Feb 8, 2015

LA DESCRIPTION DE L'ÉPOPÉE MUMBWANGA


 






  1. Introduction
Dans ce chapitre consacré à l'épopée Mumbwanga proprement dite, je présenterai d'abord un résumé de l’œuvre avant d'évoquer sa création et son caractère épique. Je terminerai le chapitre par une comparaison entre l'épopée Mumbwanga et le schéma épique proposé par Jan Devilles.



2. Le résumé de l’œuvre
Papa Nzambi et Maman Pungu mettent au monde une très belle fille. Ils l'appellent Marundu. Le moment de son mariage arrive et de nombreux prétendants se présentent. Les parents ne réclament pas de dot mais promettent de marier leur fille à celui qui soulèvera le paquet de joncs qui est sorti du ventre de sa mère en même temps que Marundu. Ce paquet est inexplicablement lourd. Tous les prétendants échouent excepté Diyéverekèsa. Ce monstre réussit à soulever le paquet de joncs. On lui remet sa femme et tous deux s'en vont au village du mari, là où se trouve l'arbre muteli en pays ngosi. Maman Pungu tombe de nouveau enceinte. C'est une grossesse très difficile. On fait venir les initiés du Bwiti et du Nyemba, les adeptes du Malamu et du Mukuji. Ils ne peuvent rien pour elle. C est finalement Mwiri qui trouve le traitement et maman Pungu se met à accoucher de nombreux enfants. Mumbwanga refuse de sortir par là où les autres sont sortis. Il sort par l'oreille. A peine né, Mumbwanga demande, avec insistance, à son père où se trouve sa soeur Marundu. Après maintes hésitations, le père finit par dire ce qui s'est passé et ce qu'est devenue sa soeur. Mumbwanga se prépare et se met en route pour rechercher Marundu. En chemin, il rencontre de nombreux obstacles qu'il parvient à surmonter. Il arrive finalement à l'endroit où se trouve sa soeur. Pour délivrer Marundu, Mumbwanga doit livrer un dur combat contre Diyéverekèsa.ll vainc son monstre de beau-frère et ramène sa soeur au village.

3. La création du Mumbwanga
Dans le Grand Larousse encyclopédique, il est écrit: «( ... ). On ne croit plus aujourd'hui à l'existence d'épopées populaires spontanées et primitives, dans quelque littérature que ce soit: toutes les épopées qui nous ont été transmises de la plus lointaine antiquité supposent une élaboration littéraire, fût-elle orale, due à un travail personnel et conscient de talents individuels»

1. Dans ce cas, qui a donc composé l'épopée Mumbwanga?

a. L'auteur du Mumbwanga

Bien que certains auteurs d'épopées soient connus (deux d'entre eux sont d'ailleurs contestés), il convient de souligner que la plus grande partie des épopées que l'onrencontre dans le monde viennent d'auteurs anonymes. Lorsque l'on demande aux Bapunu le nom de celui qui a composé Mumbwanga, ils répondent tous invariablement: «baghulu bamasi:le musamu kughu bake bilime na bilime; mba jetu tukemewake»,
«Ce sont les ancêtres qui ont laissé l'épopée il y a des années; ensuite nous avons pris la relève».
 Mumbwanga, comme les autres épopées orales, repose donc sur «une perpétuelle
recréation par une suite de poètes anonymes mais conscients et lucides de l’œuvre héritée
de la tradition »

3. Il ne s'agit bien sûr pas «de la composition plurale du poème oral par une légion populaire d'auteurs travaillant dans le même sens»

4. mais plutôt par un ancêtre, qui a exercé sa faculté créatrice et qui est resté inconnu puisque, comme l'a écrit R.M. Pidal, «(... ), il est dominé dans l'acte même de création poétique par un sentiment
commun à tous et parce qu'il ne crée que pour abandonner sa création aux chanteurs qui la répètent et la diffusent. Chaque récitant ne peut la répéter sans l'adapter à son mode personnel de sensibilité, de fantaisie et d'expression grâce à des variantes continuelles»!.Mumbwanga est donc «une épopée vivante» pour utiliser l'expression de René Louis. Celui-ci, cité par

1. Siciliano, écrit: «L'épopée vivante vit au jour le jour et se transmet de siècle en siècle, en passant tant qu'elle vit de chanteur en chanteur et d'auditoire en auditoire, en revêtant des formes nouvelles selon les époques qu'elle traverse, au gré surtout de la fantaisie des chanteurs». De par son caractère oral, Mumbwanga, épopée vivante, ressortit à la culture populaire punu. Le processus de popularisation de l'épopée Mumbwanga est un processus d'appropriation: le peuple punu a reçu d'un ancêtre, narrateur originel, une oeuvre qu'il a lui-même transmise. Ainsi, de génération en génération, des individus retenaient et propageaient oralement le récit dans lequel ils introduisaient des variantes. Ces narrateurs successifs font donc travailler leur mémoire.

Le récit de Mumbwanga est une épopée populaire, dont le fond est formé par la tradition populaire, transformée par les narrateurs successifs d'après leurs talents personnels et les circonstances d'improvisation. Dans quelles circonstances Mumbwanga a-t-il été compose?

b. Les circonstances de la création de l'épopée Mumbwanga
A la question de savoir dans quelles circonstances le récit de Mumbwanga a été composé, certains de mes informateurs ont dit qu'ils n'en savaient rien; d'autres, comme François Nzienguï, affirment que les anciens Bapunu récitaient Mumbwanga la veille des initiations au Bwiti4 et lorsqu'ils devaient combattre les autres populations. Bien que les circonstances de la composition du récit de Mumbwanga soient mal connues et qu'il soit impossible de savoir si ce récit a servi d'exemple pour encourager les candidats à l'initiation au Bwiti ou pour exciter les guerriers bapunu à des exploits, il est possible que les refrains chantés lors du récit des combats dans l'épopée tels que:

l'épreuve du sacré, c'est-à-dire l'itinéraire fantasmatique parsemé d'embûches, le héros Mumbwanga
rencontre de nombreuses difficultés qu'il parvient à surmonter pour arrriver au Muteli et délivrer sa sœur Marundu des mains du monstre Diyéverekèsa



 personnel de sensibilité, de fantaisie et d'expression grâce à des variantes continuelles»!.
Mumbwanga est donc «une épopée vivante» pour utiliser l'expression de René Louis.
Celui-ci, cité par 1. Siciliano, écrit: «L'épopée vivante vit au jour le jour et se transmet de
siècle en siècle, en passant tant qu'elle vit de chanteur en chanteur et d'auditoire en
auditoire, en revêtant des formes nouvelles selon les époques qu'elle traverse, au gré
surtout de la fantaisie des chanteurs»

2.De par son caractère oral, Mumbwanga, épopée vivante, ressortit à la culture populaire
punu. Le processus de popularisation de l'épopée Mumbwanga est un processus d'appropriation: le peuple punu a reçu d'un ancêtre, narrateur originel, une œuvre qu'il a lui-même transmise. Ainsi, de génération en génération, des individus retenaient et propageaient oralement le récit dans lequel ils introduisaient des variantes. Ces narrateurs successifs font donc travailler leur mémoire. Le récit de Mumbwanga est une épopée populaire, dont le fond est formé par la tradition populaire, transformée par les narrateurs successifs d'après leurs talents personnels et les circonstances d'improvisation. Dans quelles circonstances Mumbwanga a-t-il été composé?

Les personnages aient pu remplir cette fonction dans des combats réels. L'épopée, en effet, a été d'une grande importance dans les combats. Les exemples ne manquent pas pour le prouver.

A. De Roi écrit: «La tradition rapporte qu'avant la bataille d'Hastings, en 1066, un trouvère guerrier, Taillefer, entonna la Chanson de Roland parce que cet exemple héroïque devait enflammer les guerriers. Tel était également l'usage chez les Germains. Lors de la bataille de 378 contre les Romains, en Mousie, les Goths engagèrent la lutte en chantant la louange des ancêtres. Même coutume chez les Irlandais. L'aède accompagnait d'office son maître sur le champ de bataille; il marchait en tête de la troupe, vêtu d'une tunique blanche, portant la harpe brillante, entouré de musiciens».Il ajoute: «En dehors de la guerre, les chants épiques gardaient leur valeur et leur utilité pour la noblesse guerrière: ils accompagnaient les festins où leurs échosréjouissaient le coeur des hommes», 

2 .Actuellement, chez les Bapunu, comme on le verra plus loin, le récit de Mumbwanga est déclamé à l'occasion de certains événements pour servir de divertissement et de moyen d'éducation grâce au message moral qu'il véhicule. Il est bon de noter que chaque récitation de Mumbwanga constitue un fait unique qui ne se répète jamais de la même manière. On voit apparaître dans le récit des transformations dues aux ajouts ou aux omissions entraînant ainsi des versions différentes. Celles-ci sont normales puisque Mumbwanga se diffuse oralement. Mais, en dépit de ces variantes, on relève une certaine stabilité dans les thèmes du récit. Ceci m'amène donc à aborder la structure de Mumbwanga.

4. La structure de l'épopée Mumbwanga
L'épopée Mumbwanga est constituée de deux éléments: le récit proprement dit et les
digressions.

a. Le recit
Mumbwanga est un très long récit. D'ailleurs, les Bapunu eux-mêmes disent qu'il n'a
pas de fin. Bien que Mumbwanga soit un récit ad infinitum, une version ne peut être
considérée comme complète que si elle comporte les cinq grands épisodes suivants :
- la naissance de Marundu ;
- le mariage de Marundu avec Diyéverekèsa ;
- la naissance de Mumbwanga ;
 -le combat entre Mumbwanga et Diyéverekèsa et la victoire de Mumbwanga ;
- le retour au village.
Les trois versions de mon corpus contiennent les cinq thèmes

1. De ce point de vue, elles sont identiques. Mais elles diffèrent au niveau des digressions.

b. Les digressions
Les digressions peuvent être soit des chants, soit de courts récits intercalés dans le corps du récit de Mumbwanga. Elles sont considérées comme des intermèdes qui permettent au narrateur de prendre haleine et de retrouver son inspiration.Les digressions n'ont pas un caractère obligatoire mais la coutume narrative punu les a prévues à cause de la longueur du récit. Leur utilisation est faite en fonction du narrateur :ainsi, dans la version Mu l, le narrateur, qui est une femme, introduit le récit de
Mumbwanga par des digressions. Pour elle, cette technique lui permet de maintenir soutenue l'attention de ses auditeurs. Le deuxième narrateur, celui de la version M, quant à lui, ne les utilise pas. Ils se contente de livrer le récit dans ses grandes lignes. Enfin, le troisième, celui de la version Mu2, utilise les digressions à l'intérieur du récit de Mumbwanga. Des trois, c'est le dernier récitateur qui présente l'épopée telle qu'elle devrait être présentée. Tous mes informateurs sont unanimes pour dire que les digressions sont à insérer dans le récit pour permettre au narrateur de faire des pauses. Il
est bien entendu que, dans ce cas, ce sont des auditeurs qui prennent le relais avec les digressions. La version Mu2 est, à ce titre, exemplaire. En effet, l'auditoire y intervient à plusieurs reprises puisque le narrateur, qui se dépense beaucoup intellectuellement et physiquement en déclamant le récit de Mumbwanga, fait de nombreuses pauses.

5. Le caractère épique de Mumbwanga
Dans le chapitre consacré à la définition de l'épopée, on a vu que, pour qu'un récit soit
considéré comme une épopée, il doit comporter les éléments suivants :
- le récit doit être une entreprise,
-l'entreprise doit être héroïque,
-l'entreprise doit être merveilleuse,
- l'entreprise doit concerner trois types d'actants.
Le récit de Mumbwanga, tel qu'il apparaît dans les trois versions, possède-t-il ces caractéristiques pour mériter d'être appelé épopée? Telle est la question à laquelle je vais répondre..

1. Ces versions sont d'inégale longueur. Mu2 est la version la plus longue et M la plus courte. La
version Mu l se rapproche plus de Mu2 que de M du point de vue de la longueur.
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 tenter de répondre en abordant successivement les divers éléments qui définissent
l'épopée.
3.4.1. Le récit de Mumbwanga : une entreprise
Le récit de Mumbwanga ne relate pas une action mais une série d'actions qui
correspondent aux thèmes de l'oeuvre, à savoir:
- la naissance et le mariage de Marundu qui donnent lieu à cette entreprise ;
-la naissance du héros Mumbwanga qui va effectuer cette entreprise ;
-le voyage au terme duquel Mumbwanga arrive chez sa sœur;
-le combat avec Diyéverekèsa et la délivrance de Marundu ;
- le retour au village.
3.4.2. Mumbwanga : le récit d'une entreprise héroïque
En effet, lorsque l'on parcourt ce récit, on est frappé par la succession des faits héroïques réalisés par Mumbwanga lui-même dans les versions Mu 1 et M et par Mumbwanga et son frère Yikafi dans la version Mu2. Ainsi, les exploits suivants ont été
retenus dans les versions Mu 1 et M :
3.4.2.1. Pour Mumbwanga, le héros du récit
3.4.2.1.1. Dans la version Mul
a) Mumbwanga doit affronter les éléphants: «Tu trouveras des éléphants qui ont fini toute la nourriture. Mumbwanga s'en alla avec le vieux coutelas qui était sorti avec lui du ventre de sa mère. Il arrive là où se trouvaient les éléphants. Il se mit à chanter ( ... ). Il y avait autant d'éléphants qu'il y avait de doigts. Tous les éléphants moururent». (Mu!,
456-460).
b) Mumbwanga doit lutter avec un chasseur: «( ... ). Mumbwanga lui arracha l'antilope et la jeta. Le chasseur dit à Mumbwanga : "Comment? Ce gibier que j'ai eu tant de peine à tuer! Toi tu dis: "Je vais jeter ton gibier !" Qu'est-ce que c'est que ces façons ?" Ce jeune homme, qui était comme Moussavou Kombila, lui asséna un coupde poing. Son bras se cassa en mille morceaux.
"- Le bras de Mumbwanga ? demande un auditeur.
- Non, c'est celui de Moussavou Kombila qui s'est cassé", répond le:
narrateur.
Mumbwanga était là». (Mu!, 535-545)
c) Mumbwanga doit affronter un couple de vieux: «( ... ). Sur la berge opposée, se trouvaient un monsieur et une vieille dame. Mumbwanga se dit: "Le guérisseur m'a bien dit que je n'y arriverais pas. Que vais-je faire à présent? En tout cas, je ne ferai pas demi-tour". Il se mit à chanter (... ). C'est maintenant la lutte. Ils vont maintenant se battre. Ils s'empoignèrent». (Mu l, 600-605)
Dans cet épisode, Mumbwanga se montre courageux. Il ne veut pas fuir le combat. Il a le sens de l'honneur et ne veut pas être l'objet de railleries.
d) Mumbwanga doit surmonter l'obstacle du rocher: «Il marcha longtemps et arriva devant un rocher. Ce rocher touchait le ciel d'un côté et la terre de l'autre. Il regarda d'un côté pour se frayer un chemin, impossible. Il regarda de l'autre, impossible ausi. Il se demanda: "Que vais-je faire?" Il se mit aussitôt à chanter (... ). Mumbwanga se retrouva avec un très gros marteau. Dès qu'il cogna le rocher, celui-ci se brisa en petits morceaux.Mumbwanga passa». (Mul, 639-649)
e) Mumbwanga doit affronter un méchant chef de village: «Lorsqu'il (Mumbwanga) arriva à un autre village, le chef chanta (... ). Quand Mumbwanga essaya de passer de ce côté-ci, le chef lui dit: "Tu ne passeras pas". "Pourquoi me fais-tu cela? demanda Mumbwanga. Je ne fais que passer. Je ne t'ai pas provoqué". Il chanta ( ... ). Il donna des coups de poing aux hommes, attrapa les femmes par les jambes et les enferma. Il passa». (Mu l, 688-702)
f) Mumbwanga doit surmonter l'obstacle de la montagne qui l'empêche de poursuivre sa route: «Il marcha pendant longtemps. Il arriva et trouva une montagne qui touchait le ciel. "Comment vais-je faire avec cette montagne?" se demanda Mumbwanga. il se mit à chanter (... ). Dès qu'il enfonça les pelles, une route se trouva tracée. Il passa». (Mul,
703-711)
g) Mumbwanga doit combattre en duel le monstre Diyéverekèsa : «Mumbwanga semit à chanter (
). Il frappa Diyebula avec le vieux coutelas; il frappa Diyebula avec levieux coutelas (...), mais Diyebula ne veut pas mourir. Il l'attrape par le cou et le tord. Diyebula rend l'âme aussitôt. Mumbwanga le jeta à terre». (Mul, 860-869)
3.4.2.1.2. Dans la version M
a) Mumbwanga doit lutter contre les habitants d'un village: «( ... ). Des enfants, qui allaient jeter des ordures, le trouvèrent là. Ils s'en retournèrent dire aux grands qu'ils avaient trouvé sur le dépotoir une toute petite chose. "Prenez donc des bâtons et allez taper dessus", répondirent les grands. Les enfants y allèrent avec des bâtons. Dès qu'un enfant essayait de le frapper à l'aide de son bâton, il se retrouvait lui-même par terre. Ce fut dur pour eux. Ils allèrent appeler les grands. Ce fut la même chose avec les grands Mbwanga était là et chanta encore». (M, 207-218)
 b) Mumbwanga doit lutter avec un chasseur: «( ... ). Mbwanga prit le gibier et le jeta.L'homme ne savait plus où son gibier était passé. "Puisque tu as jeté mon antilope, nous allons nous battre", menaça-t-il. "Viens donc, je t'attends", répondit Mbwanga. Ils étaient là. Ils s'affrontèrent (. .. ). Mbwanga plaqua le chasseur à terre, le frappa de son doigt et passa». (M, 247-258)
c) Mumbwanga doit affronter quatre jeunes filles: «(... ). Quatre jeunes filles arrivaient dans une pirogue en chantant. Lui était là (... ). Les jeunes filles chantaient (... ). Mbwanga leur répondit en chantant (... ). A peine avait-il esquissé une gifle que les filles se retrouvèrent dans l'eau. Il continua son chemin et arriva jusqu'au village de son beau-frère». (M, 261-276)
d) Mumbwanga doit engager un combat à mort contre son beau-frère: «"Marundu, Marundu, il y a ici une odeur humaine". "C'est ton beau-frère qui est arrivé", répondit la femme. "Beau-frère de merde", reprit le mari. Le beau-frère dit: "Qu'est-ce que c'est queça ? Il Ya donc de la merde ici?" Ils s'affrontèrent. Les deux beaux-frères s'affrontèrent (... ). Le neveu dit à son oncle: "Attrape-le par le dos pour qu'il devienne un anomalure".Dès qu'il prit son beau-frère par le dos, celui-ci se transforma en un animal volant qu'on appelle anomalure. Il alla se balancer contre un arbre et resta collé. Mbwanga alla voir sasoeur». (M, 293-305)
3.4.2.2. Pour Mumbwanga, le héros et son frère Yikafi
Leurs exploits figurent dans la version Mu2.
3.4.2.2.1. Ceux de Yikafi
a) Yikafi doit surmonter l'obstacle de l'étang: «Il arriva à un étang. Lorsque quelqu'un a uriné au milieu du chemin, un étang s'est formé comme d'ici à Tchibanga. Personne ne pouvait passer. Yikafi regarda d'un coté, impossible. Il regarda de l'autre, impossible. TI tente de traverser mais par où va-t-il traverser? Il se mit à chanter (... ). 11 jeta un coup d’œil et une pinasse se trouvait déjà dans l'eau. Dès que la pinasse s'arrêta, il monta dedans». (Mu2, 404-415)
b) Yikafi doit affronter des ogres: «Dès que la pinasse s'arrêta au bord de J'étang, Yikafi se trouva nez à nez avec des ogres. Il retint la pinasse et chanta (... ). Dès qu'il mit pied à terre, la lutte s'engagea avec les ogres». (Mu2, 419-426)

3.4.2.2.2 Ceux de Mumbwanga
 a) Mumbwanga, appelé ici Mutubi, frappe un guérisseur: «Mutubi est toujours dans le ventre de sa mère. "Comment s'appelle ce guérisseur? Comment s'appelle ce guérisseur qui s'est livré à la divination", se demande-t-il. Il coupa une main et chanta ( ... ). Il lui donna une gifle et le guérisseur tomba. Les gens, qui étaient là, crièrent oh !»
(Mu2, 573-579)
b) Mumbwanga doit affronter les habitants du village dont le chef est le puissant Bukwenzi : «( ... ). "Ah! Nous avons appris hier que Nza Pungu a mis au monde un enfant avec de gros yeux. On a même dit qu'il est venu avec une très grande puissance. Vous les enfants qui le regardiez, qu'attendez-vous pour l'attraper ?" Les voilà sur lui. Mumbwanga se mit à chanter (... ). Il les brûla tous». (Mu2, 573-579)
c) Mumbwanga doit affronter les ogres: «Une fois parti, Mumbwanga arriva au village des ogres. Il chanta (... )>>. (Mu2, 658-660)
d) Mumbwanga doit lutter avec les arcs-en-ciel: «Il arriva au village des arcs-en-ciel. Il entendit Samu chanter (... )>>. (Mu2, 662-663)
e) Mumbwanga doit affronter les gens que Diyéverekèsa est allé chercher : «Diyéverekèsa alla chercher de nombreuses personnes avec des fusils dans d'autres pays. Mumbwanga se moquait de lui en disant: "Pitié pour lui. Que fait-il ainsi? Attends! Tu verras ça aujourd'hui ..." Tous ceux qu'on était allé chercher arrivèrent. Mumbwanga chanta ... Il les prit tous et les tua.» (Mu2, 721-749).
f) Mumbwanga va maintenant combattre en duel le monstre Diyéverekèsa : «( ... ). Il (Mumbwanga) entendit: "Yundu ! Yundu ! Qui est-ce avec de gros yeux?" Mutubi se dit: "Pourquoi parle-t-il ainsi? Qui insulte-t-il ?" ... La soeur s'apprêtait à remettre un siège à son frère afin qu'il s'asseye et donne des nouvelles, lorsque son mari vint en force. Il attrapa Mutubi, la femme et le neveu et les tua. Il les coupa en petits morceaux et dit: "C'est moi Diyéverekèsa. N'aie pas affaire à moi! Tu viens chez moi et tu fais ledur ! Vraiment !" ("Pauvre de toi", dit une auditrice). Tout le village était plein de sang.
Mutubi Nzambi réfléchit et dit: "Mieux vaut le sommeil que la mort". Il chanta: "Soeur aînée Marundu, réveille-toi! Taleli, réveille-toi !" ... Dès qu'il eut ressuscité sa soeur, celle-ci qui était enceinte, accoucha d'une fille appelée Bilombi ... Il ressuscita son neveu et se battit de nouveau avec son beau-frère. Mumbwanga tua Diyéverekèsa». (Mu2, 752-796)Comme on vient de le voir, tout l'itinéraire emprunté par Mumbwanga dans les versions Mu1 et M, et par Mumbwanga et son frère Yikafi dans la version Mu2, est parsemé d'obstacles que le héros doit surmonter l'un après l'autre avant de poursuivre son chemin. Chaque bataille livrée par Mumbwanga se termine par une victoire.
Mumbwanga apparaît ainsi comme ayant un grand courage et une force herculéenne.

 3.4.3. Mumbwanga : le récit d'une entreprise merveilleuse
Le merveilleux est bien présent dans le récit de Mumbwanga. A. De Rop distingue
deux types de merveilleux: le merveilleux de croyance et le merveilleux d'imaginailion 1.
3.4.3.1. Le merveilleux de croyance
Ce merveilleux s'appuie sur la croyance des Bapunu aux pratiques magiques et aux
esprits. Il s'agit ici de l'intervention des forces surnaturelles par le moyen des songes ou
par quelque prodige étonnant.
3.4.3.1.1. Les esprits
Seul un génie apparÎt en songe une fois: «Oc bon matin, un génie vint lui parler».
(Mul,83)
3.4.3.1.2. Les pratiques magiques
a) dans la version Mu l
- «( ... ). Le sanglier se saisit du paquet de joncs. Il n'arrive pas à le soulever. Les joncs paraissaient comme enfoncés dans le sol. Le sanglier se cassa la jambe». (Mu l,249-252)
- «( ...) Eux qui marchaient sur la route, se retrouvent tout à coup en forêt. Ils marchent le long de la forêt. Les chaussures du mari devinrent de contreforts d'arbres, le chapeau du mari devint une fleur en chatons de parasolier et les habits du mari devinrent les feuilles sèches de bananier». (Mul, 291-296)
- Marundu fait griller des bananes par une simple incantation lJ gal u : «"Donne-moi à
manger". Marundu se dit: "Ah! Maman Pungu ! Papa Nzambi ! Qu'y a-t-il donc? Comment vais-je régler ce problème? Abracadabra! Je voudrais que les bananes soient déjà grillées !" Un régime de bananes long d'ici à là-bas apparut. Marundu appela l'esclave qu'on lui avait donné et lui dit: "Prends ces bananes et va les donner à ton beau-frère"». (Mul, 306-314)
- Diyéverekèsa ouvre la porte de la chambre de Marundu avec le doigt: «( ...).
"Marundu ! Ouvre la porte !" ordonna le mari. Marundu répliqua: "Tu veux que j'ouvre
la porte? Pourquoi ouvrirais-je la porte? Depuis que je suis ici, cela fait un an, nous ne
nous connaissons pas. Pourquoi es-tu venu aujourd'hui ?" Dès qu'il plaça son doigt
comme ça, la porte s'ouvrit. Il entra donc». (Mul, 350-359)
1. A. De Rop, Lianja, l'épopée des M:J ng:J, p. 25.
 - Mumbwanga se métamorphose: «( ... ). Silence de mort. Un infirme arriva. Il n'avait ni bras ni jambes, seulement la tête. Quand Mumbwanga arriva à l'entrée du village, il était comme ce jeune homme qui vient de partir ce soir. .. Mumbwanga se dit: "Il ya donc des gens !" Il rebroussa chemin. Il redevint un petit bout d'homme». (Mu1,553-566)
- Il est impossible de sortir d'une maison dont la porte est grand'ouverte : «( ... ) Il choisit quatre jeunes filles qui lui plaisaient et les plaça dans une maison. Cette maison n'était pas fermée. Elle était grand 'ouverte. Mais personne ne put en sortir». (Mu1, 581-585)
- Mumbwanga ressuscite grâce aux médicaments envoyés par le guérisseur: «La
vieille entra dans sa maison, prit un balai et frappa Mumbwanga aux yeux. Mumbwanga
tomba raide mort. Il était là étendu. Son corps était plein de mouches bleues et d'asticots.
Le guérisseur, qu'il avait laissé au village, savait déjà ce qui était arrivé. Il se mit à chanter: ( ... ). Pendant que le guélisseur chantait ainsi, les médicaments étaient envoyés à Mumbwanga. Ils arrivèrent auprès de lui. Mumbwanga ressuscita aussitôt». (Mu 1,609-621)
- Plusieurs séances de divination sont organisées. Je ne retiendrai, à titre d'exemple, que celle-ci: «( ... ). "Dis-moi comment y arriver !" Le devin-guérisseur va maintenant pratiquer la divination pour Mumbwanga (... ). "Je n'ai rien compris à cette divination, je m'en vais"». (Mul, 717-727)
- Mumbwanga ressuscite grâce à une poudre enchantée: «Lorsqu'il (Mumbwanga)
entra dans le mbanja, il brisa la pierre. Celle-ci le bloqua à l'intérieur. Il ne pouvait plus
sortir. Il était maintenant coincé sous la pierre. Papa Lenda dit : "Bilombi, fais de la
poudre de padouk ! Oncle Mbwanga est mort". Papa Lenda chanta: ( ... ). Bilombi se mit
à chanter à son tour: ( ... ). Il fit de petites assiettes avec des feuilles fraîches. Il mit la
poudre de padouk dans ces feuilles et l'envoya dans le mbanja.La pierre se fendit en
deux. Mumbwanga sortit». (Mul, 820-839)
b) dans la version M
- Plusieurs fois, cette version mentionne plusieurs séances de divination. Les
guérisseurs examinent la malade pour déterminer la maladie et le traitement: «Douze mois
passèrent. La femme n'accoucha pas. Le mari prit peur et se dit : "Que se passe-t-il
donc? Il n'est jamais rien arrivé de pareil à mon épouse !" Il fit appel aux guérisseurs en
leur disant: "Venez chez moi voir ce qui se passe"». (M, 27-32)
- «( ... ). C'est du mensonge, dit le père, vous ne connaissez rien à la divination». (M,
66)

 - «( ... ). Mbwanga dit à Terengiji : "Fais la divination pour moi. Je vais aller au pays
ngosi, sur les traces de notre soeur. Dis-moi sij'y arriverai ou non"». (M, 175-176)
- Mbwanga ressuscite: «Une certaine femme qui était là, prit une corbeille et le frappa
avec. Mbwanga mourut. Le vieillard dit : "Voilà, je t'ai tué". Quelques instants après,
Mbwanga ressuscita et chanta.. ,». (M, 227-232)
c) dans la version Mu2
- Cette version, comme la version M, mentionne plusieurs séances de divinaüon. Je
ne citerai ici qu'un exemple pour illustrer mon propos: «(, .. ). Elle tomba enceinte. Il y
eut des menaces d'avortement. Le mari se dit: "Qu'y a-t-il? Pourquoi ces menaces
d'avortement?" Il se mit à trembler en se disant: "Ma femme est enceinte. Pourquoi donc
ces menaces d'avortement? Comment verrai-je cela ?" Il se leva et alla trouver les initiés
du Bwiti. Il leur dit: "Allons chez moi. J'ai un malade". Les initiés du Bwiti aITivèrent.
Ils allumèrent des torches et plirent des tambours». (Mu2, 33-61)
- La tortue n'arTive pas à soulever un petit paquet de joncs: «La tortue dit: "Oh! Ces
petits joncs! Elle passa pour soulever. Elle se mil à chanter (... ). Elle se cassa la jambe».
(Mu2,229-233)
- Yikafi traverse l'étang grâce à une pinasse qu'il a fait venir par sa chanson: «Il
arriva devant un étang. Personne ne pouvait passer (. .. ). Il se mit à chanter: "Ma
machine à moteur" (... ). Il jeta un coup d'oeil. Une pinasse se trouvait déjà à l'eau. Dès
que la pinasse s'arrêta, il monta». (Mu2, 404-415)
- Mumbwanga ne retrouve plus son chemin: «Il arriva au pied du Copaifera et ne
trouva pas le chemin. Il chanta: "Je ne cherche que le chemin .. ,". Le chemin s'est perdu.
Il chanta: "Je vais seulement dormir...". Lorsqu'il ouvrit les yeux, le chemin se trouva
sur le Copaifera». (Mu2, 668-674) Grâce à une intervention surnaturelle, Mumbwanga retrouve son chemin.
3.4.3.2.
Le merveilleux d'imagination
Ce merveilleux met en œuvre des interventions de caractère purement profane: 1. Il se
rencontre aussi dans les trois versions de l'épopée Mumbwanga.
3.4.3.2.1. Dans la version Mul
- Diyebula Kasa ouvre la porte avec un doigt: «"Marundu ! Ouvre la porte [" ordonna
le mari, Marundu répliqua: "Tu veux que j'ouvre la porte? Pourquoi ouvrirais-je la
porte? Depuis que je suis ici, cela fait un an, nous ne nous connaissons pas. Pourquoi
1. A. De Rop, Lianja, l'épopée des M:Jng:J, p. 25.
699
 es-tu venu aujourd'hui ?" Dès qu'il plaça son doigt comme ça, la porte s'ouvrit. Il entra
donc». (Mul, 350-359)
- Des animaux sont chargés d'empêcher Mumbwanga et sa soeur de rentrer chez eux:
«La tortue dit à Mumbwanga: "Avant de passer, tu dois présenter un laissez-passer".
Mumbwanga dit: "Pardon ?" La tortue reprit: "Tu dois présenter un laissez-passer avant
de passer par ici". Mumbwanga dit : "Je ne comprends pas". La tortue répéta: "Tu dois
d'abord présenter un laissez-passer". Mumbwanga chanta: "Eh oui! J'irai 1. .. ". Et il lui
marcha sur une patte. La tortue s'affaissa aussitôt». (Mu 1, 881-890)
«Ils arrivèrent à un endroit où ils trouvèrent un éléphant en train de manger de
mauvaises choses. L'éléphant leur dit: "Vous ne passerez pas par ici". Mumbwanga
monta sur l'éléphant en chantant: "Eh oui! J'irai 1. ..". L'éléphant l'emmena faire un tour
comme d'ici jusqu'en France. Mumbwanga était toujours sur l'éléphant. Celui-ci le ramena (... ). "Allons-y", dit-il à sa soeur». (Mul, 896-910)
3.4.3.2.2. Dans la version M
- Par le simple geste d'un de ses doigts, Mbwanga transforme la tête de son père :
«(. .. ). Il pointa son doigt vers son père. La nuque du père prit la place du visage et le
visage celle de la nuque.» (M, 157-158)
- Par le simple geste de la main, Mbwanga envoie quatre jeunes filles dans l'eau:
«( ... ). Quatre jeunes filles arrivaient en ramant et en chantant. Elles ramaient et
chantaient. Mbwanga était là comme s'il ne les entendait pas. Les jeunes filles chantaient:
"Fais-le mien 1. ..". Mbwanga leur répondit en chantant: "Ah! C'est le pays de papa !...".
A peine avait-il esquissé une git1e que les filles se retrouvèrent dans l'eau». (M, 261-274)
3.4.3.2.3. Dans la version Mu2
- Par le simple geste de la main, Mutubi donne des gifles: «Mutubi était toujours
dans le ventre de sa mère (. .. ). Il coupa une main et chanta: "Sors dehors 1. ..". Il le
gifla. Le guérisseur se retrouva à terre. Les gens qui étaient là crièrent de surprise».
(Mu2,467-475)
- Un rat vient en aide à Mumbwanga en lui montrant le chemin qu'il avait perdu:
«( ... ). En arrivant là, le chemin se perdit. Il jeta un coup d'oeil et aperçut un rat. Il
entendit le rat chanter: "Mutubi, bonjour! ...". Il mit sa main dans sa poche et en sortit un
morceau de tubercule de manioc et le remit au rat Le rat prit le morceau de tubercule de
manioc et dit à Mumbwanga: "Voilà! Passe !" Mumbwanga regarda et vit un chemin tout
tracé». (Mu2, 641-653)
700
 3.4.4. Mumbwanga : un récit à trois types d'actants
Dans le récit de Mumbwanga, on distingue trois types de personnages qUI
appartiennent à deux camps opposés: celui de l'entreprise et de l'opposition.
Toute entreprise dépend du héros. Il s'agit ici de Mumbwanga qui représente le
premier type de personnage.
Le deuxième type est représenté par les alliés du héros qui lui sont évidemment
subordonnés. Il s'agit de son frère Yikafi et du rat dans la version Mu2. Ces alliés sont
des personnages d'importance inégale. Yikafi fait parler de lui grâce à certains exploits
qu'il a réalisés dans le cadre de l'entreprise. Les autres frères de Mumbwanga sont juste
cités.
En face du héros, il y a le représentant du camp adverse symbolisé par Diyéverekèsa.
C'est le principal opposant, celui avec qui le héros Mumbwanga a un duel à mort. Les
personnages du camp opposé constituent le troisième type.
3.5. La comparaison du récit de Mumbwanga avec le schéma épique
De nombreux auteurs ont proposé des schémas épiques en relevant, dans les épopées
les plus connues, des thèmes analogues ou identiques. C'est ainsi qu'on y rencontre, à
titre d'exemple, la naissance du héros par voie non naturelle et le combat avec un
monstre.
C'est avec le schéma épique élaboré par J. De Vries 1 que je comparerai l'épopée
Mumbwanga. Il s'agira donc de mettre en parallèle le récit de Mumbwanga avec les
thèmes contenus dans le schéma épique.
3.5.1. La naissance extraordinaire du héros
Comme Dyonisos qui naît de la cuisse de Zeus ou Athéna de la tête du même Zeus,
Mumbwanga naît par l'oreille de sa mère Maman Pungu dans les versions Mu1 et Met
par le genou dans la version Mu2 :
- «Mumbwanga dit : "Maman, montre-moi par où je vais sortir". La mère lui
répondit: "Comment? Sors par là où les autres sont sortis !" Mumbwanga était toujours
dans le ventre de sa mère quand il se mit à chanter: " ...". Mumbwanga dit : "Je ne
sortirai pas par le bas. C'est sale en bas. Maman, montre-moi par où je vais sortir". La
mère répondit: "Si tu veux, sors par le genou ou par le sein, ou bien par la bouche, ou
par le nez, ou par l'oreille. Sors par où tu voudras". il sortit par l'oreille». (Mu 1, 413-
427)
1. M.L. Ténèse cite les motifs de Jan De Vries dans «Du conte merveilleux», in Approches de nos
traditions orales, p. 47.
701
 - Mbwanga parle dans le sein de sa mère: «Je refuse de sortir par là où les autres sont
sortis". "Je refuse de sortir par là où les autres sont sortis parce que cet endroit est
mouillé", pousuit-il. La mère eut encore des douleurs. Les douleurs s'estompèrent.
Mbwanga sortit par l'oreille et alla tomber un peu plus loin». (M, 109-114)
- Mumbwanga chante dans le sein de sa mère: «Il se cramponna dans le ventre de sa
mère et chanta: "Je couperai! Je couperai 1. .. ". Il sortit de nouveau de son refuge et
chanta: "Je vais bientôt sortir! Je sortirai par le bas! En bas c'est étroit! Je sortirai par
l'oreille! L'oreille est étroite! Comment vais-je faire?" Il retrouva de nouveau son siège.
Il est toujours dans le ventre de sa mère (... ). La mère prit les mélanges d'aromates et les
cracha sur elle. L'eau sortit. Mumbwanga sortit par le genou. Un oeil gros comme ça.
Une taille petite comme ça». (Mu2, 485-512)
3.5.2. La croissance du héros
Très tôt, le héros révèle sa force et son courage. Ainsi Apollon, encore jeune, tue le
dragon Python. Vali, le dieu nordique, âgé d'une nuit, venge Balder.
A peine né, Mumbwanga demande à son père sa généalogie et veut aller à la recherche
de sa soeur Marundu.
- «Dès qu'il sortit, il gifla son père et lui demanda sa généalogie. Le père répondit:
"Quelle généalogie veux-tu que je te dise à toi qui viens juste de naître? Quel genre de
généalogie?" Mumbwanga rétorqua: "Indique-moi ma généalogie". Cette femme, quand
elle accouchait, mettait au monde une fille, puis un garçon. Chaque garçon naissait avec
sa soeur. Le nombre de garçons correspondait au nombre de filles. Mumbwanga naquit
tout seul. Il n'avait pas de soeur. Sa soeur était née bien avant lui. Il s'agit de Marundu,
celle que Diyébula Kasa a épousée. C'est pourquoi il demandait à son père de lui dire sa
généalogie (... ). Le guérisseur qui avait examiné la mère quand elle était enceinte, était
toujours là. Il était à l'autre bout du village. On dit: "Allez le chercher !" Le guérisseur
arriva et se mit à chanter: " ... ". Mumbwanga dit: "J'aniverai là-bas coûte que coûte. li
me faut à tout prix partir"». (Mul, 431-508)
- «Alors Mbwanga décida d'aller demander à sa mère et à son père la généalogie. Il
s'en alla donc et trouva sa mère et son père :
- "Vous qui nous avez mis au monde, n'avez-vous pas eu d'autre enfant?",
demanda Mbwanga.
- "Non, nous vous avons eus tout de suite et nous n'avons pas eu d'autre enfant
auparavant", répondit le père.
Mbwanga pointa son doigt vers son père. La nuque du père prit la place du visage et le
visage celle de la nuque. Comme il s'en allait, sa mère l'appela: "Viens donc ici !" Elle lui dit : "Nous avions déjà eu une première fille et elle se nommait Marundu ma De Nzambi. Elle a été épousée par un homme, il y a longtemps, et nous n'en savons plus rien. Nous ne savons pas si elle est morte ou vivante". Mbwanga dit: "C'est ma mère quisavait". (. .. ). Il s'en alla, chez un de ses frères. C'était le membre de la famille qui était guérisseur. Il s'appelait Terengiji. Mbwanga dit à Terengiji : "Fais la divination pour moi.
Je vais aller au pays Ngosi, sur les traces de notre soeur. Dis-moi si j'y arriverai ou non".
Terengiji l'écouta, alla chercher son paquet-fétiche et revint. Il se mit à chanter (... ).
Terengiji termina sa consultation. Mbwanga entra dans la maison, fit ses bagages et s'en
alla. Il se mit en route». (M, 152-188)
- «"Je veux suivre ma soeur là où elle est allée. Indique-moi le chemin ... ".
Mumbwanga dit: "Le grand frère Yikafi est revenu, il a fui. Mais moi, j'arriverai là où
ma soeur aînée Mamndu est allée. Je veux rencontrer Diyéverekèsa". Il alla dormir dans
sa maison. Très tôt le matin, il se leva et se mit en route». (Mu2, 608-618)
3.5.3. L'invulnérabilité du héros
Achille, le héros grec, ne peut être touché qu'au talon. Siegfried, le héros germanique,
est protégé par une peau cornée.
Mumbwanga ne jouit pas d'une invulnérabilité proprement dite. Mais, durant tout le
voyage au bout duquel il délivrera sa soeur Marundu des mains du monstre
Diyéverekèsa, Mumbwanga, qui doit lutter contre de nombreux ennemis et affronter de
nombreux obstacles, dispose d'une amulette et d'un objet magique pour sa protection. Il
a des paroles magiques et des chansons magiques qui l'aident à se sortir d'un mauvais
pas. Il reçoit des médicaments et de la poudre enchantés et bénéficie de l'intervention
surnaturelle spontanée pour sa résurrection.
3.5.3.1. Mumbwanga dispose de protections
- «( ... ). Il plaça sous sa peau une amulette. Il prit un objet magique et le porta».
(Mu2,623-624)
3.5.3.2. Mumbwanga a des chansons et des paroles magiques
3.5.3.2.1. Les paroles magiques
- «( ... ) et dit: "Maman Pungu ! Papa Nzambi ! Depuis que je suis parti très tôt ce
matin, je n'ai rien mangé! J'ai envie de manger maintenant". Une table apparut aussitôt».
(Mul,622-625)
- «(... ). Il attrapa Mutubi, il attrapa la femme, il attrapa le neveu. Il les tua. Il les
coupa en tout petits morceaux (... ). Tout le village était plein de sang. Mutubi Nzarnbi
réfléchit et dit: "Mieux vaut dormir que mourir"». (Mu2, 772-777)


 3.5.3.2.2. Les chansons magiques

Les versions de Mumbwanga comportent de nombreuses chansons. Je n'en retiendrai
que quatre extraits à titre d'illustration:
- «( ... ). Il arriva et trouva une montagne qui touchait le ciel. "Comment vais-je faire
avec cette montagne?" se demanda Mumbwanga. Il se mit à chanter:
* Eh oui ! J'irai !
* Mbwanga!
* Ah ! J'irai!
* Mbwanga!
* Je passerai la montagne!
* Mbwanga!
Dès qu'il enfonça les pelles, une route se trouva tracée. Il passa». (Mul, 704-711)
- «( ... ). La tortue répéta : "Tu dois d'abord présenter un laissez-passer".
Mumbwanga chanta :
* Eh oui! J'irai!
* Mbwanga !
* Eh oui! J'irai!
* Mbwanga!
* Ah ! Je passerai!
* Mbwanga!
Et il lui marcha sur une patte. La tortue s'affaissa aussitôt.» (Mu l, 886-890).
- «( ... ). Le chemin est perdu. Il chanta: "Je dormirai seulement 1. ..". Il jeta un coup
d'oeil et vit le chemin qui montait sur le Copaifera». (Mu2, 671-674)
- «( ... ). Il chanta:
* Soeur aînée Marundu, relève-toi!
* Mbwanga!
* Soeur aînée Marundu, relève-toi!
* Mbwanga !...
Dès qu'il releva sa soeur, celle-ci, qui était enceinte, accoucha de Bilombi». (Mu2,
778-781)

3.5.3.3. L'intervention surnaturelle spontanée
Quand Mumbwanga meurt, il revient à la vie grâce à une intervention surnaturelle spontanée: «Une certaine femme, qui était là, prit une corbeille et le frappa avec. Mbwanga mourut. Le vieillard dit: "Voilà, je t'ai tué". Quelques instants après,Mbwanga ressuscita». (M, 227-232)


 3.5.3.4. Les médicaments et la poudre enchantés
Lorsque Mumbwanga est tué, il ressuscite grâce à des médicaments et à une poudre
enchantés qui lui sont envoyés et qui lui parviennent:
- «Mumbwanga tomba raide mort. Il était là étendu. Son corps était plein de mouches
bleues et d'asticots. Le guérisseur, qu'il avait laissé au village, savait déjà ce qui était
arrivé. Il se mit à chanter: (000)' Pendant que le guérisseur chantait ainsi, les médicaments
étaient envoyés à Mumbwanga. Ils arrivèrent auprès de lui. Mumbwanga ressuscita
aussitôt»0 (Mul, 612-621)
- «(
). Papa Lenda dit: "Bilombi, fais de la poudre de padouk ! Oncle Mbwanga est
mort" (
). Il fit de petites assiettes avec des feuilles fraîches. Il mit la poudre de padouk
dans ces feuilles et l'envoya dans le mbanja. La pierre se fendit en deux. Mumbwanga
sortit». (Mul, 826-839)
3.5.4. La lutte contre un monstre
La lutte contre un monstre ou un dragon constitue un des thèmes les plus fréquemment
rencontrés dans les épopées. En effet, de nombreux héros sont connus pour leur lutte
contre le dragon. Parmi eux on peut citer Apollon, héros grec, qui vainc le dragon
Python, Siegfried, héros germanique, qui combat le dragon, et Persée, qui vainc la
Méduse.
Mumbwanga livre un combat au monstre Diyéverekèsa, son beau-frère.
- «( ... ). Les deux beaux-frères s'affrontèrent (.0')' Le neveu dit : "Attrape-le par le
dos pour qu'il devienne un anomalure". Dès qu'il prit son beau-frère par le dos, celui-ci
se transforma en un animal volant qu'on appelle anomalure. Il alla se balancer contre un
arbre et resta collé». (M, 298-304)
- «A peine étaient-ils allés d'ici à là-bas, que Diyébula arriva en disant: "C'est moi
Diyébula Kasa. Tu as aimé Diyébula Kasa, il faut maintenant rester avec lui". D'un coup
d'aile, il est à Lambaréné. D'un coup d'aile, il est à Port-Gentil. Mumbwanga le regardait
avec attention en se demandant: "Que fait-il ainsi?" TI sautait par-ci, il sautait par-là, il
sautait partout. Mumbwanga se mit à chanter: "Eh oui! J'irai! ... J'ai agité le poing ... Je
frapperai avec un vieux coutelas 1. .. ". Il frappa Diyébula avec le vieux coutelas mais
Diyébula ne veut pas mourir. Il l'attrape par le cou et le tord. Diyébula rend l'âme
aussitôt». (Mul, 853-868)
- «( ... ). Son beau-frère et lui s'affrontèrent de nouveau. Mumbwanga tua
Diyéverekèsa». (Mu2, 795-796)
705
3.6. Conclusion
Au tenne de la confrontation du récit de Mumbwanga avec le schéma épique de J. De Vries, on constate que plusieurs thèmes communs aux épopées se rencontrent dans ce récit. On peut donc considérer Mumbwanga comme étant un récit épique.
706

Feb 7, 2015

Guy Roger Nzamba
"Petit-pélé,
le fils du shabbat...
Le bourreau
des camerounais a la Coupe de la CEMAC..
"

Feb 2, 2015

Le Saviez Vous?La signification du nom Kumba

Kumba décomposé on a : KU qui veut dire "Luminosité" et MBA qui veut dire "Qui vient de DIEU" donc KUMBA signifierait aussi la luminosité Divine; mais qu'est ce qui produit la luminosité c'est le Soleil, KUMBA est la lumière solaire......Quant à l'autre signification, elle relève de l'histoire des jumeaux MARUNDU na MBUMBE, MARUNDU la Déesse de l'amour et MBUMBE la Déesse de la guerre.

Jan 31, 2015

Dictionnnaire punu


De A à E

A
abi (pl): ces, celles, ceux-ci, ceux-là, celles-ci, lesquel(les), ex: bo bikutu abi (prends ces vêtements); bikutu abi ? (S'agit-il des ces vêtements [ceux-ci]?); bikutu abi ? (De quels vêments s'agit-il [lesquels] ?). N.B. : en fonction de la classe nominale (mu (sg)/ ba (pl) - mu (sg)/mi (pl) - i ou yi (sg)/bi (pl), etc.) du vocable concerné; dans tous les exemples que nous avons choisis il s'agit du vocable bikutu,(habits, vêtements) dont la classe nominale (pl) est bi-. Pour les vocables ayant d'autres classes nominales on obtiendra les résultats suivants: mu-/mi- : awu (sg)/ami (pl); i- ou yi-/bi- : ayi (sg)/ abi (pl); di-/ma- : adi (sg)/ ama (pl); etc.
abibi (pl): ceux-ci, ceux-là, celles-ci, celles-là. Pour d'autres formes: adidiamimiawuwu, etc.
awu (inv): inetrjection servant à exprimer le mépris, l'incapacité,
ayi (inv): interjection servant à exprimer la douleur, les remords, etc.
ayii (inv): mot-phrase pouvant se traduire en français: "Qu'est-ce que c'est ?" ou "Qu'y a-t-il ?" ou encore "comment?"

B.
Baa/ bee ! (inv): interjection pouvant se transcrire en français "oups !"
Baale (sg): grand-père, désignation affective du grand-père par son petit enfant; pourrait être l'équivalent du français papy. La forme plurielle, babaale, est très peu usitée.
Baale (sg), babaale (pl): balle, type de cartouche fabrication traditionnelle généralement utilisé pour abattre des éléphants.
Balu (sg), babalu (pl): ballon; emprunté au français.
Bare (sg), babare (pl) : bar dancing, bistrot emprunt au français bar.
Beenge (inv) : couleur rouge et toute ses variantes; mubeengi: personne négro-africaine claire de peau.
Benge (sg), babenge (pl): patate.
Bidughi/biduyi (inv.): vue trouble. Métaph. « …les ténèbres totales… ».
Bidunge (inv.) : les profondeurs, les bas fonds.
Bigari (inv.) : entrailles, intestins mot invariable, toujours au pluriel.
Bikooli (inv.) : cris, réclamation, plainte.
Birambi (inv.) : les soupçons; exemple: ane biraambi "il/elle est soupçonneux (se)".
Birangumunu (inv.)  : fait de citer les bienfaits de qqn.
Bitoli (inv.) : 1. Reproches ; vient du verbe utole : faire des reproches.  2. Cherche merde. Exp. Wu ghe gharu na bitoli. (Tu aimes les embrouilles !)
Bitsyami (inv.) : enterrement ou cimetière(s).
Boku (inv): coup de tête.
Budilu (inv): fer, acier
Buduke (inv): manquer d'intelligence; yiduke: personne sans intelligence.
Bufiere (inv): fait d'être prétentieux, hautain, etc.
Bukooli (inv.) : fait de faire du commerce.
Bukulu (inv): généalogie.
Bukulu (inv): variété de plante aigre de couleurs verte ou bordeau commestible communément appelée oseille; sa fleur sert à la fabrication du sirop ou du jus de bisap.
Bulawu (inv): folie.
Bulwalu (inv): fait d'être turbulent, manquer de sagesse, etc.
Buraandu (inv.) : ségrégation, séparation.
Buraangue (inv.) : tranquillité, paix. ( syn.): polu.
Butambe (inv) : terre, sol, poussière.
Busaambe (inv) : pilosité faciale (barbe, moustache et favoris)
Busine (inv), richesse, prospérité.
Bwaali (inv.) : terme générique désignant toute forme d’affection ou de maladie. Maali(pl). Bwali yi wi beeli ? 1. De quoi souffres-tu exactement ? 2. Qu’est-ce qui ne va pas chez toi ? (syn.): keendzu.
Bweeli (inv): l’après-midi ; ike bweeli : à nous revoir cet après-midi !

D
Deke (inv) : peu. (Syn): Pesu. Exemple: Mwaa deke (pesu) : très peu.
Demu (sg), bademu (pl.): démon, quelqu'un de maléfique, emp du français démon.
Diabu (inv.): le diable, Satan.
Diambu (sg), maambu (pl.): problèmes
Dibaale (sg.), babaale (pl.): homme, être de sexe masculin.
Dibabe (sg), mababe (pl): sourd ou sourd-muet.
Dibale (sg.), mabale (pl.): parasolier (essence arbustive des forêts équatoriales et tropicales).
Dibake (sg), mabake (pl.): marque, signe distinctif.
Dibaku (sg),  mabaku (pl.): faux pas, mégarde.
Dibange (sg), mabange (pl): joue.
Dibelu (sg), mabelu (pl) : cuisse. par extension, prostituée.
Dibeenyi (sg), mabeeenyi (pl): sein, mamelle.
Dideghe (sg), madeghe (pl) : sorte de poissons d'eau douce.
Dufubu (inv): défunt, feu...
Dufunu (inv): le prix, la valeur;
Dighale (sg), maghale (pl) : charbon de bois.
Digholu (sg), magholu (pl) : tabac.
Dighoondi (sg), magoondi (pl) : banane, bananier.
Dighumbe (sg), maghumbe (pl): cadenas.
Diighe (sg), miighe (pl) : termitière.
Dikaalu (sg), makaalu (pl)  :vélo
Dikabu (sg), makabu (pl) : portion.
Dikake (sg), makake (pl): main, paume de la main.
Dikeku (sg), makeku (pl): 1. molaire, 2. caries.
Dikolu (inv.) : sorcellerie, acte de sorcellerie.
Diku (sg), maku (pl): roche utilsée pour construire le foyer.
Dikulu (sg), makulu (pl): pied.
Dikuse (sg), makuse (pl): derrière la maison.
Dikondzi (inv), makondzi (pl): ananas.
Dikongu (sg), makongu (pl): lance.
1. Dikotulu (sg) makotulu (pl) : entrée.
2. Dikótulu (sg), makótulu (pl): genou
Dikuku (sg), (makuku (pl) : écorces d’arbres.
Dikulu  (sg) makulu (pl):
1. Roue : dikulu di lotu : la roue de la voiture ; dikulu di dikuumbi : la roue de l’avion ; makulu ma dikaalu : les roues du vélo.
2. Pied.
Dikuumbi (sg), makuumbi (pl) : avion.
Dikundu (inv) : sorcellerie, envoûtement, enchantement.
Dikutu (sg), makutu (pl) : poteau ou piquet pouvant servir à construire une barrière, un enclos.
Dikwaale (sg), makwaale (pl) : carpe.
Dikwili (inv): veuvage, période de veuvage.
Dikwilisi (sg) makwilisi (pl): idiot, cancre, simple d’esprit
Dikyelu (sg) : guerre, conflit armée ; mot très usité chez les Punu du Congo.
Dilaange (sg), malaange (pl): tarot.
Dilaghu (sg), malaghu (pl): fou, folle. Bulaghu : folie. Ulawughe : (vb) devenir fou.
Dilenze (inv) : mépris.
Dilime (sg), malime (pl): lime.
Diloondu (sg,) maloondu (pl) : débarcadère, barque.
Diloongi (sg), maloongi (pl): conseil, recommandation.
Dimengi (sg), mamengi (pl): forme rouge du soleil.
Dine (sg), mine (pl): nom.
Dinoonge (inv): entente, accord; par extension: amitié. e
Dinu (sg), minu (pl): dent.
Diraangi (sg), maraangi (pl) : fesse, postérieur.
Dirangulile (sg), marangulile (pl) : bienfait accordé qui suscite l’admiration ou la louange.
Diroonde (sg), maroonde (pl) : amant.
Disaku (sg), masaku (pl) : campement.
Disale (sg), masale (pl) : rosée.
Disambu (sg), masambu (pl) : sardine.
Disyale (sg), masyale (pl) héritage (mot le plus souvent au sg, masiale, le pl, est peu usité.
Disyere (inv): épilepsie.
Disuku (sg), masuku (pl) acclamations; exemple : usighe masuku, traduction: acclamer.
Ditaghe (sg), mataghe (pl) : poisson courant.
Ditambi (sg) matambi (pl): ensemble constitué par les orteils, le coup de pied, la plante du pied et la talon ; tsi ditambi : la plante du pied.
Ditange (sg), matange (pl): fontaine publique ou robinet.
Ditengu (sg), matengu (pl): revenant, fantôme, spectre.
Ditoghu/ ditowu (sg) matoghu/ matowu (pl) : natte à coucher.
Dituudji (sg), matuudji (pl): oreille.
Dituumbe (sg), matuumbe (pl) : dispute, bagarre, lutte.
Ditsughe (sg), matsughe (pl): à l'origine, motte de terre servant à poser la marmite; puis tout support sur lequel on peut poser un objet contenant des aliments à cuire ou de l'eau.
Divuvu (sg), mavuvu (pl): gorge.
Diwavi (inv) : jalousie (se dit d’une femme ou d’un homme jaloux ; possessivité).
Djulu (inv): hauteur; par extension, le ciel.
Doli (sg), badoli (pl) : argent; mot emprunté à l’anglo-américain dollar.
Dubaange (sg), mbaange (pl) : noix de palme ou bourses.
Dubaandze (sg), mbaandze (pl) : flèche,
Dubaandzi (sg), dubaandzi (pl): côtes, côté.
Dubandzi (sg), babandzi (pl): mouche.
Dudjabu (inv): la connaissance.
Dufu (inv.) : mort, décès.
Dufubu (inv) : défunt. Syn. Mvuumbi/mfuumbi. Par respect pour leurs morts, les Punu ne prononcent leurs noms dans les conversations ; ce mot est alors employé comme substitut nominal.
Dughadji (sg), maghadji (pl): feuilles, feuillage.
Dughumunu (sg), kumunu (pl) : sorte de châtaignes.
Dukane (sg), bakane (pl) : irruption cutanée comparable à la gale.
Dumbulusu (sg), mbulusu (pl): petite insect volant de la famille de la mouche.
Dumungi (inv): brouillard, brume; métaphorique: confusion, absence de discernement.
Dungaanzi (sg), ngaazi : racine.
Dungatsi (sg), ngatsi (pl) : noix de palme.
Dungeli (inv): clitoris.
Dunyuru (sg), manyuru (pl) : corps.
Duroondu (inv) : amour, affection, tendresse.
Duru (sg), nyuru/nyutu (pl) : cuillère.
Dusaambu (sg), tsaambu (pl) prière, invocation ;
Dutsi (inv) : éternuement.
Dutsine (sg), batsine/tsine (pl) : poux.
Dutsongu (sg), batsongu, tsongu (pl) clou.
Duumbu (sg), nyumbu (pl) : chant, cantique.
Duvutu (sg), putu (pl) : maïs.
Duvuve (sg), puve (pl): raffia.
Dyaki (sg), maki (pl): oeuf; autre possibilité: dikedji (sg), makedji (pl).
Dyali (sg), mali (pl): citron.
Dyambu (sg), maambu (pl): problème, affaire. A). dyambu yi ? « qu’est-ce qui se passe ? » ou « qu’y a-t-il ? » - maambu ma manyuru maami : « ce genre de chose n’arrive qu’à moi » ; « une fois de plus, il fallait que ça tombe sur moi ». B). Mambu : nom propre très répandu dans le sud du Gabon et du Congo ; on le retrouve chez les Punu, les Lumbu, les Varama et les Vili.
Dwaabi (sg), nyabi (pl) : ceinture qui sert à porter des hottes que les femmes passent sur la tête.
Dwaale (sg), nyale (pl) : doitg ;. nyale tsi makake : les doigts des mains ; nyale tsi makulu : les doigts des pieds (orteilles).
Dwaanu (inv): village de la Nyanga situé à une centaine de kilomètres de Tchibanga, sur l'axe routier Tchibanga-Libreville, plus connu sous le nom officiel de DOUANO.
Dweedji (inv): état de ce qui est sucré; méth: bon, délicieux.
Dweendu (inv): allure d'un pas.
Dweengu (sg), nyengu (pl): casserole, marmite.

De F à J

F
Fufudi (inv): quantité pléthorique.
Fule (inv): poudre à canon.
Fumu (sg), bafumu (pl): maître, seigneur, etc.
Fure (inv): argent; empr. au français franc.
Fuundu (inv): apparté, conciliabules, secret.
Fwaale (inv): la France, la langue française; yifwaale autre vocable possible pour désigner la langue française.

Gh : ce son se prononce [ɣ] comme la jota espagnole; nous avons choisi d’associer les lettres g et h pour le représenter graphiquement. En yipunu, il n’y a pas de son g. La consonne g souvent notée dans de nombreux mots, en réalité, n'existe pas en yipunu.
Ghari (inv.): intérieur, par extension, estomac.
Ghari (inv.): maladie intestine d’origine mystérieuse ; probablement, mal d’estomac.
Ghome (inv) : la peur, crainte de…
Ghoole (inv): l'or; il est possible que ce soit un emprunt au français pour désigner le précieux métal.
Ghoore (sg), baghore (pl): gendarme; par extension: forces armées; mot emprunté au français Goré, île du Sénégal d'où venait les premiers éléments qui formaient la police coloniale.
Ghoru (sg), baghoru (pl): injure; exemple: ghorwaa ! (imbécile !).

I
Le son i est sans conteste une voyelle du yipunu. Cepedant, pour classer les mots dans notre "petit dico", il est difficile aujourd'hui de choisir entre i et y  pour noter le début de nombreux vocables car en fonction du lieu, de l'âge des locuteurs et du rapport qu'ils ont à la langue, certains locuteurs diront: [ivale], [ivele], [iraange], alors qu'ailleurs on dira: [yivele], [yiraange], [yiraange].
Iraange (sg), iraange (pl): famille, clan, parenté, maison, etc.
Ivale (sg), bivale (pl) : arbustre.
Ivale (sg), bivale (pl) : personne ayant épousé quelqu’un dans la même famille que vous.
Ivele (sg), bivele (pl): chute d'eau; exemple : ivele yi mitungu : nom de la chute d’eau sur le fleuve Nyanga près du village Banda-Mamba, dans le département de la Doutsila.

De K à O

K
Kaaghe (sg) : grand-parents ; bakaaghe (pl) ; kaa musaavu (grand-père Mousavou).
Kaande (inv) : entêtement, désinvolture ; faire les choses expressément.
Kaandu (sg) : épouvantail ou fétiche placé devant une clôture ou une plantation pour dissuader d’éventuel voleur makaandu (pl). peut également être enfoui devant la maison pour « protéger » les habitants d’éventuels attaques mystiques.
Kaangi (sg), bakaangi (pl): feu de brousse.
Kabu (sg), makabu (pl): colère, iritation ; kabu nzambi : la colère de Dieu ; nom d’un village du sud du Gabon.
Kale (sg), bakale (pl) : crabe.
Kali (inv): goût salé.
Kaki (inv): tonnerre, foudre.
Kase (inv): démageaisons.
Ketu (inv.) diminutif, marque le sexe féminin : Ex. koku ketu, la poule ; koku mbaale, le coq.
Kodu (sg), bakodu (pl): 1. Nuque. 2. Quartier de la ville. 3. Bout Morceau.
Kooghu/ koowu (inv.) : termite ; également employé comme nom propre chez les Punu du Gabon.
Koku (sg), bakoku (pl) : poule ou coq.
Kole (sg), bakole (pl): montre, horloge.
Kooli (sg), bakooli (pl), : commerçant; bukooli (sg, inv): le commerce.
Koongu (sg), bakoongu (pl) : sorte d’antilope.
Konongu (sg), makonongu (pl) : coudes.
Kule mudji (inv): au coin du feu.
Kumu (inv) : savane.
Kumunu (pl): noisette; dughumunu (sg) est peu usité.
 Kuunze (inv): paille.

L
Lotu (sg), balotu (pl) : automobile, voiture ; empr. au français.
Luwu ou lughu (inv/sg) : route; vocable très ancien, particulièrement utilisé dans la province de la Nyanga; syn: nzile.
Lyamba (inv) : marijuana.

M
Maambe (inv.)  eau.
Maame (sg), bamame (pl): maman ; ma (abr.).
Mudjaambe (sg), midjaambe (pl) : ruisseau, tout cours d’eau de petite taille.
Maghene (inv/pl): panthère.
Makanisi (inv.) : mécanicien (emprunté à la langue française).
Maswasu (inv): rapidité.
Mataambe (inv): le fait de rapporter.
Matsange (pl) : larmes (mot souvent employé au pluriel ; cependant, le singulier (ditsange) existe.
Mavavage (inv.) : expression signifiant : se précipiter ou faire n’importe quoi, agir à l’emporte pièce; exemple : wu ya va mavavage (ne fais pas n’importe quoi).
Mbaangele (sg), bambaangele (pl) : herbe brûlée de la savane.
Mbaatsi (sg), bambaatsi (pl) : amis ; yimbaatsi : amitié.
Mbale (sg), bambale (pl) : igname.
Mbale (sg), bambale (pl) : chat huant.
Mbari (sg), bambari (pl) : palmier.
Mbasu (sg), mambasu (pl) : nez ; minu mi mbasu : narines.
Mbate (sg), mambate (pl) : gifle. Udiimbe mbate : gifler.
Mbeeli (sg/pl) : couteau. Syn. Dibaghe.
Mbeengi (sg), mambeengi/bambeengi (pl): ravin, ravine.
Mbiri (sg/pl) : aigle, peu-être épervier.
Mbughe (inv) : frais de bouche.
Mbule (inv) : jus du palmier et fermenté; on parle également de "vin de palme".
Mubi (sg), babi (pl) : 1. mauvais méchant. 2. Laid. Antonyme: muboti : beau, jolie.
Mukaku (sg), mikaku (pl) : délimitation faite autour d’un espace cultivable (jardin, plantation, champs, etc.).
Mbule (inv) : boisson fermentée issue du jus de palmier (communément appelé vin de palme).
Mbule koku (inv): chat huant.
Mbure (sg), mambure (pl) : lieu, place.
Mbuuku ! (inv): tempis.
Mbuunge (inv) : odeur.
Mbwelili (sg), bambwelili (pl) : étoile.
Miinzi (inv): lycaon.
Muboge (sg), mibogue (pl) : vers intestinaux,
Mudunge (sg), midunge (pl) : trou (dans le sol), terrier. Un autre vocable est employé pour désigner d'autres sortes de trou: dilute (sg), malute (pl).
Mugatsi (sg), bagatsi (pl): épouse.
Mugetu (sg), bagetu (pl) : femme, jeune fille, être de sexe masculin.
Mukase (sg), mikase (pl) : chicotte, fouet.
Mukolu (sg), mikolu (pl) : nuit.
Mukondu (sg), mukondu (pl) : coton (probablement un emprunt au français.
Mukoondu (sg), mikoondu (pl) : détour.
Mukudu (sg), mikudu (pl) : corde, ficelle.
Mukutu (sg), mikutu (pl) : nourriture de la veille ; généralement, à réchauffer.
Mukwang ?
Mukwaati (sg), mikwaati (pl): machette, coutelas.
Mulosi (sg), balosi (pl) : soricier.
Munongu (sg), (pl): qualité, genre.
Munoongu (sg), minoongu (pl): nez protubérant.
Mumbambe (sg) mimbame (pl) route, responsanble de sortilège.
Muru (sg), miru (pl) : tête, sommet ; muru kwaange: mal de tête.
Musomu (sg), misomu (pl): fourchette.
Musuudu (sg), misuudu (pl) : petite hotte servant à transporter les vivres ou les bûches, généralement portée par des adolescents.
Musulu (sg), misulu (pl) : purée, bouillie.
Musunzu (sg), misunzu (pl) : anus. Selon les régions, on dit aussi : muguvi (sg), miguvi (pl).
Muswari (sg) miswari (pl) : foulard.
Mutoru (sg), mitoru (pl) : entonnoir.
Muvavi (sg), mivavi (pl) : rassembleur.
Muvumu (inv), souffle, respiration, souffle vital.
Muvusi (sg), mivusi (pl): pet.
Muweeli (sg), miweeli (pl): mois ; syn ngoondi.
Mwaaghe (sg), myaaghe (pl) : jeune pousse de bananier.
Mwane (sg), baane (pl): enfant.
Mwanzu :
1. Mwanzu (sg), myanzu (pl) : balais fait de brindilles, tiges de palmier ou de cocotier.
2. Mwanzu (sg), myanzu (pl): plainte faite à la criée, généralemen, pour conjurer un sort.
Mwiile (sg), miile (pl) : fleuve, rivière.
Mwooni (sg), myoonyi (pl): poiles.
Myaangle (pl, inv.): venin.

N
Ndaghe (sg), bandaghe (pl): branchies du poisson.
Ndawu/ndaghu (sg), mandawu (pl): maison, tout type d'habitation.
Ndeleku (inv) : jeu traditionnel punu semblable au football.
Ndilu (sg), mandilu (pl): limite, frontière.
Nduli (inv) : amer, amertume.
Ngaandu (inv): 1. caïman 2. inaccessible, calme, impérturbable, intouchable à l’image du caïman.
Ngeenge (sg), bangeenge (pl):
Ngile (sg), bangile (pl): sépulcre.
Ngole (sg), bangole (pl) : silure, poisson chat.
Ngongule (sg) : la gorge ; bangongule (pl).
Ngoondu (sg), bangoondu (pl): toucan.
Ngoongule (sg), bangoongule (pl): mille pattes.
Ngudji (sg): mère, membre de la famille ou du clan maternel ; bangudji (pl) membres de la famille ou du clan maternel.
Ngűdji (sg), bangűdji (pl) : potamochère. Ex : tu tsi boka ngűdji moosi (nous avons tué deux potamochères).
Nguumbe (sg), banguumbe (pl) : porc-épic.
Ngwali (sg), bangwali (pl) : perdrix. par extension, chant de la perdrix; exemple: ka ngwalyo ! (trad) au revoir ! Le sens véritable est : à nous revoir au lever du jour, au moment où chante la perdrix.
Nyoge (sg), banyoge (pl): serpent.
Nyongi (inv): regret, amertume.
Ndzale (inv): envie, désir.
Ndzale (inv): faim.
Ndzaande (inv): toile d'araignée.
Ndzaange (inv): petit instrument de musique traditionnel.
Ndzobu (inv): civette.
Ndzoondu (sg), banzdoondu (pl): coccyx.
Ndzile (sg), manzile (pl) : chemin, route, passage.
Ndzutsi (sg), bandztis (pl): chat.


De P à T

P
Paghe (sg), paghe/bapaghe (pl): résine généralement utilisée pour faire des torches.
Paghe (sg), mapaghe (pl) : doute; utumune paghe : défier.
Paange (sg), bapaange (pl) : chaîne, chaînette pour bijou.
Pale (sg), bapale (pl): rivale, co-épouse.
Peru (sg), baperu (pl) : branche servant à fabriquer des pièges; peru budilu (fig): celui qui ne peut plier, ne s’incline pas. (personne qui a de la veine).
Peele (sg), bapeele (pl) : pèle emprunt au français.
Peengue (inv.): menton.
Piinze (inv): seul, exemple: Wu ya syale piinze. (Ne reste pas seul).
Pite (inv): arc, arbalette.
Poongu (inv.): section tendre d'une canne à sucre.
Poonzi (sg), bapoonzi (pl): hotte servant au transport des produits champêtres.
Potu-potu (inv): boue; fig. purée.
Puungu (inv) : Libreville, capitale administrative du Gabon.
Pure (sg), mapure (pl) : plaie, blessure.
Putu (pl), duvutu (sg): maïs.

T
Taadji (sg), bataadji (pl) : père, membre de la famille ou du clan paternelle.
Taandu (inv.): les hauteurs, le morne, etc.
Tatsi (sg), batatsi (pl) : mandataire, homme de main dans un fait d’envoûtement.
Tsaande (sg,) matsaande (pl) : étoffe, pagne.
Tsibitsi (sg), batsibitsi (pl) : forme de rongeur.
Tsisighe (sg), matsisighe (pl) : début de soirée.
Tsuwu/tsughu (sg), matsuwu/matsughu (pl) : maison carcérale, prison.
Tulu (inv): pointrine.

De U à Z

Ubale (vb) : déblayer un espace avec une machette
Ubale (vb) : action de briller. Ex : nyangu ma bale (le soleil brille ou le jour s'est levé )
Ubande (vb) : commencer
Ubaande (vb): choisir une épouse
Ubaande (vb) : se plaindre de douleurs
Ubaande (vb): enfoncer un clou..., (syn.) ughomine
Ubake (vb): 1. Faire des marques sur son chemin pour se repérer. 2. Faire des marques sur le corps pour transmettre un pouvoir surnaturel
Ubare (vb): grimper
Ubate (vb) : se présenter promptement
Ubateme (vb): être serré
Ubatige (vb) : serrer
Ubeteme (vb): se poser; se dit des oiseaux lorsqu'ils se posent sur une branche d'arbre
Ubile (vb) : saluer
Ubile (vb) : essayer, tenter, oser de faire qqc. Vb toujours employé à l’impératif. Ex : bile ! (Oses ! et tu verras ce qui t’arriveras). Du ya bila ! (N’essayez pas de le faire…). Bile bile ! (N’y pense même pas !)
Ubilesene (vb): se saluer mutuellement
Ubilulie (vb): se saluer à nouveau
Ubise (vb): fait pour un piège de se relacher avec ou sans prise
Ubive (vb) : être moche, laide, devenir mauvais, etc.
Ubivise (vb) : rendre moche, enlaidir, etc.
Uboke (vb): tuer
Ubole (vb): pourrir
Uboole (vb): ramasser
Uboonde (vb): bercer
Ubule (vb) : briser, casser un objet; ubul bipel (devenir fou)
Ubunge (vb): gaspiller, gâcher
Ubuunge (vb): bouger énormement en dormant
Ubuse (vb) : refuser
Ubuunde (vb): former ancienne des verbes méler et mélanger
Ubure (vb): 1. Acoucher; provoquer la naissance de... 2. Mettre bas
Ubundile (vb): accuser
Ubuunge (vb): bouger, se déplacer. syn: usisene
Ubwaghe (vb): jetter , balancer par dessus...
Ubwaghile (vb): jeter à qqn qqc
Ubwawulile (vb): jeter à nouveau
Ubwaghise (vb): faire jeter par qqn
Ubyatse (vb): consacré à, adouber.
Uduunde (vb): laisser tomber, abandonner
Udute (vb) : attirer, tirer, tirailler, etc.
Udure (vb): boire d’un coup. syn : urute
Udute (vb): tirer, atirer
Uduunge (vb): faire un tour
Ufu (vb): mourir, dépérir
Ufughe (vb): coiffer quelqu'un
Ufune (vb): faire la cours à...
Ufure (vb): mentir
Ufurighe (vb): plier
Ufute (vb): payer, dans certaines situation, rembouser
Ufuule (vb): récolter, déterrer les racines (manioc, ignames, etc.)
Ufuunde (vb): trahir
Ufwaame (vb): se jetter dans les bras de...Ughake: mordre
Ughale: démentir
Ughaande (vb): jurer de ne plus accorder son aide à ...
Ughabe (vb): partager, répartir
Ughaghe (vb): construire un barrage, encercler, etc.
Ughake (vb): mordre
Ughale (vb): démentir
Ughàle (vb): être dur
Ughane (vb): promettre
Ughanine (vb): dire aurevoir
Ughanesene (vb): se dire aurevoir
Ughase (vb): maigrir
Ughase (vb): mâcher.
Ughele (vb): médire, critique
Ughobule (vb) : cracher
Ughoghe (vb): se dit du déplacement des reptiles; mughoghe (sg), mighoghe (pl): sillage, trace laissé par un reptile
Ughoke (vb): faire des grillades
Ughobule (vb): recracher
Ughoobule (vb) : sauver, racheter
Ughodjule (vb): mâcher, mâchouiller
Ughoke (vb): griller des aliments
Ughoombule (vb): balayer
Ughombutse (vb): faire balayer
Ughomine (vb): clouer
Ughoonge (vb): dévier
Ughongise (vb): faire dévier
Ughubule: dépoussiérer, secouer des vêtements
Ughumughe: se sécher
Ughumuse: faire sécher
Ughure: frotter de façon insistanteer, dire du mal de...
Ukake (vb) : désherber…avec une machette, une pelle, une houe
Ukaale (vb) : rétorquer, répondre du tic au tac ; ukalule : rétorquer à nouveau
Ukaande (vb) : 1. Encercler, encadrer. 2. Protéger une parcelle, une maison avec des sortilèges
Ukeele, ukelise (vb) : attendre, patienter
Ukelesene (vb pron) : s’attendre les uns les autres
Ukete (vb) : faire le guet, épier, attendre au tournant
Ukebene (vb) : faire attention
Ukoke (vb) : diriger, gouverner
Ukokemune (vb) : frapper à la porte
Ukoole (vb) : crier à tue-tête
Ukoonde (vb) : ne pas arriver à ..., être incapable de
Ukoondughe (vb) : Rebrousser chemin
Ukongeme (vb) : fait pour un enfant d’apprendre à marcher.
Ukootule (vb) : récurer.
Ukote (vb): entrer.
Ukotile (vb): entrer par...
Ukotise (vb): faire entrer.
Ukotsule (vb): tousser.
Ukotulil???? (vb): entrer à nouveau.
Ukungise (vb): chasser de...
Ukuteme: se prosterner, s'agenouiller.
Ukutighe (vb): faire s'agenouiller.
Ukutùle (vb) : frotter jusqu’à abîmer.
Ukutule (vb) : réchauffer la nourriture de la veille.
Ulaame (vb) : copuler, avoir des rapports sexuels.
Ulaange (vb): être saoul.
Ulaave (vb) : s’étendre.
Ulavise (vb) : faire étendre.
Uleve (vb): dans uleve pesi, jurer de ...
Ulile (vb) : pleurer, pleurnicher.
Ulyome (vb): être propore.
Ulyomise (vb): rendre propre.
Uloghe (vb): ensorceler, envoûter.
Uneenge (vb): apprendre.
Uneendze (vb): enseigner, former, transmettre...
Unoghe (vb): pleuvoir.
Unoonge (vb): enfoncer un objet pointu (couteau, lance, flèche, etc.).
Unyake (vb): déféquer, faire caca. syn: unene.
Unyoonge (vb): avoir des regrets.
Upale (vb): sortir
Upalise (vb): faire sortir
Upatughe (vb): s'échapper des mains.
Upatule (vb): arracher.
Upotule (vb): envelloper, emballer.
Upule (vb): pâlir
Upulise (vb): faire pâlir
Uraambe (vb): piéger.
Uraange (vb) : compter, calculer.
Urale (vb) : dépecer un animal.
Urelme (vb): se (re)lever.
Ureke (vb): rire (de), s'amuser.
 Urese(vb): faire de la divination.
Uresi (sg): riz; emprunt possible à l'anglais rice. Le pluriel, miresi, est très peu usité.
Uriine (vb) : fuir, s’enfuir.
Uriinise (vb) : faire fuir
Uroge (vb) : bouillir
Urogise (vb) : faire bouillir.
Urooghe (vb): grossir.
Uroke (vb) : piler. (1). Urok dituke di mipal : piler une boulette de bananes. (2). Uroke mbaatsi na bigab. Rouer un ami de coups de poings.
Uroogise (vb) : faire grossir, développer, donner plus de volume.
Uroombe (vb): chercher.
Uroonde (vb) : aimer, apprécier, dans certains contextes, vouloir…
Uroondise (vb) : faire aimer.
Uroonge (vb) : ronfler.
Urute (vb) : boire avec avidité.
Uryaabe (vb) : fendre du bois. Fig. battre de coup quelqu’un.
Uanesa (vb): s'amuser, jouer.
Usale (vb) : travailler.
Usale (vb) : choisir, élire.
Usamune (vb) : prêcher la bonne nouvelle, l’évangile.
Usave (vb): avouer.
Usiale (vb) : rester.
Usile (vb) : laisser, syn. Uduunde.
Usilme (vb) : dormir, copuler; ( Syn.) Ulaame.
Usole (vb): débroussailler; masoli: saison du débroussaillage, entre juin, juillet et août.
Usome (vb) : s’en aller, partir ; syn. Uweende.
Usomughe (vb) : faire une projection astrale.
Usomune (vbi) : retirer mystiquement la substance vitale de qqn ; tuer mystiquement qqn et attendre un événement qui serve de prétexte à cette mort.
Usoombe (vb): emprunter qqc.
Usoongue (vb) : copuler, faire l'amour.
Usube (vb): uriner.
Usule (vb) : transformer en purée.
Ususe (vb): laver, nettoyer, rincer.
Usulemughe (vb) : fondre.
Usulemune (vb) : faire fondre.
Usundme (vb), usundughe (vb): descendre.
Usungighe (vb): rendre droit.
Usungme (vb): être droit.
Utaande (vb): compter. syn. utale.
Utaande (vb): déclamer.
Utabule (vb): couper, trancher.
Utate (vb) : se plaindre (de douleur).
Utale (vb) : étaler, dresser une table pour la vente de produits etc.
Uteghe (vb): puiser; exemple: uteghe maambe "puiser de l'eau".z (vb): dire.
Utsune (vb): regarder.
Utsungule (vb): blesser.
Utoghe (vb): se battre.
Utoghe (vb): être lassé.
Utole (vb) : reprocher constamment.
Utsire (vb): être lourd.
Utsirise (vb): alourdir.
Utsyemughe (vb): disparaïtre.
Uvaghe (vb): faire.
Uvare (vb) : planter. Yivaru bivaru . plant.
Uvarile (vb) : planter pour quelqu’un.
Uvarile (vb): abuser (de).
Uvawulile (vb): refaire.
Uveeghe (vb) : donner.
Uveeme (vb): être blanchi.
Uvemise (vb): blanchir.
Uveende (vb): lécher.
Uvere (vb): tuer à coup de fusil.
Uvine (vb): detester, haïr, etc.
Uvise (vb) : faire cuire des aliments.
Uvole (vb): se taire, se calmer, être apaisé
Uvote (vb): voter, emprunter au français voter.
Uvotse (vb): souffler; 1. Souffler sur des alimments chauds dans le but de les reffroidir; souffler sur quelqu'un qui se plaint de douleurs... 2. Faire taire quelqu'un qui pleur. 
Uvughe (vb) : frapper en se servant d'un éventail. Fig. frapper comme si on se servait d'un éventail.
Uvule (vb) : déshabiller
Uvulise (vb) ou uvuutse (vb): faire déshabiller.
Uwake (vb): répondre, répondre avec insolence.
Uwaare (vb) : fortitier.
Uwaarie s(vb) : faire fortifier, encourager
Uweende (vb): partir, s'en aller.Uvuule (vb): déshabiller(se)
Uweendise (vb): faire partir quelqu'un ou quelque chose quelque part.
Uyire (vb) : faire boucaner de la viande; par extension: frapper sèchement quelqu'un.
Uyirughe (vb) : s’échapper de façon mystique.

Y

Yaambe (sg), byaambe (pl) : la soupe ; parfois, la sauce.
Yaafi (sg), byaafi (pl): parfum, eau de toilette.
Yaatsi (sg), byaatsi (pl): régime de noix de palme.
Yibaabi (sg), bibaabi (pl) : viande taboue, ne pouvant être mangée que par les membres d’une confrérie ou des hommes.
Yidkeu (sg), (sg) biduke (pl): ignorant.
Yidune (sg), bidune (pl) : puits.
Yieedu (sg), byeedu (pl) barbe.
Yigume (sg), bigume (pl) : propos, dire.
Yikari (sg), (sg) bikari (pl): chutte.
Yikoru (sg), bikoru (pl) : laid ; la laideur se dit bukoru.
Yikoke (sg), bikoke (pl) : présent, cadeau.
Yikwatere (inv.): boisson obtenue à partir de la fermentation du jus de palmier sauvage.
Yilaambe (inv): avoir une cuisse légère.
Yililu (sg):  lieux de pleurs et de lamentations, veillée mortuaire.
Yilombi (sg), bilombi (pl): conte.
Yilombu (sg), bilombu (pl): rite initiatiatique endogène.
Yimbyoolu (sg), bimbyoolu (pl) : crocodile.
Yingare (sg), bingare (pl) : vénard ; Yingara (Ingara), célèbre quartier de la ville de Tchibanga.
Yineenge (sg), bineenge (pl): études.
Yineenge (sg), bineenge (pl): fourmie rouge.
Yipele (sg) bipele (pl): assiette, syn. Duloonge (sg) ndoonge (pl).
Yisanu (sg), bisanu (pl): peigne.
Yisoongu (sg), bisoongu (pl): sexe de la femme.
Yitsotsoki (inv) :
Yitungu (sg), bitungu (pl): coin (du mur ou du lit).
Yivale (sg), bivale (pl) : nom commun à plusieurs essences arbustives de la savane.
Yivele (sg), bivel (pl) : chute ; Yivele yi mitungu,  importante chute sur le fleuve Nyanga dans le village de Banda Mamba.
Yivisi (sg), bivisi (pl): os.
Yivore (inv): bougeotte; se dit de quelqu'un qui a un sommeil agité.
Yvuunge (sg), bivunge (pl): mauvais vent, épidémie.
Yivyovi (sg), bivyovi (pl): couvre-chef.

L'art de la poterie punu.

Le terme poterie désigne des vases et récipients à usage essentiellement domestique ou culinaire réalisés en terre cuite poreuse qui peuvent demeurer bruts ou recevoir un revêtement glaçuré. ’art de la poterie en terre cuite est pratiqué dans la communauté du sud-ouest gabon. Les femmes qui font de la poterie utilisent de la terre glaise, du grès altéré, de l’oxyde de fer, de l’eau, du bois et de l’herbe pour faire des pots de formes, motifs et styles divers qui rappellent les croyances et les pratiques traditionnelles de la communauté.


 
1_Extraction de l'argile

  
2_Séchage

concassage

 
Tamissage


























Les photos sont de Merline Sheilla
Les pots servent à stocker la bière, aller chercher l’eau, faire la cuisine, pour le culte des ancêtres et les rituels traditionnels des guérisseurs. Après avoir été recueillis, le grès altéré et l’argile sont pilés au mortier, puis broyés et tamisés, et les poudres ainsi obtenues sont mélangées avec de l’eau pour faire de la terre glaise. Les pots sont modelés en forme arrondie, conique ou ovale, depuis la base en terminant par un bord circulaire, et sont lissés avec une palette en bois. Une fois décorés, ils sont placés dans un four à mine. Le savoir-faire de la poterie en terre cuite se transmet aux filles et aux petites-filles par l’observation et la pratique. Toutefois, la pratique risque de disparaître en raison du nombre décroissant de maîtres-potières, des prix bas des produits finis et de l’usage de plus en plus répandu des récipients occidentaux. La pratique nécessite une sauvegarde urgente en raison du très faible nombre de praticiens et de leur âge avancé, du manque d’intérêt pour l’apprentissage des savoir-faire et des connaissances parmi les jeunes, de de la concurrence induite par la production et l’utilisation d’ustensiles fabriqués de manière industrielle et du faible rendement économique de la poterie en terre cuite ;

Jan 29, 2015

Mode punu 2015 ne TOuche pas mon Ndengui punu.

Jan 25, 2015

Miss Gabon, la tenue traditionnelle quand même!!!!

 


La tenue était bolo, le maquillage bolo, je pense que la miss manquait de plusieurs atouts, personnalité, présence de scène, dans ce genre de concours la beauté ne suffit pas. Le costume traditionnel était trop simplo, sans volume, sans allure et sans création artistique époustouflante.


DANS CE GENRE DE CONCOURS IL N Y A PAS DE PLACE POUR L'IMPROVISATION.....ON ATTEND TOUJOURS LA VALORISATION DE NOTRE RAPHIA NDENGUI dans de tel CONCOURS.

Jan 18, 2015

RECETTE DU JOUR

Dioumbi ! Missal, kale n'a ngol'
                                          Paquet (Papillaute )de crevettes crabe silure oseilles

Dec 16, 2014

Pic du jour: Olive Royal Mouloungui


Oct 28, 2014

Huluanu ilombi y muisi Fumu Tsi Mbatsi

Ave wulu koku na mutu ba ma tsanange ndahu mosi mba mutsanu na irondu u ma be uboti. Mutu a sa ma djangange koku no dji makédji mandi, koku a ma bangange a ghobe nane piri mutu. Mutu pa é vari pindi ake vèghange koku diandi dikabu, Koku wandi pa ame dila ake tassile mutu. Tumbe mutu a ma rondange udji ba ngwali bilumbu biotsu, pa é rambi mune mosi oyé rassunu ngwali dji vane.
Mwa ilumbu Mutu a no wende yé lingule mirambu miandi asa ma rasunu ngwali né dji mosi mu mirambu. Mutu djandiri ka ike tsieni nga valile ? Na nyangu nga dile ngwali dji udji ni dji kunia ? A no pikile mu ma wèru ma rieru ake dile mwa diele, djandiri koku ane bibussi bi vu nane ba ngwali ka bohu ni ghange mosi. A no tole o ndahu, a labi koku na hifu yandi yu nanga dimbu aghatsi. É ghéngili o dikusse bibussi bi koku ba dji vane u sane bé sani mutu sunde ughange koku mosi ake lambe ake dji.
Ave tsisighe koku a no rughe mu milingu miandi, a rassunu bibussi biandi va kane. Djandiri yi du vaghi va kane tsia wisi utsime é tsimi ? Bibussi biandi djohuri tu gho kote o ndahu mba mutu a tsi dji mwane nguètu na nyangu va missu mètu ike la dibandu. Koku djandiri, mutué mutué pale hunu mè koku ni u nèngili. Tsienguli dibandu dio u tsi lile ibussi yami ? Mutu djandiri mba nga dile ngwali dju dji na nyangu, nzi la iri bibussi biahu ba dji nane ba ngwali. Koku djandire ave ike nane u ke tu labila tu gho mo bènze tsane ndahu mosi, tu bundeminange mu matahi ma miri o nzime ndahu. Tumbe ma kédi motsu niu wimbilange dumbu du kokurondu. Ave u du hulungu u djaba iri wisi a ma tébugha mba u bive mambu. Ike la dibandu tu hulu makédi motsu KOKURONDOOOOO.
Hugues Mariatchi Nziengui

Oct 24, 2014

Lyrics Tsié ˂˂Pourquoi˃˃ de l'album (Je t’invite) Annie Flore Batchiellilys

Lyrics Tsié ˂˂Pourquoi˃˃ de l'album (Je t’invite) Annie Flore Batchiellilys PUNU FRANÇAIS Tuendiannu ˂˂Allons’ y˃˃ Tsié u ma sanzilè ? (x4) ˂˂Pourquoi as-tu changé ?˃˃
 Vo ni ma bilange u sa ma bangangè ˂˂Quand j’y étais, tu n’y étais pas˃˃
Yèèè tsié u ma sanzilè ? ˂˂Pourquoi as-tu changé ?˃˃
Vo ni mu rondilange u sa ma ngéngisangè ˂˂Quand je t’aimais tu ne me regardais pas˃˃
Yèèè tsié u ma sanzilè ? ˂˂Pourquoi as-tu changé ?˃˃
 Vo ni mu dolilange u sa ma bondughangè èh èh èh èh èh ˂˂Quand je te cueillais, tu ne tombais pas˃˃
 Tsié u ma sanzile oooh? ˂˂Pourquoi as-tu changé ?˃˃
 É tsia mulakué u ma buse balé eh ˂˂C’est le coin de repos que tu avais refusé d’aménager ˃˃
Mussusu ngane ma rughe ma mbonze murimé eh eh ˂˂Quelqu’un d’autre est arrivé et il a bercé mon cœur˃˃ Ah ah ah ah mba ndé u ma rambughè ˂˂Et c’est maintenant que tu te réveilles˃˃
Tumbe u ke muèniè va missu mamiè èh èh èh ˂˂Mais tu es devenu un étranger à mes yeux˃˃
Mu mbayi ? ˂˂Pourquoi ?˃˃
Mba u rambe ilango ooh Mè ka mussusuè ni rondiè éh yi yè ˂˂ moi j’aime quelqu’un d’autre actuellement˃˃
 Tsinguliè èh èh èh ˂˂Dis moi˃˃
Rambe ilango ooh Mè ka mussusué ni tsolié èh èh èh èh ˂˂ moi j’aime quelqu’un d’autre actuellement˃˃ Ntsisiè èh èh èh ˂˂Laisse moi˃˃
Rambe ilango ooh Ka inzinzi yami wi nghéngisiè ˂˂Tu ne regardes plus que mon ombre˃˃
 Tsié u ma sanzilè ? (x4) ˂˂Pourquoi as-tu changé ?˃˃
Nave navo ho ho ka pra ˂˂Tes allez et retours ne serviront à rien˃˃
Yèèèè c’est trop tard Vo ni mu lékilange u sa ma lèkunguè eh eh eh ˂˂Quand je te puisais tu étais imprenable˃˃
Yèèèè c’est trop tard Vo ni mu kélilange u sa ma rughangè èh èh èh èh èh ˂˂Quand je t’attendais tu ne venais pas˃˃
Tsié u ma sanzile ooooooooh ˂˂Pourquoi as-tu changé ?˃˃
Tsié u ma sanzilè ? (x8) ˂˂Pourquoi as-tu changé ?˃˃
yèèèè Yé tsia mughomé u ma buse uwangé eh ˂˂C’est l’arbre que tu avais refusé d’abattre˃˃
Yè iyè iyè Mussusu ngane ma rughe ma mbonze murimé eh eh ˂˂Quelqu’un d’autre est arrivé et il a bercé mon cœur˃˃
 Enh enh enh enh Mba ndé u ma rambughè ˂˂Et c’est maintenant que tu te réveilles˃˃
 Tumbe u ke muèniè va missu mami oooooh ˂˂Mais tu es devenu un étranger à mes yeux˃˃
Tsié u ma sanzilè ? (x16) ˂˂Pourquoi as-tu changé ?˃˃
Yè iyè iyè Yè iyè iyè Yè iyè iyè Tsié u ma sanzilè ˂˂Pourquoi as-tu changé ?˃˃

Oct 20, 2014

DISSUKUSSULU DI ILOMBI.

DISSUKUSSULU DI ILOMBI. Mune a ma kotise dikake o ghari itala, itale ka mughange dikake. Mussadji djandiri rughanuo, rughanuo itale ma nkange dikake. Bane ba ngudji ba ke rughe, ba rassunu mussadji dikake didjo ghari itale ka diambu djadji ? Mussadji djandiri ndutianu itale ake nzile, mune ba ngébi ba ma bandile u dute Mussadji itale ka mwè tube dumbu du mosi iri : Djénu ba ngébi, djénu ba ngébi du bandekène lé lé lé, ivundu yénu mudaghitsi lé lé lé, kaghe Massunge o lé rughe mba nga mu sile lé lé lé, pa du ghane kéri djénu wandi du ghangu lé lé lé, djénu ba ngébi, djénu ba ngébi du bandekène lé lé lé. Ba no hulu dumbu du itale ba ke tirmughe ma mbangu na ghome Mussadji ka siale no tsunde na itale. Mussadji djandiri ndé itale yi nzi u vaghe u ma kangile dikake, ba nyambe bo ni bongi a ba kaghami tumbe ndé djahu kabu a va ka u di labili ? Itale djandiri ba nyambe bo u bongi a ba kaghahu di ngènze, tumbe dibandu yi ughé mu tsinguli iri ndédju u bongi ba nyame bandi pa é vaghi muanzu mba djabè a tsi vaghe iri nga u ghange ? Mussadji djandiri mane mambu ma ifumbe yami maghé u ghéngili. Itale djandiri diboty ave mambu ma ifumbe yahu tu kélisi Kaghe Massunge aki rughe mba nga u sile. Massadji ike bande u siènge itale, tumbe itale djandiri Mussadji pa u gha dibighe munu ni u kotise o ghari itale u ke djabe di ba nyame bé labi pa bako ghari. Mussadji a no hulu nane ake tsibighe munu. Ave tsisighe kaghe Massunge ano rughe ake rassunu ba téghule badji vane, u moghi bé moghi tumbe Mussadji a gha noghu. Kaghe Massunge djandiri ka ivunde yénu Mussadji awu avu ? Ba ngébi djohuri adji hune ghari, Kaghe Massunge djandiri Mussadjié, Mussadji djandiri éé. Kaghe Massunge djandiri mbéli mambe ni ma kibu na pili mambe kokolu vaghe massuassu. Kaghe Massunge a no labe itsingu a yé rassunu Mussadji dikake o ghari itale a ma buaghe yinzi va itungu. Mussadji yi u vaghi na dikake o ghari itale ? Mussadji djandiri Kokolu kaghe ngo mwè di buèse, ike bande u lile, mè ni bongi ba nyame pa u ma wènde o mussiru mba pa ni ma mane u lambe tu ke dji mba tu ke suse bi pèle u ké djabe. Kaghe Massunge djandiri biwudji mambi tumbe pa wi bongi ime pa bé tsuni u wahulange mba u ya bongange bime bi ngane nane mba hune ike udaghe. Itale musili, mba itale ka mu sile. Hugues Mariatchi Nziengui

Oct 11, 2014

Mutu Bu Nzambi rite

Sep 27, 2014

Huluanu ilombi y muisi Fumu Tsi MbatsI


Bawulu djohuri mutu é lubughili mu bilombi mba nongu ighume tumbe ilombi diambu. Va dimbu di Fumu Tsi Mbatsi, va ma bangange mughètu na dibal ba ma bure bane ba rieru ba babal. Mine mohu Madjieki, Maghange na Kombil. Madjieki la tsomi dji ma bangughange na bingulu bi bive, Tadji na ngudji ba ma tsingulange bane bohu iri dubanu na irondu y ba mbatsi, du yabe na mirime mi base mambu ma bive mba ave Nyambi Fumu o tu néngila du ya kakunu . Né du tsi wèle baghètu du tsane ndahu mosi. Mipume mino viogha tadji na ngudji Madjieki, Maghange na Kombil bake tighe, bake nienge, bake be o yinge y ndongu itsingu mè wo ni vossi.
Bane ba ngudji ba rieru bake wèle baghètu mba bake tsane mu ndahu mosi nane tadji na ngudji ba ma ba tsingule. Ave baghatsi bohu ba ma wendilange o u wabe, u rughe bo rughe Madjieki tsomi ake tsingulange mughatsiandi iri : Ave u manine u lambe, u kabule ba nyame tsio tsi roghe uke sunze o ibuku yétu y ndahu nidji ave tu bundemine. Bilumbu biotsu anane Madjieki ama tsingulange mughatsi tumbe baghatsi ba ba ngébi bandi pa bé lambi bake sunze biotsu va tavule na bi roghe na bi ghéhi.
Pa Madjieki émani udji na bane ba ngudji va tavule ake mwè yé djangange o ibuku yandi y ndahu. Mughatsi Madjieki ama hulungu isoni mba bilambu bi ba mbatsi bi ma bangange bi ghobe kabohu ake be na ponzi o nzime ndahu. Madjieki pa ama mane udji mughatsi ake bonge matsièndi na bivissi ake buaghange mu ponzi o nzime ndahu, motsu mane Madjieki aghé djabi. Mughatsi Madjieki ano topulu na ifu y mulumi, ake vaghe iri vane dédi ngo mwè divaghe.
Mwa ilumbu baghatsi ba no wende o u wabe, u rughe ba ma rughe Madjieki ake yé ghéngile ponzi mughatsi, alabi ba ngotu ba roghe ba roghe mughatsi djandiri na nyangu nga mune. Madjieki djandiri ndé tsieni ? Mughatsi djandiri nzi vaghe buendiri na nyangu nga muno ni sunze biotsu va tavul. Madjieki djandiri ike u bili, u djabe na muni. Ave tsisighe baghètu botsu ba no mane ulambe bake sunze bihudji va tavule nane bé vali na kale.
Madjieki na bane ba ngudji bake vioghe va tavule, ba no vioghe va tavule alabi mu ilambu y mughatsiandi ba ngotu tsiotsu tsi rughe. Ake ghéngisse mughatsi mune iswisu piiiiiiiiiiiiiiii. Bane no mane udji ike mwane mwane na wandi mughatsi o yandi ibuku y ndahu. Madjieki ake tsune mughatsi iri ilombu yami hi ba ngotu tsi roghe ika ? Mughatsi djandiri la Madjieki utsila, ni ma topolu na isoni la dibandu ngo mwè di vaghe, Suka Madjieki u ghube mughatsi munongu kube dji gha disimu di hunu dibandu buhudji.
Bane ba ngudji o biohu bibuku bi ndahu bahulu nane ivunde yohu ama rokilange mughatsi kube bake bule mune ndahu mba bake ghange Madjieki : Djadji, djadji diambu hi uke bokile mughatsiahu tu bo no kakunu na burange viri viri diambu hi ? Madjieki ba pikile ba ma tsiemughe aghé djabi nane ake wahulile ba ngébi bandi. Ba ngébi bake lèmbu no tsune Madjieki iri djadji tu rondi djabe di bandu di diambu madjieki vane a tsibighile munu kabohu mughatsi ama pala, ako nzime ndahu yé nangule ponzi mbé dji ma bass na matsiendi na bivissi.
U kote ama kote suke sunze ponzi va hussu bane ba ngudji ba mulumi, iri la dibandu ivunde yénu é rondi mbokile. Bilumbu biotsu pa ni lambi é rondi iri nga mu kubulange ba nyame aba roghe ake djangange o ghari ibuku y ndahu tumbe na nyangu nzi vaghe iri vane dédi ni ma topulu na isoni djenu béni tsiè du labili mu mènu ma tassu ? Ba ngébi bake sutu, ba ma kamb me nane bo wahule mughatsi ivunde yohu.
HUGUES MARIATCHI NZIENGUO