est le clan du garçon qui les avait provoqués, il est obligé de payer des amendes, sous formes d'objets traditionnels.
Passé cette étape, l'oncle de la fille fait mine de revenir à de meilleurs sentiments et demande : "qui est cette poule que vous cherchez et comment est elle ?" Son homologue dans l'autre famille donne le nom de la jeune fille et la décrit avec force détails, afin de convaincre qu'il sait de qui il parle.
S'ensuit un test. On aligne des jeunes filles voilées, parmi lesquelles ne figure pas parfois la future mariée, et on demande à l'oncle de désigner la "poule" qu'il est venu chercher. S'il se trompe, une amende lui est réclamée et on recommence jusqu'à ce qu'il débusque la fille en question ou jusqu'à ce qu'il soit mis un terme à l'exercice pour éviter la lassitude de l'assistance.
S'il réussit à faire remarquer l'absence de sa future bru, quand elle ne figure pas parmi les filles présentées, on fait partir les filles pour les faire revenir quelques temps après avec dans le groupe "l'objet" convoité. Une fois la fille repérée, l'oncle du garçon la présente à l'assistance en vantant sa beauté, ses mérites de femme digne, etc. Puis vient l'étape du versement de la dot, qui donne lui à d'interminables débats au cours desquels fusent les proverbes et en permanence interrompus par des conclaves (fundu : lire "foundou"). La cérémonie de mariage est aussi l'occasion de faire étalage de son éloquence et de sa parfaite connaissance des coutumes.
Au moment du versement de la dot, le père du jeune homme confie le franc symbolique à son fils, qui va le remettre à sa dulcinée assise en face d'eux, à côté de ses parents. Si elle n'est pas consentante, elle le lui rend. Si elle accepte de l'épouser, elle ira donner le franc symbolique à son père. Dès lors, l'oncle du garçon dépose la dot devant la famille de la fille.
En ce qui concerne l'argent, aucun montant n'est exigé parce que en pays punu, la notion de dot se confond avec l'union des deux familles. Par exemple, l'accueil chaleureux que l'homme réserve aux membres de sa belle famille, le soutien moral matériel ou financier qu'il apporte quan
d ils sont en détresse, tout cela s'inscrit dans la dot. Lors de la contraction du mariage, la dot est divisée en deux parts: une pour la mère de la mariée et l'autre pour son père. Les biens comme le raphia, la hache, la machette, la lime et la lance (de nos jours un fusil) sont incontournables dans le lot destiné au père. Dans celui de la mère, il faut la nasse, le panier, la natte, la la machette, la marmite en terre cuite et la calebasse.
Après la conclusion du mariage, les deux familles font bombance. Puis, le marié et sa famille prennent congé des beaux parents sans emmener la mariée. Autrefois, le marié pouvait se livrer à un rapt, en allant enlever sa femme chez elle. De nos jours, c'est la famille qui accompagne la conjointe chez son mari après lui avoir fait un trousseau composé des symboles d'ardeur au travail (panier, bretelles et machette) et abondance de vivres (nasses, gibier et provisions). La natte symbolise la quiétude du sommeil et le vin de palme la bravoure que doit avoir le gendre. Quand la belle famille rentre, le gendre doit encore couvrir de présents, qui sont une autre forme de dot.

Dans la tradition punu, c'est le père qui devait choisir une femme à son garçon, naturellement au sein d'une famille de bonne réputation, dans le même village ou dans un autre de la même contrée, lors de ses pérégrinations. L'âge du mariage d'une fille n'est pas spécifique, la moyenne étant 15 ans.
Le jeune homme, lui, doit avoir fait la démonstration de sa maturité. C'est pourquoi il est en général de loin plus âgé que sa moitié. Il arrive qu'on choisisse l'enfant à naître, en espérant que ce sera une fille.
A l'origine, le choix de la jeune fille reste secret entre le père et la mère du jeune homme. La mère aura pour mission de fréquenter assidûment désormais celle de la jeune fille. Et au moment propice, elle avouera ses intentions. Si elle ne rencontre aucune opposition, elle informera son mari de l'accord tacite. De son côté, la mère de la jeune fille commencera à préparer psychologiquement la future épouse, sans attirer l'attention du père, qui sera le dernier à être informé.
Commencent les contacts entre le jeune homme et la future belle famille. Il sera appelé à prêter sa force physique à son future beau père pendant les travaux champêtres, la pêche, la chasse ou la réfection des cases. Tout contact est strictement interdit entre le garçon et la fille, car cette dernière doit garder sa virginité jusqu'au mariage. D'ailleurs, les parents s'arrangent pour que les deux enfants ne se croisent jamais. C'est plus tard que la mère de la jeune fille informe son mari des véritables raisons de la présence du garçon chez eux. "Tu vois ce jeune homme poli, travailleur qui nous rend service, il est ici pour demander la main de notre fille", expliquera-t-elle.
Comme toujours, ce sont les deux familles (paternelle et maternelle) du futur marié qui réunissent la dot.