Il existait plusieurs sortes de raphia punu. Le raphia ngombu était utilisé lors des danses, l'habillement des danseurs de masques, les mariages , les occasions funèbres et servait aussi comme valeurs d’échanges.Généralement le nouveau née etait enveloppe dans un tissu de raphia, les jeunnes initiés aussi portaient le raphia.
Selon Phylis Martin ,dans le royaume de Loango, par exemple seulement l’autorité en place et les anciens pouvaient porter des magnifiques costumes de raphia, il était interdit de les porter ou de les vendre a des personnes sans l'autorisation du souverain. Tout ce qui trépassait cette lois était punis. Il produisait un pagne de raphia appelé panos nsambe.
On enterrait autrefois le défunt dans un long drap de raphia et la qualité de ce tissu dépendait de la richesse de la famille et celui du défunt.
Le raphia était très développé autrefois, il y avait des modèles très sophistiqués, avant qu'il ne décline au profit des importations des pagnes européens et d'indes dès le XVIe siècles.
Le tissage du raphia était une activité masculine. Il existe le raphia ordinaire ngombu, le raphia que portait les chefs fumu le tsango ou ntango ( nta: pagnes en bantou, et Ngo abréviation de panthères, raphia panthères), le raphia pour les riches, le ndengui et le massieli. Il y avait aussi le pagne raphia très fins de grande qualité et le pagne raphia en velours mélangé avec les fibres d'ananas..
La confection du raphia que portait les hommes se différenciaient de celui des femmes.
Chez les punu la plus petite unité de raphia est dibongu, c’est l’équivalent du tsulu chez les téké et du lubongo chez les kongo. Le petit carré mesurait approximativement 40 x 40 cm ou de 50 à 60 cm.
LES MOTIFS ET SYMBOLISMES
Les motifs étaient généralement divers, il y avait les motifs qui ressemblent à ceux des scarifications punu, les motifs qu'on trouvent dans les nattes comme tsasse, mussande, bibaga, itsindi, niambe.
Certains pagnes de raphia étaient très rares et porter par les chefs avaient les dessins de certains animaux des contes par exemple .
On
peut ajouter les animeaux totemiques de chaque clan aux pagnes taphia..
Clans
Totems
-badû:mb i
la mangouste
(yitsalâlajbitsalâla)
-bajê:ngi
le perroquet
(kusujbakusu)
-buj a 1a
lapanthère
(mayênajmayêna)
- bumwe 1 i
l'aigle blanchard
(mbriajbambira)
-d i bâmbakad i
la souris
(guyajbaguya)
-d i j aba
la tortue
(yibongajbibonga)
-dikâ:nda
l'éléphant
(nzayujbanzayu)
-minzû:mba
le gorille
(yibûbujbibûbu)
-nd î:ngi
le crocodile
( ng â:ndujba ngâ:nd u)
Il y avait aussi les motifs géométriques tels que le triangle, le losange, les lignes ondulées, double triangles, le cercle. Les motifs et couleurs se différenciaient d'une localité a une autre, de sorte que le raphia de Mouila se differenciat de celui de Moabi ou de Tchibanga par les couleurs et motifs.
Illustration pièce Kuba
LES COULEURS
Les couleurs obtenues sont : deux sortes de
rouge, noir, violet, jaune d'or, que l'on combine à la trame naturelle
de la pétiole du palmier raphia en motifs géométriques.Teinté de quelques franges de fibre rouge, il est réservé aux dignitaires.Le raphia prenait le nom d'un animal en fonction de la couleur de certains franges de fibre.
Pour l'obtention des étoffes multicolores, les
tisserands teintaient les fibres avant de les tisser. la couleur noire
s'obtenait en faisant bouillir dans une grande marmite des espèces d'un
cailloux noir vifs appelés Magogu que l'on ajoutait au fruit, feuilles
et écorce d'un arbuste mumbucini alchorena cordifollia Mull. Arg.)
auxquelles il fallait aussi adjoindre les écorces de noisetiers : mugumunu (
coulus edullis baill) le tout était pilé, mélangé à l'huile de palme et mis à
bouillir dans une marmitte d'eau aux trois quart. Lorsque les fibres ont pris
de la couleur on apportait la marmite et son contenu à la rivière. Là bas on
procédait au lavage des fibres en frottant avec de la terre glaise avant de les
rincer a grandes eaux. Enfin ils étaient mis à sécher au soleil avant de les
tisser.
La couleur rouge pour autant demandait moins d'effort de travail car elle était
entretenue à partir des fruits de l'arbuste dénommé ngunci-bamba (bixa-orellena
L.) des noix de palmes mures crues et parfois un morceau de l'arbre de couleur
rouge sang: isugu. le tout mis dans la marmite et bouillie l’opération de
nettoyage était toujours la même sauf qu'on passait directement au rinçage sans
enduire les fibres de terre glaise au préalable.
les tisserands passaient ensuite au tissage. La pièce d’étoffe tissée: dibongu;
et l’assemblage de plusieurs d'entre elles donnaient ce qu'on appelait ngombu
; ndengi ou encore masieli. Pour arriver à ce stade
l’opération duraient durant plusieurs jours.
ÉTOFFES
Le ndengui est l'étoffe de raphia chez les punu, composé de plusieurs petits rectangles de raphia.
Le ndengui sert à l'habillement, à la décoration, ameublement, couvre-lit etc.
Du Chaillu remarque dans tout le Gabon les pièces de tissu, mbongos, dont sont faits les pagnes, ndenguis.
Illustration pièce Kuba
LE PORT
Le port du tissu se raphia était porté autour de la taille et parfois sur l’épaule comme signe de prestige.
Il y avait deux formes de petits raphia et deux formes de longs raphias..
Illustration pièces Kuba
DESSINS
Yisibu na Tsyiesi, l"antilope