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Feb 28, 2015

LES GENRES LITTÉRAIRES PUNU et la renaissance

M


LES GENRES LITTÉRAIRES PU NU
2.1. Introduction
Peuple sans écriture, les Bapunu ont su, malgré cette carence, conserver une littérature très riche dite orale parce que gardée et transmise par la parole. Félix Chapiseau considère, dans Littératures populaires: moeurs et coutumes de l'Afrique Centrale, que «les peuples noirs n'ont pas de littérature (... )>>. Je ne partage pas ce point de vue car pour moi le terme littérature n'équivaut pas à la littérature écrite mais, comme l'a écrit Meeussen 1, à «l'usage esthétique du langage permettant d'exprimer ensemble liées l'une à l'autre, l'idée intellectuelle et l'émotion - l'idée dans l'émotion ou même l'émotion seule».

Je suis d'avis avec Makouta-Mboukou2 que «toutes les fois que dans un peuple, il y a des âmes qui prêtent leurs voix à l'âme populaire pour l'exprimer ou pour lui faire prendre conscience de son existence, de ses valeurs éternelles, de son passé, ce peuple possède une littérature, même si les moyens d'expression ne sont qu'oraux)). A ce titre, les Bapunu, comme les autres peuples à tradition orale, possèdent une littérature orale. La littérature orale punu comprend les genres: kûmbu, dûmbu, nôngu, duyungu et dusavu. Ces genres se distinguent par leur forme, leur contenu et leur rôle. Vansina écrit à ce sujet: «Les genres littéraires se basent sur la structure interne du texte oral, sur son style et parfois sur le sujet même qui est traité))3. Il ajoute: «Les classifications de genres littéraires ne sont jamais fondées exclusivement sur la forme mais tiennent également compte du contenu de l'oeuvre)) .

Bakumbu

 Les bakumbu préexistent. Il suffit d'en choisir et de se faire donner les explications. Le surnom-devise et ses explications sont des formules figées, c'est-à-dire qu'on ne peut ni rajouter ni retrancher un mot. Ces formules sont donc transmises mot à mot d'une génération de porteurs à une autre.

 Dûmbu

Le terme dûmbu (pl. nyûmbu) désigne en yipunu le chant ou la chanson. Son autre appellation est dwî:mbu (pl. ny îmbu). Il existe deux types de chants: les chants traditionnels et les chansons modernes.

Les chants traditionnels

Les chants ont occupé et occupent encore une place importante dans la société punu. Ces chants appartiennent à tout le monde. Accompagnés à la sanza nzâng dl, à la cithare ngo:mf i, à l'arc musical mÛngongu, au tambour mu 1ô:mbu ou ndi:i:ngu, à la clochette k î nd u ou à la tringle, ces chants peuvent être soit des chants rituels tels ceux chantés à la naissance des jumeaux pour les placer sous la protection des bons esprits ou encore ceux qui accompagnent les séances de divination chez le ng a:ng d mu r e s f t s 1 «devin-guérisseur» ; soit des berceuses; soit des chants qui évoquent le comportement et l'activité de l'homme. Dans ce cas, le chant est reçu comme un message idéologique. Le plus célèbre chansonnier traditionnel punu et grand joueur de sanza est Mayu1u  ngubi. Son talent confirmé et reconnu de chanteur et de musicien a fait qu'il a fortement influencé les auteurs-compositeurs et interprètes modernes punu dont le plus grand est Christian MakaYa ma Mbûmb d Ma ck j 0 s s.

Les chansons modernes

Ces chansons ont pour thèmes: l'amour, le comportement et l'activité de l'homme, la politique. Pour les auditeurs punu, cette production chansonnière est reçue plus que le chant traditionnel comme un message idéologique. Ces chansons sont accompagnées à la guitare et aux autres instruments modernes.

 NÔngu

Le terme nongu (pl. banongu) désigne toute locution sentencieuse. Il s'agit d'un 1. Certains appellent la sanza i IJ g î:n cl i . En fait, ce terme sert à désigner un appareil de musique. 2. Il s'agit d'une tringle en bois sur laquelle on frappe avec deux baguenes. Cette tringle est appelée mukeki 1 i (pl. mfkeki 1 i). 680  énoncé populaire qui se présente sous une forme concise et rythmée. Il peut correspondre à l'adage, à la maxime, au proverbe, etc. La littérature sentencieuse occupe une place de choix dans la culture punu. L'emploi des proverbes est l'apanage de ceux qu'on appelle les «forts en proverbes» banz:5nz i (sg. n z:5 n z i), c'est-à-dire les chefs de villages, de cantons, les juges coutumiers, en un mot les sages. Un homme qui connaît très bien les proverbes et les emploie judicieusement, jouit d'une grande estime, car les proverbes traduisent le mieux la morale et la philosophie punu et qu'il n'est pas toujours facile de les placer à bon escient comme le dit le proverbe suivant :
 nongu muyûm~ murombi dyâmbu
proverbe 1 PN sg. (3) + acte # PN sg. (1) + chercheur - PN sg. (5) + affaire Il Le proverbe est un acte dont il faut chercher le problème. Le proverbe est la solution à un problème.
L'utilisation opportune d'un proverbe topique fait donc sur l'esprit une impression vive.

Les locutions sentencieuses ont un rôle didactique et juridique:
-le rôle didactique de ces locutions sentencieuses se perçoit par exemple lorsqu'à un enfant qui manque d'égards envers ses parents, l'entourage cite le proverbe suivant: mbasu akâbsak~m~ ayô vôyili minu
nez 1PV sg. (1) il 1avoir beau - être long # PV sg. (1) il 1 fut. nég. 1 dépasser 1 PN sg. (3) + bouche Il Le nez a beau être long, il ne dépassera jamais la bouche. Ce proverbe signifie qu'un enfant a beau lêtre grand, fort, riche, il ne doit jamais désobéir ni manquer de respect envers les plus âgés. L'éducation traditionnelle se fait ainsi par l'enseignement des proverbes qui prodiguent des conseils et des règles de vie. A force d'entendre des proverbes à propos, les enfants acquièrent une sagesse pratique qu'ils mémorisent. - Quant au rôle juridique joué par les proverbes, il est perçu dans les tribunaux coutumiers où un proverbe peut être développé jusqu'à devenir un récit d'après la règle judiciaire suivante :
ubilk~ nôngu uvîndly~l
P. inf. 1énoncer 1 proverbe # P. inf. 1verser complètement pénétrer le sens d'un proverbe et l'appliquer à une situation concrète. Cette application à une situation concrète est appelée kiiyu (pl. bakiiyu). A partir de<

 cet exemple, je peux soutenir qu'un énoncé sentencieux, en fonction de son utilisation et de sa structure, peut être désigné différemment, soit par nôngu, soit par kilyu. La structure est condensée sous la forme d'un ou de deux énoncés:
- la locution sentencieuse est constituée par un énoncé:
* mwân g tsya:n ~ ayébô1i  zayu
PN sg. (1) + enfant - orphelin 1 PV sg. (1) il 1 prés. nég. 1 ramasser + prés. 1
éléphant Il
Un orphelin ne ramasse pas un éléphant.
Il ne faut pas se créer de problèmes quand on ne peut pas compter sur un soutien.

* dilôngi asamabâ:s~ pô:nzi
PN sg. (5) + conseil 1 PV sg. (1) il 1 pas. loin. nég. 1 rempli 1 panier Il Un conseil n'a jamais rempli un panier. Il ne faudrait pas donner des conseils à quelqu'un tous les jours pour que celui-ci puisse comprendre. Une seule fois devrait suffire s'il est quelqu'un de sensé. Cette parémie est appelée nôngu.
- La locution sentencieuse est constituée par deux énoncés: * digend~ katsyayu PN sg. (5) + faible et petit - oncle + pos. 2e pers. sing. # muyu:mbi katsl igan~
PN sg. (1) + fort et grand - oncle - autrui Il
Le nain est ton oncle, le costaud celui d'autrui.
Cela veut dire que ce n'est pas parce que ton oncle est petit et faible qu'il faut lui
désobéir et ne pas suivre ses conseils et choisir quelqu'un d'autre pour oncle parce qu'il
est fort et grand.

* Ngebi pa atsibul~ mbâ:ng~
enfant 1si 1 PV sg. (1) il 1 pas. 1casser 1 noix palmistes #
mÎnu atsita:s~
PN pl. (4) + dent # PV sg. (1) il 1 pas. 1penser Il
Si un enfant décide de casser des palmistes,c'est qu'il pense avoir des dents solides. Cela veut dire que quelqu'un qui entreprend quelque chose de périlleux, doit savoir qu'il le fait à ses risques et périls.Ce distique est appelé kii yu. Comme il a été signalé plus haut, une locution sentencieuse peut faire l'objet d'un développement, d'une application à une situation concrète ou d'une explication et devenir ainsi un récit lors des règlements, des palabres, des différents à la coutume. Ce récit est désigné par le vocable k ii Yu (pl. b a k ii yu). Cette  utilisation juridique et diurne des bakti yu est réservée aux adultes pour étayer leur dialectique. En effet, au cours des séances du tribunal coutumier, ce sont les baktiyu qui animent le débat. C'est au travers de ceux-ci que le juge manifeste la sagesse de son jugement et porte une leçon de sagesse pour éclairer la vie en société. La locution sentencieuse assure ainsi une fonction stratégique en tant qu'acte de parole par lequel on cherche à emporter l'adhésion de l'interlocuteur et elle se présente comme un discours de persuasion puisqu'il s'agit de convaincre l'interlocuteur. Le développement des parémies sous forme de récit pour expliquer le sens de l'énoncé proverbial fait que certains Bapunu considèrent de plus en plus «baktiyu» comme synonymes de «t sa 13u» «contes, chantefables, etc.».
 En fait, les b a k ti yu se présentent comme des divisions intermédiaires entre les ba nogu et les tsavu.

 dusavu

Le terme dusâvu (pl. tsavu ou batsavu), pour les Bapunu, désigne le conte, la chantefable, la légende. En fait, le vocable dus a 13 u a une signification très étendue. Il s'agit d'une appellation générique qui englobe d'autres genres littéraires. D'après les informations que j'ai recueillies, ce terme sert aussi à désigner la devinette et l'épopée même si ces dernières ont des noms spécifiques.

 L'épopée

L'épopée est appelée dusavu du mumbwang «le récit de Mumbwanga». Ses autres appellations sont:
- Mutub i Nzâ:rnb i : celui qui réalise des exploits, des miracles; il s'agit du nom du héros;
- Mumbwang ou Mbwâng : c'est un grand guerrier, très fort et très puissant; c'est aussi le nom du héros;
- Mu amu
ktiyu : récit intenninable, qui ne finit pas. D'ailleurs, les Anciens disent:
«musamu kti yu a y é d tik U», «Il est difficile de suivre la narration de ce très long récit car il dure des heures et des heures». Mu samu ktiyu est la véritable appellation del'épopée. Musamu ktiyu «épopée» et dusa13u «conte» ne sont pas des genres fondamentalement distincts. Cenains contes sont des fragments de l'épopée.

La devinette

Quant à la devinette, elle a comme autres appellations:
- mbândg (pl. mbândg ou bambandg) : objet ou idée cachée;
683
 - makwa-nzang~ : c'est la formule consacrée qui introduit l'échange des devinettes. Il s'agit en fait d'un dialogue: le destinateur dit ma kw a et le destinataire répond n z a IJ g ~. Les devinettes sont toujours introduites par une formule phatique immuable comprenant une demande de participation et une réponse d'acceptation. n faut donc être au moins deux pour organiser une séance de makwa. On a, pour un seul partenaire, l'échange suivant:
L (DP) : ma kwa
1 (RA) : nz ang~.
Lorsqu'il y a plusieurs partenaires, on a l'échange suivant:
L (DP) : makwanwa ou makwanwanu
1 (RA) : nzang~.
Makwa signifierait, d'après mes informateurs, silence et proviendrait de maku qui veut effectivement dire silence. Est-ce un mot archaïque du yipunu ou bien un mot emprunté à un autre parler? Personne n'a su dire la provenance du mot. Une enquête plus approfondie sur la question pourrait peut-être fournir des informations complémentaires.
Quant au terme n z aIj  g ~, il signifierait «d'accord». Là aussi, le sens réel du vocable a probablement disparu et on est amené à se poser la même question que pour makwa. Après la formule phatique, la séance proprement dite des devinettes commence. Le mb â n d ~ comporte deux parties: la question et la réponse. Ainsi, on aura par exemple :
1. -Q. : bayatsi ba tâ:t~ ubwéji kêdi. yî?
PN pl. (2) + épouse - con. - papa 1P. inf. 1être beau 1matin # quoi Il
«Les épouses de papa sont belles le matin. Qu'est-ce que c'est ?»
- R.
koy6ndu
feuilles sèches de bananier Il
«Les feuilles sèches de bananier». Celles-ci sont très luisantes le matin à cause de la rosée matinale. 2. Cette deuxième devinette a deux variantes pour la question. - Q. : t â: t ~ amanyênz ~ ndâyu
papa 1PV sg. (1) il 1pas. loin. 1brûler 1maison #
«Papa a brûlé la maison,
yim~ Ylmasyala - bu mukambu ndayu. yî?
PN sg. (7) + chose 1PV sg. (7) elle 1pas. loin. 1rester 1seulement 1
PN sg. (3) + solive - maison # quoi Il
La seule chose qui est restée c'est une solive de la maison. Qu'est-ce
que c'est ?»
684
 -Q.
tâ:t~ amanyénz~ mukandi
papa 1PV sg. (1) il 1pas. loin. 1 brûler 1PN sg. (3) + pantalon #
«Papa a brûlé son pantalon,
bu munziyi diluIngu usamanyéng~. yî?
seulement 1PN sg. (3) + corde - PN sg. (5) + ceinture 1PV sg. (3)
elle 1pas. loin. nég. 1être brûlé # quoi Il
seule la ceinture n'a pas brûlé. Qu'est-ce ?»
- R.
nzi1~ : «le chemin».
Lorsque l'on met le feu à une plaine, tout brûle sauf le chemin qui
passe à travers cette plaine.
3.
-Q.
kÊki kEk~r~YE ?
idéo. /1 idéo. Il
- R.
k Ek d di 13 â I] 9 ~ 13 a j li 1u di ma n y i.
fais 1PN sg. (5) + piège à lacet 1PL (16) 1dessus 1PN sg. (5) +
pierre Il
«Fais un piège à lacet1 sur une pierre».
Il est impossible de faire un piège à lacet sur une pierre. Celui qui
tente de le faire, casse tout son matériel. Vidéophone reproduit le
bruit du matériel cassé.
A partir de ces trois exemples, les devinettes apparaissent comme des jeux verbaux au cours desquels un locuteur demande à son interlocuteur de deviner l'objet ou l'idée cachée. Si celui-ci donne une réponse juste, il a le droit de proposer à son tour une devinette. Mais s'il ne peut pas répondre, il est soumis à fournir un contre-don en échange du secret qui lui sera délivré. Voici comment se fait cet échange:
1:
I]géja:bi
je + prés. nég. 1connaître #
«- Je ne sais pas.
L:
mpé kôku
PO + donne 1poule #
- Donne-moi une poule.
1:
bo kôku
- Prends 1 poule #
L:
ky5:
idéo. Il
Cet idéophone indique la mon de la poule.
1. Ce piège à lacet est pour les oiseaux:, les rats et les petits quadrupèdes.
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 Puis, le locuteur donne la réponse à son interlocuteur en contrepartie de la poule.
La devinette se présente donc comme un jeu conversationnel avec un enjeu.
Les devinettes sont réservées aux enfants. Mais l'apprentissage se fait avec les plus
grands. La coutume interdit aux enfants de se poser les devinettes avant la nuit: ils ne
grandiraient plus s'ils n'observaient pas cette interdiction. Donc, c'est la nuit que les
devinettes sont l'occasion des joutes.
Le débit des devinettes est rapide et exige de la vivacité chez les participants. Comme
l'a écrit Mufuta : «Les devinettes ont pour rôle de distraire bien sûr mais surtout de
permettre aux jeunes d'exercer leur sagacité à créer en eux le sens de l'observation et la
puissance de réflexion leur permettant de saisir et d'interpréter, d'une façon
vraisemblable, le sens de certains faits de la nature conformément à la vie de l'homme»l.
La devinette étant un jeu, lorsque l'on parle de choses sérieuses et que quelqu'un se
met à raconter des blagues, on lui dit : «I)g é r 6 n di
mâ kwa-n z â I)g ~» «Je n'aime pas
les devinettes».

duyûngu

Le terme duyûnmgu ou kÛngu (pl. kÛngu ou bâkungu) désigne une histoire. Il s'agit ici de fait ancien, appris de quelqu'un d'autre, que l'on raconte. Le vocable du yûngu se distingue du mot yilomb i par le fait que ce dernier désigne une histoire ou le récit d'un fait vécu par celui qui raconte l'histoire2. De ce point de vue, yi lombi (pl. bilombi) peut être synonyme de yîkumbu (pl. bîkumbu) ou de musâmu (pl. misâmu) «nouvelle, information». Le soin de donner des nouvelles est entré dans les usages chez les Bapunu : c'est pour le voyageur qu'on accueille un devoir qui correspond à celui de l'hospitalité qu'il reçoit. C'est une coutume indiscutée. On se salue et on échange des nouvelles.
La distinction entre du yûngu et yilomb i ne fait pas l'unanimité parmi mes informateurs. Mikala André, par exemple, considère que du Yungu et yi1omb i sont des termes synonymes qui signifient «histoire». Les kûngu et les bilombi sont dits le jour, tandis que les tsavu sont dits la nuit. Les kungu avaient cours dans les réunions des anciens. Un proverbe dit: «kungu b i j î ma t s y âmun ~ p î t i» «une mauvaise histoire a été à l'origine de la dispersion des gens».
Lors des règlements de différends au tribunal coutumier, deux proverbes étaient souvent évoqués pour amener les protagonistes et l'assistance à plus de calme et de sérieux:


 - «kungu kungu mambu mambu» «les histoires sont des histoires et les problèmes
des problèmes».
- «tudun dya kungu twendya O mambu» «laissons les histoires et allons aux problèmes».
Il faut enfin distinguer kÛngu «histoires» de ma t amb~ ma mi ka l a (en abrégé ma t a mamikala) «rumeurs». D'après mon grand-oncle Wend~Irunz~, notable: à Mabanda, les mata ma mikal a sont des nouvelles colportées par des gens qui reviennent d'un deuil.

Il y aussi la littérature écriture, les meilleurs auteurs  sont Divassa Nyamat, Armel Nguimbi, Mougiama, Mabik ma Kombil, Roman kassa, Bonaventure,Nza Ma Teki, Moujieigu,Nding Dyatelm etc...

2.3. Conclusion
En tenninant cette étude sur les genres littéraires punu, il faut souligner que les Terrms de ces différents genres ont été attribués par les Bapunu eux-mêmes en fonction de la structure interne du texte oral, de leurs destinateurs et destinataires. La division de la littérature orale punu en genres montre sa diversité et sa richesse.

Jun 11, 2011

Proverbes du jour: ifumb kul mudji

Littéralement:
Le clan est un foyer de feu.
Sens: Le clan est une unité socio-anthropologique ayant plusieurs membres dont les caractères sont très divers.
- Quand les membres sont très éloignés, les uns des autres, chacun ressent isolement.
- Quand les membres sont très proches, les uns les autres, chacun perd son autonomie et même son intimité.
- La bonne position semble être à mi chemin entre la situation lointaine et la trop grande proximité.
- De même , on peut se brûler quand on on est trop proche d'un foyer, c'est comme on peut avoir froid quand on est trop loin du du foyer . Il est donc conseillé d’être ni trop près ni trop loin du foyer.
Il est donc conseille d’être ni trop près ni trop loin du foyer.
C'est en comparaison de ces deux situations qu'il a été dit que le clan est un foyer.
@Nza Mateki

Oct 20, 2007

Proverbes en Yipunu (punu, pounoue, bapounou)





Dirangi aghé djiéghili ghiari imosi.

Littéralement: La fessse ne danse pas d'un seul coté.
Sens: dans un couple conjugal ou dans un couple quelconque d'amis et de parents, les services rendus doivent être réciproques. Il faut savoir renvoyer l’ascenseur.

Dirende Katsiaghu, mughumbi katsi ngane.
 Littéralement: Le palmier de petite taille est ton oncle, le grand palmier est l'oncle des autres.
Sens: Il vaut mieux fréquenter son parent pauvre que de s'accrocher  à une simple connaissance en raison de sa richesse.


Tsoli dji purumughi kédi , duvangu mukolu.
 Littéralement:L'oiseau qui vole le jourse prepare la nuit .
Sens: Qui veut voyager le lendemain doit se préparer la veille.Quand on veut realiser un projet il faut se préparer longtemps à l'avance.


Dilongi aghé basi ponzi.
 Littéralement:Un conseil ne remplit pas un panier.
Sens: Il ne faut pas nécessaire un long discours pour conseiller une personne. Quelques mots suffisent pour ramener quelqu'un sur le droit chemin.

koku na ngwali dikantsu di? Dimosi!
Littéralement: la poule et la perdrix ont la même patte.
Sens : ceux qui se ressemblent peuvent avoir les mêmes mœurs. Mais il n'en est rien. La ressemblance physique est souvent loin de traduire les mêmes comportements.

"Fur ubel uke labne, na banong nawu"

Littéralement fais semblant d’être malade pour rencontrer tes amis.
Sens: c'est dans la misère et la souffrance qu'on reconnaît ses vrais amis.

Mondi aghé burili va misu ma fumu
Litteralement : la chienne ne met pas bas devant son maître.
Sens: un secret ne se dévoile pas en public.
Une confidence ne se fait pas devant beaucoup de personnes. Une personne doit avoir la retenue lorsqu'il s;agit de confidence.

"Isalu ndawu, diambu dibumi, ivasi tsombu"

Traduction: Le travail c'est la maison, l’événement c'est un grand dédommagement, le tribut c'est la dot.
Sens: Quand un homme réussit à bâtir une maison, a dédommager forte une famille , à payer une bonne dote, il est reconnut dans la société traditionnelle comme étant un homme digne. Ces trois critères de bases étaient les indices fondamentaux des classements des hommes. Ces triptyques fait partie de l’échelle des valeurs de la société traditionnelle. Parfois, le fait de remplir l'un de ces critères permet de se faire respecter dans cette société.

"Nghaghe djia mu dibwè, nsi ulong ghiatsi utsi ndong dubantse
."
Le rat palmiste dit qu'il est déçu par l'attitude de l'homme qui veut le tuer alors qu'il vient de lui montrer une régime de palme

Sens. Âpres un service rendu, on récolte la trahison ou même l’élimination physique. Celui qui fait du bien est trahi par le bénéficiaire de ce bien. Ce proverbe peut prendre le sens de ne pas aussi dévoiler celui qui t'a donné une information.

Munguli nsim unsingsene

Littéralement: La crème du dos se frotte réciproquement.
Sens: pour bien se frotter une crème au dos, toute personne fait appel à un voisin. La réciprocité est une règle de bienséance dans la société. Tout service reçu mérite une action similaire en retour.

Dikulu di yibong dikoti dipali
Littéralement: La patte de la tortue entre et sort.
Sens : le mouvement fréquent d’entrée et de sortie de cette patte traduit l'instabilité d'une personne qui change d'avis à tout moment.

Koku na ngwali dikantsu di? Dimossi!
Littéralement: La poule et la perdrix ont la même patte.
Sens: ceux qui se ressemblent ont les mêmes mœurs. Mais il en est rien , la ressemblance physique est loin de traduire les même mœurs.


"Dilungu éghobi na tsande, kingu, éghobi na musang, dibal éghobi na mughétu".
Littéralement: la taille est belle en raison du pagne, le cou est beau en raison du collier, l'homme est respecté en raison d'une épouse.
sens : La ceinture d'une personne est embellie par le pagne.-Le cou d'une femme est embelli par un collier-un homme est respecté lorsqu'il a une femme.
"Dusombi aghékési matsi, mutu tsing aghékési ubwédji".
littéralement:
le ver de palmier ne se vante pas d’être gras et la personne humaine ne se vante pas d’être belle.
A vous de trouver le sens?

"Mujambe ama rekimine, mba ma gwé pinze"

Littéralement: La rivière a des méandres parce qu’elle est allée seule,
Sens: Il est bon de demander toujours conseils aux autres pour ne pas se tromper dans une entreprise.

"Masubu ma mughétu maghé lobughi mwanze ndawu"
Littéralement: l'urine de la femme ne franchit pas le toit d'une maison.
Sens : Pour la petite histoire : le jet d'urine lors de la miction chez une femme au village est orientée vers le sol. Dans le même contexte, l'homme reste debout et son jet d'urines est d'abord dirigée horizontalement avant de prendre la courbe descendante. Cette expression fait allusion à deux images.

Dans la société traditionnelle , la voix d'une femme ne doit pas s'élever au dessus de celle des hommes. Dans ce même milieu traditionnel, la prise de la décision finale incombe à l'homme reconnu comme le chef de la famille . C'est ici le conseil pour le respect de la hiérarchise.

''Dilawu, pa amavul tsande, ik wivuli djiawu, djiénu botsu ik malawu mabédji".


Littéralement: quand un fou abandonne un pagne, si tu abandonnes le tien vous deux vous devenez fou.

Sens: Il n'est pas bon d'imiter quelqu'un qui manque de courtoisie et de bonnes manières-il est maladroit de répondre par des injures à quelqu’un qui se lance sur cette voie indécente. Dans le même sens il est souvent dit que le silence est le meilleur mépris". Il n'est pas bon de se laisser découvrir sur l'effet de la colère provoquée par quelqu'un qui ne sait pas prendre des gants dans ses propos et ses agissements.

"Tudjianu mbambi, tuya siabulu misopu".

Littéralement : mangeons l’iguane mais ne fouillons pas ses viscères.

Sens: Buvons l'eau sans remuer le fond du récipient qui peut avoir de la saleté- traitons une question sans plus évoquer des aspects douloureux qui risquent de nous empêcher d’arriver à un compromis. -C'est ici un conseil visant a faire passer l’éponge sur des considérations sous-jacentes dans le règlement d'un différent .- pour tendre vers une réconciliation , les adversaires ou les belligérants doivent mettre plus l'accent sur les points de rapprochement que sur les point de divergences.

"Dilongi aghé basi ponzy"

Littéralement: Un conseil ne remplit pas le panier.
sens: Il ne faut pas necessairement un long discours pour conseiller quelqu'un. Quelques mots sufisent pour ramener quelqu'un sur le droit chemin.

"Dusalangu ama sabughil mambe dibandu mukoku"

Littéralement:La fourmi à franchi l'eau grâce à un tronc d'arbre.
Sens: Le franchissement d'un obstacle par quelqu'un suppose l'existence d'un moyen adapté. Un bon choix de moyen permet de dépasser les obstacles.

"Isantsu ibwa mbatsi, patsi bambonyu, mughukur"
Littéralement: Un bois jeté par quelqu'un peut avoir des fourmis ou une punaise puante.
Sens: dans un vie de couple , une personne abandonnée par son partenaire peut cacher quelques défauts il faut s'en méfier.
-une maison, une voiture ou autre chose abandonné par quelqu'un peut avoir quelques défauts caches. Il faut donc être vigilants.

« Itso na mbaghe aghedji bi mbaghe »
L'une des méthodes traditionnelles de pèche consiste a empoisonner l’ eau d'une rivière avec l’ extrait d'une plante sauvage.
Litt. Celui qui souffre dans la production de ce poison, ne récolte pas les fruits de la pêche. II est occupé à ce travail pendant que ses compagnons pêchent.
Sens : Celui qui souffre dans la réalisation d'un résultat, n'en profite pas. Certaines personnes le disent par rapport à leurs enfants.

« Dikabu ndel »
Litt. La générosité est un jeu d'échange de balles. Dans les temps anciens, il a existé un genre de jeu ou Ton se renvoyait une balle dénommée ndel.
Sens : Donner un bien à l’autre, implique automatiquement un geste similaire en retour.
- Dans la société traditionnelle, les bonnes manières imposent la réciprocité.
- Quand quelqu'un vous invite a un repas, vous avez le devoir de l’inviter aussi plus tard.


« Kal ama rungil ngol munu »
Litt. Le crabe a creusé un trou pour le silure.
Sens : C'est effectuer un travail sans jouir du résultat qui profite à quelqu'un d'autre n'ayant pas participe a sa réalisation.
« Moine na tadji Mughetu na dibal Muvighe na fumu Ponsi na dwabi Ghidu na musu »
Litt. L'enfant et le père La femme et l’homme, l'esclave et le maître, le panier et le porte panier, le mortier et le pilon.
Cette série de couples montre la dualité complémentaire qui est un principe courant dans la société traditionnelle.

« Dinong polu »
Litt. L'amitié, c'est la bonne santé.
Sens: Nous avons beaucoup d'amis quand nous jouissons d'une bonne santé physique et d'une aisance matérielle pouvant profiter a tous ces amis.

« Mukoku eboli diambu agheboli »
Litt. Un vieux tronc d'arbre abattu peut se décomposer et disparaître, alors que l’ histoire est indestructible.
Sens : La matière est périssable tandis que I’ histoire résiste à I’ épreuve du temps. Un fait marquant du passé ne s'oublie pas.


« Mudjabi nsil na mukati mureri mudjabi nsil levunde »
Litt. Le connaisseur du chemin à suivre occupe une place privilégiée par rapport au maître du fardeau a porter.
Sens : Dans un acte posé, le décideur est le principal responsable par rapport a l'exécutant. Le bénéfice
Il est évident que tout déplacement est impossible quand on ne connaît pas le chemin à suivre.


« Koku gwa ikogulu gwa »
Litt. Poulet présent, boulet présent.
Pour ne pas perdre un poulet récemment acquis, le propriétaire villageois relie une de ses pattes à un morceau de bois par une corde de faible longueur. Ce genre de boulet l'empêche de s'éloigner de la case. Ainsi établi, le tandem poulet et morceau de bois demeure indissociable. Qui veut le poulet, veut aussitôt le morceau de bois.
Sens: Cette expression souligne généralement le caractère indissociable des couples de toutes natures.
 

« Koku na disu aghedji duvi dubole
Litt. Le poulet qui a l’ œil ne picore pas l’ arachide pourrie.
Sens : Quiconque peut difficilement se tromper. Quiconque est vigilant, fait souvent un bon choix.
 

« Dilulu akal pande aghetsimbu malu »
Litt. Le poisson qui remonte une rivière n'oublie pas l’embouchure.
Sens: Celui qui se déplace, n'oublie pas sa base. Le voyageur revient toujours chez lui. L'enfant revient souvent chez ses parents etc.


« Isantsu muponsi befuli imo imosi »
Litt. Le bois d'un panier se décharge un a un.
Sens: Dans le traitement d'un sujet, il est bon d'examiner toutes les parties les un apures les autres. Il faut éviter la confusion en analysant toutes les parties en même temps. Il est bon de mener une étude progressive et méthodique.
 

 « Masi ma tsiesi magwelimine na muru »
Litt. Les cornes de la gazelle sont à la taille de sa tête.
Sens : La taille d'un attribut doit être fonction de la taille de celui qui le porte. La correspondance de tailles est un critère de base.

« Mbodu gha sing Mdodu gha bus Mbodu fumu ibandu »
Il ( mbodu ) n'est ni pour ni contre Il se place au-dessus de la mêlée. C'est ici l'équivalent du jugement de Salomon.

« Diambu O murime mbatsi didjombi »
La pensée dans l’esprit de l'autre est insondable. C'est une véritable forêt impénétrable.

« Iso babedji ilatse mbatsi na nsale »
Litt. Un bien qui appartient à deux est susceptible de priver l'un de son bénéfice.
Sens : Si deux personnes sont associées, chacune d'elles doit tenir compte de l’autre. La tentation de tout garder pour soi est une monnaie courante.

« Aghi dugu ndagu ghilu madil aghe dugu ndagu »
Litt. Le sommeil remplit toujours une maison ce qui n'est pas le cas de la richesse clans une maison.
Sens : Le sommeil peut être suffisant, la richesse est toujours insuffisante. Il est possible de dormir profondément clans une maison sans richesse matérielle. L'aisance de l'esprit ne se trouve pas nécessairement clans un cadre cossu.

« Uke bike muiri urasune mundung »
Litt. Quand muiri est absent, mundung est present.
Sens: Pour des jumeaux ou un couple quelconque de personnes, l’absence d'un membre est compensée parfaitement par la présence de l’autre.

« Ave bondugili kari ave besunsili mondi »
Litt. Le chien de chasse doit être posté au point de chute du singe.
Sens : Dans une entreprise, la coordination des actions est un gage de la réussite.

« Iname misu iname matudji »Litt. L'œil rivé et l'oreille tendue.
Sens : Pour bien saisir un fait, l'œil et l'oreille doivent suivre attentivement.

« Modji bwali gwivul munu »
Litt. Le mal de ventre vient de la bouche. C'est a cette dernière d'y répondre.
Sens: Quand on a mal au ventre, la réponse est dans ce qu'on a fait passer par la bouche. Devant un résultat, il faut remonter a la cause. II n'y a pas d'effet sans cause.

« Sweghe sweghe tsiesi nsagu na mapungi aghe swegu »
Il est possible de cacher une gazelle et non pas un éléphant
Sens: II est possible de cacher un détail et non pas l'ensemble d'un sujet. II est difficile de dissimuler une grande information.

« A bamabe bak tsingul basamabe »
Litt. Ceux qui étaient doivent dire à ceux qui n'étaient pas.
Sens: Les témoins d'un événement ou d'une action ont le devoir d'informer les absents. Celui qui n'était pas présent à une manifestation doit se garder d'en faire un rapport pour ne pas en déformer la réalité ou omettre des parties importantes.

" Dukabognu pama nune enu mabeni mabane »
Litt. Un vieux pangolin tête ses petits.
Sens : Un vieux parent sans ressource, compte sur le soutien de ses enfants pour vivre. C'est le renvoi de l’ ascenseur par les enfants.

« Peru na musing beboki ibulu masub na ngondi beburi mwane »
Litt: la conjugaison de cithare et de la corde permet de piéger le gibier comme la conjugaison du spermatozoïde et de l'ovule permet de former l’œuf.
Sens: C'est la complémentarité des éléments qui donne un résultat positif. Un seul élément ne peut rien donner.

« Dike di koku ama longe ngudji duvangu »
Litt: L'œuf de poule a souvent conseille la mère poule.
Sens : Un bon conseil peut venir d'un plus petit que soi ou de son enfant.

« Minu ma mondi makale veme medji mambi »
Litt: Si les crocs d'un chien sont d'apparence propre, ils consomment cependant de la merde. Sens : L'apparence est trompeuse.

« Ditudji agha inombu »
Litt: l'oreille n'admet pas de compagnon.
Sens : l'oreille ne peut apprécier correctement deux sons différents a la fois.

« Nongu iguma , ilombi diambu »
Résumé : Comme le proverbe est la synthèse d'une réflexion, le récit est aussi la synthèse d'une histoire.

« Nsime kodu agha iburu »
Résumé : La confiance n'existe pas quand on est absent.Il est illusoire de compter sur la confiance de I’ autre en cas d'absence. Il vaut mieux être présent que de s'absenter en comptant sur les présents.

« Ikume ama vio pangini »
Litt. : Le hasard est mieux que la promesse.
Sens : Une surprise heureuse est souvent bien appréciée.

« Dikak dimosi digheghangi maghembi mabedji»
Litt.: Une seule main ne peut saisir deux grosses boules à la fois.
Sens : II faut agir méthodiquement en choisissant une seule chose a la fois. Évitons de mener deux actions à la fois.

« Kari na divoghi aghe komi »
Litt. : le singe qui a un fruit clans la bouche ne crie pas.Sens: II n'est pas bon de parler avec une bouche pleine. II faut attendre la fin d'un acte avant de poser le suivant.

« Masi ma tsiesi magwelimine na muru »
Litt. : Les cornes de la gazelle sont à la taille de sa tête.
Sens : La taille d'un attribut doit être fonction de la taille de celui qui le porte. La correspondance de tailles est un critère de base.

« Mukoku eboli diambu agheboli »
Litt. : Un vieux tronc d'arbre abattu peut se décomposer et disparaître, alors que I’ histoire est indestructible.
Sens : La matière est périssable tandis que l’histoire résiste à I’ épreuve du temps. Un fait marquant du passé ne s'oublie pas.

"Mondi makulu mane , Nzile mossi" (Proverbe PUNU)
Traduction : Le chien a quatre pattes, mais les quatre suivent la même direction.
Moralité : On peut être de cultures différentes, tout en partageant les mêmes convictions. Sur le sentier de la persévérance, ensemble et unis, nous vaincrons.