Dec 18, 2021

Kumbu di bale

  • A: Kumbu di bale ?    Quel est ton pseudonyme ?
  • B: Dungandzi !      La racine ! 
  • C: Dungandzi dwi koti mu butamba mu warisa muri, dunganzi dwi lisi muri, du la maghadja, du la mulunda, tu dugo la dunganzi; me ni swema, tu me la fumu; vasanganu, kalaganu me la monyenu.
La racine qui pénètre dans le sol pour fortifier l'arbre; la racine qui nourrit l'arbre; observez les feuilles; observez le fruit, mais vous ne voyez pas la racine; je suis caché, je suis maître. Discutez, rétorquez, je suis source de vie.
  • A: Kaki, mè ni dumi na mvula, menu ni beyi mvula. Du ya wulu keri, me nge boki, balosi be boki, mè poghe. Kakyami dji dumi mwu kaanda yifumb yaami mu kungisa bisi nimbi.
Le tonnerre ! je gronde avec la pluie, j'apporte la pluie . N'ayez pas peur je ne tue pas ce sont les sorciers qui tuent, je suis sain. Mon tonnerre gronde pour protéger ma famille, pour éloigner les méchants.

Buketi

Buketi ou  Buketilogie , technologie


bu-keti, n. sans plur. ;   manuelle, adroit  au travail. Il comprend l'art, l'artisanat, les métiers, les sciences appliquées et éventuellement les connaissances.


Contribution: Jean Martial Divunguy

Ndukululu ou le Ndukululisme

 Ndukululu, c'est-à-dire de la libération, la porte de sortie du MUTU de son ignorance sur la nature des êtres et des choses. A travers cette science il parvient ainsi à apprivoiser la nature en maîtrisant certains de ces éléments qui, bien entendu, concourent à son bien-être. Le terme NDU est une extension de celui de NDA qui est la traduction du mouvement de l'action, c'est ainsi que WENDA exprime la marche du mutu vers un lieu donné autrement dit le NDU prend sa source dans le NDA qui est le mouvement . Aussi le ndu apparaît comme une technique scientifique du mutu qui lui permet dans l'analyse des éléments du NZA, ou de la nature de connaître une existence paisible.

Contribution: Jean Divounguy

Quelques concepts

Si on faisait un inventaire de nos connaissances et sciences punu, ca donnerait: Makaba ( la science divine ), Bukulu ou bukulutsa( science de la généalogie), Divindigulu ( science de l' explication ), Ndukululu( la mécanique celeste) Ngongo ( Science de pleurer ), Ditsunde( la science de la palabre ), Buketi ( technologie ), iwaduisme ( astronomie ). Pardon rajoutez à la liste ce que j' ai oublié.



Liste des concepts philosophiques
Muntuisme
Mutu Nyama
authenticité
Bukulu
Mariage
Ancêtre
Holiqyique
Ndukululu
Makaba
Divindigulu
Ngongo
Ditsuve
Buketi
Iwadu
sie
Devises
kumbu
système de parenté
La relique
Gabionesérie
La sorcellerie
Uvévé
Ututuge
Uyizunge
Dikundu
Religion
Bunanghe
Ibungu
La mort
Au-delà
Analyse linguistique
Le désir
Animisme
Hegel
DésirMumbwanga
Ntu
Étymologie de nombre
théologie
Boukouïdisme
Bungarisme
Bwedjisme
KaguluScience et religion
Pleurabilité
Tsakidisme
Monsard
Mughulu
Mwiri
Makaba
Nzondzulu
Yilowu
néoplatonisme
Manger
Moudjieguisme
Mwindisme
Munagisme
Le naturalisme
L'enchanteresse
































Contribution:  Jean Martial Divounguy

Dec 16, 2021

Philosophie punu SIA

Udjab diahu, udjab di mbatsi nous met en demeure de nous connaître d'abord avant de connaître l'autre dans son altérité. Le processus d'appropriation de soi commence au "village", aux pieds de son père et de son oncle. J'ai aussi appris de ma chère mère, Ndo Muka-Mbuti moine Dibure-Simbu qu' un enfant intelligent ne doit pas avoir une oreille distraite quand les hommes parlent au corps de garde. Car là s'exprime et se donne à entendre la "Sia"(Bukulu). Contribution : Franck Maroga

Devise individuelle punu

Pùŋɡa díépùŋɡà pùŋɡà 
Vent qui ne bouge vent Le vent qui ne souffle pas.

Le sens de cette devise est à rechercher dans le symbole employé et la valeur qui lui est accordé dans ce domaine. La symbolique du vent ici comme celles des autres éléments auxquels les initiés s’identifient est très rarement révélée. L’obstruction du sens est volontaire de la part des énonciateurs, l’objectif étant de le cacher au commun des mortels.

Ivunde yi tsoli 
L’aîné des oiseaux
Ìvùnd yì tsólì
Le grand des oiseaux 
Páwàpúrúmûɣ ùwódɔ̀d
si tu ne t’envoles pas tu ne picoreras
Le roi des oiseaux, Si tu ne t’envoles pas, tu ne te nourriras pas

Dìmbòombì 
chef de terre
mùbô oŋgù b'édúmsi òŋgâandù
pygmée que l’on célèbre dans le territoire
àkə̀βá dìbótì, dʒabóràŋgùl
qu’il fasse le bien c’est lui que l’on nomme
àkə̀βá dìbì dʒàbóràŋgùl
qu’il fasse le mal c’est lui que l’on nomme
Le Pygmée que l’on célèbre dans tout le territoire. Qu’il fasse du bien, c’est lui que l’on nomme. Qu’il fasse du mal c’est lui que l’on nomme.

Mùtsíétsíèndə̀ ùwâ ng ùwâ ng ìβɔ́ɣlàndílɛ̀ɛ̀ 
Abattre, abattre difficulté Abattre un arbre est une chose, arpenter l’arbre couché en est une autre.

Rɛ̀ɣ :
 Celui qui aime se faire remarquer 
Kôkù yìbúsə̀ ndâwù, mûtù múβìnə̀
 poule qui refuse maison homme il la déteste
 ŋgébì yíbúsə̀ ndóŋgì, tsúkə́ mùsù díàmbù
 enfant qui refuse conseil mais jour problème
 mûtù pà àskàb nà díàmbù àɣètásì nìámbì 
homme quand il n’a pas encore avec problème il ne pense pas Dieu 
pà àkán díàmbù ùmûwúlù ́á́ á nìámbì
 quand il problème tu l’entends ah Dieu.
La poule qui refuse d’être dans la maison est détestée de l’homme.
 L’enfant qui refuse les conseils ne pense pas aux jours difficiles. 
Tant qu’il ne rencontre pas de difficultés l’homme ne pense pas à Dieu.

màbì ná màbì, ɣɔ́ nd kì làbə̀, 
mauvais avec mauvais, aime pour voir 
díbálə̀ àmàbû sə́ pô lù ákə̀sùmbə̀ díámbù nà mbô ŋɡù 
 L’homme a refusé paix il a acheté problème avec argent 
ŋgébì ùbùs ndóŋgì mátsùkùmún díâ mbù,
 Le petit refuser conseil s’est agacé problème
 kô kù úbús ndâ wù kànàmə́ nè ìvóyì
 poule refuser maison s’est collé avec stérilité.
On ne trouve rien de bien à l’aval de la rivière, il faut aimer pour voir, l’homme qui a refusé la paix a acheté les problèmes avec l’argent, l’enfant qui refuse les conseils s’expose à des problèmes, la poule qui refuse le poulailler est frappée de stérilité.

Exemple 30 :
Rɛ̀ɣ :
Celui qui aime se faire remarquer
Kôkù yìbúsə̀ ndâwù, mûtù múβìnə̀
poule qui refuse maison homme il la déteste
ŋgébì yíbúsə̀ ndóŋgì, tsúkə́ mùsù díàmbù
enfant qui refuse conseil mais jour problème
mûtù pà àskàb nà díàmbù àɣètásì nìámbì
homme quand il n’a pas encore avec problème il ne pense pas Dieu
pà àkán díàmbù ùmûwúlù ́á́ á nìámbì quand il a problème tu l’entends ah Dieu
La poule qui refuse d’être dans la maison est détestée de l’homme L’enfant qui refuse les conseils ne pense pas aux jours difficiles Tant qu’il ne rencontre pas de difficultés l’homme ne pense pas à Dieu

Exemple n°31:
màbì ná màbì, ɣɔ́ nd kì làbə̀,
mauvais avec mauvais, aime pour voir
díbálə̀ àmàbû sə́ pô lù ákə̀sùmbə̀ díámbù nà mbô ŋɡù
L’homme a refusé paix il a acheté problème avec argent
ŋgébì ùbùs ndóŋgì mátsùkùmún díâ mbù,
Le petit refuser conseil s’est agacé problème
kô kù úbús ndâ wù kànàmə́ nè ìvóyì
poule refuser maison s’est collé avec stérilité
On ne trouve rien de bien à l’aval de la rivière, il faut aimer pour voir, l’homme qui a refusé la paix a acheté les problèmes avec l’argent,
l’enfant qui refuse les conseils s’expose à des problèmes,
la poule qui refuse le poulailler est frappée de stérilité.

Mùlùmí kókù
l’époux poule
ésóŋgì ŋgûudʒi ésóŋgì mwân 
Il s’accouple mère il s’accouple enfant. Le coq, il s’accouple aussi bien avec la mère poule qu’avec sa progéniture.

Au regard de cet exemple, le premier degré de signification est celui du symbole même : un animal, un coq. Le second degré est à rechercher dans la représentation de cet animal. De prime abord on dirait que le coq symbolise ici le pouvoir du mâle dans la basse-cour. Cependant, au-delà de cet aspect, il renvoie à la permanence du point de vue culturel. En effet dans la tradition punu, le coq est présent à toutes les occasions. Il est offert aussi bien pour célébrer une naissance ou un mariage que pour régler un conflit ou pratiquer un rituel mortuaire. Bien plus que l’idée du « mâle »que l’on peut lire dans cette devise, le coq symbolise pour les Punu le lien entre le visible et l’invisible. Offert en sacrifices aux génies et divinités, il est considéré par les membres de cette communauté comme l’élément créant un rapport entre le rationnel et l’irrationnel. Ces transferts sémantiques ont parfois des incidences sur le style des énoncés. En effet, dans leurs recherches de symbolisme les individus aboutissent à la création de discours dans lesquels abondent certaines figures rhétoriques notamment les métaphores, hyperboles et autres figures classiques. (Voir infra) L’analyse de la devise qui précède nous amène en outre à observer une rupture du code moral. Mais le porteur de cette devise ne rend d’abord compte que de ce qui est évident pour le commun des Punu. Car, en effet, dans le monde animal, le mâle s’accouple aussi bien avec la mère poule qu’avec le reste de sa descendance femelle. Nous pensons que porter un tel pseudonyme c’est aussi une façon de rendre compte d’un manque de retenue devant certaines circonstances. L’énonciateur use d’un franc- parler ; et peut être impudique. Cependant, un tel caractère n’est pas à priori négatif. Il faut dire que nous sommes chez les Punu dans une société qui érige certains de ces membres en institution. Ceux-ci sont pris comme échantillons pour jouer des rôles et accomplir ce que le reste de la communauté n’oserait assumer publiquement. Les pères et mères de jumeaux en sont des exemples. Comme nous l’avons déjà évoqué dans le chapitre 2, ils peuvent sans tabous parler de sexualité devant tout le monde. Pour conclure, rappelons que du point de vue générique, ce qui est appelé kûmbù chez les Punu traduit un idéal pour celui qui le porte. Il peut être assimilé à un nom et exprimer une philosophie, une vision du monde. Les devises se divisent en deux grandes catégories, devises claniques et devises individuelles qui se subdivisent en devises initiatique et devises personnelles. L’individu hérite de la devise clanique et s’identifie en premier par celle-ci. Toutefois, il peut acquérir une ou plusieurs autres devises au cours de son existence. Il les obtient par divers moyens qui sont le transfert par homonymie, l’attribution par la communauté ou le choix personnel et l’achat. Même s’il possède plusieurs devises, l’individu ne déclame que celle qui sied à la situation de communication.

 
Exemple n° 34 :
 kás dʒi úrɔ̀ond
démangeaison de aimer
La démangeaison souhaitée 

Le premier exemple cité est l’une des devises les plus répandues chez les femmes. Elle est même parfois reprise comme une maxime pour expliciter les difficultés liées au mariage. En effet, toucher une plante urticante, c’est prendre le risque de subir une crise de démangeaisons. Comme pour cette plante, s’engager dans la vie conjugale c’est avoir le courage de supporter toutes ses contraintes. En l’occurrence pour la femme interrogée ici, c’est le manque de reconnaissance de son époux et de sa belle-famille qu’elle dénonce. Obligée en quelque sorte de le vivre car elle respecte les engagements de son mariage, les femmes étant des «paniers troués » dans cette communauté, c’est-à-dire qu’elles ne retiennent que ce qui est bon pour l’équilibre de la famille.

 Exemple n° 35 :
 Mɛ̂ múndzìy βá dî mbw'ɛ́ ɛ̀ɛ̀
Moi brindille à la maison Je suis la brindille dans la maison
 Le deuxième exemple va dans le même sens, il s’agit de la devise d’une femme qui vit dans un foyer polygamique. Ce qui est marquant dans celle-ci est le fait qu’elle ne met pas en valeur celle qui la porte. Au contraire, elle la présente comme une brindille, c’est-à- dire quelque chose de minuscule qui passe donc souvent inaperçue. Nous pouvons toutefois y voir une stratégie pour mieux contester l’attitude négligente de l’époux, voir même dénoncer celle des coépouses qui ne sont pas toujours agréables à vivre dans ce type d’union. Par contre, les deux autres devises de femmes abordent elles, des thématiques plus générales :

 Exemple n° 36 : 
 pàbô Ndéútsítùmùn mêénù
Si tu provoques moi
Ngà wùɣàŋgìl
Je te tiendrais.
Si tu me provoques, je te montrerai que je suis capable du pire..

Exemple n 37:
 Mùwúrə̀ : ce qui est usé par la durée
ìmôɣə̀ bàbàléé,
passe-temps garçons mùɣɛ̂ tù nùŋɡiéé,
femme plantation màdʒek mà mûsàfuéé
point de naissance des branchages de safoutier
mâmbə̀ àɣà mùbànduéé,
l’eau n’est pas appropriation
tsǔ ŋg àɣà dìkùɣé
cigarette n’est pas satiété
ùkùβɔ̂l, ùkùβɔ̂l, ùwóɣùkúɣ
tu vas fumer, tu vas fumer, tu ne te rassasieras pas Le passe-temps appartient aux hommes, la femme est une plantation, c’est le point de naissance des branchages du safoutier. On ne s’approprie pas l’eau. La cigarette ne rassasie pas, Tu auras beau fumer, tu ne te rassasieras jamais.

On constate que contrairement aux devises précédentes, celles-ci renvoient chacune à des univers divers. La première apparaît comme une démonstration de force, ce qui peut être étonnant de la part d’une femme. La deuxième devise célèbre en quelque sorte la femme car comme on peut le voir au deuxième vers elle est assimilée à une plantation. Pour ce peuple d’agriculteurs, la plantation représente pour certaines familles le plus grand bien qu’elles possèdent. En outre, planter constitue leur moyen de subsistance, c’est donc considérer la femme comme le pilier de la famille. Il est important de signaler ici que cette devise est à l’origine celle d’un homme. L’énonciatrice l’a héritée de son père, comme lui et les autres membres de cette famille, elle perpétue cette philosophie.

Devise clanique

Clan Bumweli
mwélì byàl
Mwéli intronisé
dùmbùmb tâ adʒì bâ n gnângùl bìkùt?
père enfants enfants habits
bìrù bwâng tsólì múvɛ̀ɛmb
Repas ? oiseau blanc
àmárôɣ mìkâ ambù mì bàmbâatsì myàand iɳgîitsì.
Se réchauffer cadres des autres Pour lui interdiction
Mweli, celui qui a été intronisé pour défendre les enfants et les biens de la communauté. L’oiseau blanc qui a détruit les habitations des autres, les siennes sont intouchables.

Cette devise appartient au contexte de la guerre. Le fondateur de ce clan, Mwéli- Nguéli, est présenté comme un grand guerrier qui a su défendre et protéger sa communauté, tandis qu’il détruisait les villages de ses adversaires. L’histoire de la naissance de ce clan encore appelé bumwelè (Nzebi), bupéti (Gisir), imondu (Vili)2 évoque un chef puissant qui décida de partir de la Tanzanie pour s’installer dans une autre contrée. Avec les membres de sa communauté, il traverse le Zimbabwé actuel, l’Angola, le Congo et finit par s’installer au Gabon sur les rives de la rivière Louetsi. Après plusieurs années de vie à cet endroit, le chef décide de retourner à son point de départ. Il laisse alors sa place de chef à son jeune frère Mweli qu’il intronise en lui frottant du kaolin blanc et rouge 3sur le front. Le nouveau chef tente de le nettoyer, mais le kaolin se voit toujours.

Dìbàmb kâ dì
Dìbàmb kâ dì Cri de guerre (reprise du nom du clan)
Dìdʒáb dì mìkwâl Didjab de Mikwalu ìsàmbwâl yìbâtù ìmàrâŋg ná kàm
Sept de personnes: ils se sont battus avec milles
Didjab du village Mikwalu.
Sept personnes qui se sont battues avec des milliers.
Bùdʒàl bàwàal màtôwù Budjal étendre les nattes 
Les Budjal, ceux qui étendent des nattes

Bàsùmb
Basumb Bàsùmb ŋgâatsì nà màlàmù 
Ils achètent noix de palme avec vin de palme Ceux qui achètent des noix et du vin de palme

Bàɣámb
Bàɣámb bámáɣâ mb ná byòtsù 
Bajambou Ils ont manqué avec tout 
Baghambou, ceux qui manquaient de tout.

Exemple n0 24: 
Mwélì byàl Mwéli intronisé
Dùmbùmb tâ adʒìbâ n gnângùl bìkùt (completer) père des enfants défaire habits
Bìrù bwâàng tsólì múvɛ̀ɛmb ? oiseau albinos
àmárôɣ mìkâ ambù mì bàmbâatsì myàand ɳgîitsì. Il s’est réchauffé cadres pour les autres pour lui interdiction Mweli, celui qui a été intronisé pour défendre les enfants et les biens de la communauté. L’oiseau blanc qui a détruit les habitations des autres, les siennes sont intouchables.

Philosophie Moulounguienne et Muvanguiste

Tout Mulonguien insiste, parie, que la réalité immédiatement visible, sensible, temporelle, n’est peut-être pas la seule. Son idée ou son herméneutique de fond est que le sensible laisse lui-même ressortir, par sa beauté (uboti), une réalité digne d’être appelée “métaphysique”. Alors que pour les Muvanguiste nominalisme ambiant souligne que « tout le monde du sens se résume à une production de la pensée qui projette ses concepts généraux sur le monde, lequel se compose de particules de la matière concrete, intrinsèquement dépourvue de sens », la pensée Muluguienne entend montrer que notre compréhension s’emploie d’abord et avant tout à expliciter le « sens des choses elles-mêmes ». Loin de se réduire à de simples « noms » (dina) ou constructions sociolinguistiques, les « idées » (batass)renverraient plus fondamentalement à l’intelligibilité intrinsèque des phénomènes ou à la« dicibilité de principe »(divindugulu) de l’expérience.De même, à l’encontre des Yilowiste herméneutiques antiréalistes ou post-modernes qui rejettent plus ou moins nettement la distinction entre l’ordre de nos interprétations et celui de la réalité l’être se réduit aux interprétations que l’on en donne, notre horizon langagier et historique nous ouvrirait un accès fini à l’être comme tel, soit au monde en tant que réalité unique et transcendante.
Contribution: Jean Martial Divounguy

Ikoku « Une joie qui ouvre l 'esprit » :

L 'affectivité comme concept clé dans une approche non dualiste des danses punu (Congo-Brazzaville) Carine Plancke

1 – Introduction

1Depuis les années 1960 (Pike, 1967), l’usage des termes emic et etic s’est répandu en anthropologie, ceux-ci désignant respectivement un point de vue interne, celui de l’acteur, et un point de vue externe, celui du savant. Jean-Pierre Olivier de Sardan (2008, p. 119), dans une réévaluation récente de ces termes, en défend l’utilité afin de distinguer dans l’analyse l’apport des discours et des représentations de la société étudiée et l’interprétation qu’en donne l’anthropologue. Cet article traite des danses des Punu du Congo-Brazzaville et évolue en deux temps, en joignant précisément une analyse emic et etic. La question y est explicitement posée de la recherche d’un discours savant qui soit en accord avec le discours et les représentations des acteurs. Plus particulièrement, une mise en garde est soulevée par rapport à l’adoption d’un discours conjuguant des oppositions duelles entre le profane et le sacré ou le corporel et le cognitif par exemple, qui toutes sont fondées sur le dualisme corps-esprit. En effet, cette dichotomie, qui depuis Descartes est profondément ancrée dans l’épistémè occidentale, est également largement adoptée par les sciences sociales, lesquelles ont intégré récemment des visions critiques à cet égard (Ozawa de Silva, 2002, p. 21 ; Turner, 1996, p. 20).

Corps perdu, corps retrouvé

Intégrer le corps en deuil fragmenté Lamentations funèbres en milieu punu Integrating the fragmented body in mourning: funeral lamentations among the Punu. Carine Plancke.


Conformément aux interprétations classiques de Durkheim ([1912] 1968 : 373-378), deMauss (1921) et de Radcliffe-Brown (1922 : 239-246), les études anthropologiques sur leslamentations ont souvent accentué le côté obligatoire de cette pratique chantée et l’absence de spontanéité et d’authenticité dans l’expression des émotions, afin de mettre en exergue son rôle social. Dans une révision de la question, Urban (1988 : 386) soutient que les lamentations révèlent même particulièrement bien l’impact de la société surl’individu dans la mesure où elles mettent en évidence le moyen par lequel la douleur,une émotion des plus intimes, est régulée, imposée socialement et même employée à une consolidation de la société. Il est intéressant de remarquer, comme le suggère Seeman(2004 : 60), que le point de vue adopté dans de telles analyses est celui de l’observateur ou de la société vue comme une entité générale dont la continuité doit être assurée, mais pas celui de l’individu en souffrance. Or, il semble que les lamentations ont aussi une importance considérable pour la personne qui les exécute. Elles remédient à lafragmentation provoquée par la perte d’un être proche qui, sur un plan affectif, faisait partie de son existence et était constitutif d’un sens subjectif de cohésion. C’est cette perspective, que l’on peut appeler phénoménologique, que j’adopterai dans cette présentation des lamentations funèbres chez les Punu du Congo-Brazzaville
1. À cet égard, je me focaliserai moins sur le contexte social des lamentations que sur leur contenu et leur agencement stylistique tel qu’il se révèle durant la performance.

Dec 15, 2021

L'astronomie Punu

Nos ancêtres Bapunu dans leurs migrations du nord vers le sud étaient guidés par les astres( BINZINI), dont l'apparition donnaient une signification à chaque étape de leur avancée vers la terre promise. L'astronomie Punu est aussi riche que le ciel, voici quelques astres et constellations: * NYANGU: Soleil; * DIBUBE DI MUKOBI: Sirius, Soleil central; * TSUNGUI: Croissant de lune; * NGONDI: Pleine lune; ( Tsungi, Yassi y tsungu et mughatsi tsungui sont trois étoiles qui sortent entre le coissant de lune et la pleine lune; les vieux disent qu'ils représentent respectivement les menstrues, le spermatozoïde et l'ovule); * MBUELILI: Etoile; * MUGNIENI: Etoile filante; * DISSUDIANZE: Etoile polaire; * DUGHUVE DU MUBU: Etoile du matin; * MUNANGA SUNGUE: Etoile à proximité de le lune; * KOKU NA BANE BANDI: Grande ourse; * MONDI NA MURELE NA MUKANGUE PANDI: Petite ourse; * TULI MBUMBE: Constellation circumpolaire(étoiles en cercle); * TULI MUNGUGNU: Persée( étoiles en triangle); * IKAGHOGU: Etoiles en spirale; * NZOMBU: Voie lactée; * MAGHANGUE-KUMBE-NZINGU-KALU: Croix du nord; * BUTAMBE-MUPUNGUE-MAMBE-MUDJI: Croix du sud... Quelques mots et expressions astronomiques Punu: * IWADU: L'univers; * MAGHANZE ou INZANGU: Le cosmos; * NZIENZI: Rayon; * ISANGANZE: Galaxie; * INZANGUTU: Cosmogonie; * NZINZU: Orbite; * YITANZU: Météorite; YIMESSU: Astéroïde; * YINESSU: Comète; * DIKANZI: Fusée; * YINZUNGUI: Satellite; * YITSIAMUNE: L'espace; * MUNIANTSU: Planète... Quelques planètes en Yipunu: * BUKONZU: Uranus; MANGUIANGUI: Mercure; * NDENGUILU: Pluton; * MAVITSU: Mars; * BUPITSU: Neptune; * KONZU: Jupiter; YIMBENZU: Saturne; * MANANZU: Venus. Les constellations du zodiaque Punu: * YISSIANGUE: Balance; * PATSU NA DU: Gémeaux; * KURU: Scorpion; * KALE: Cancer; * MADIONGUE: Sagittaire; * IMBUNGU: Lion; * TABE: Capricorne; * KALUKALU: Verseau; * NYAME: Poisson; * KAMU: Bélier; * NGOKU: Taureau; * MUANZE: Vierge. Les ancêtres disaient que se sont ces astres qui avaient inspiré FUMU NZAMBI a crée toutes les planètes dont la terre où l'astronomie est clairement représentée sur le corps humains. Ô Tate MULUNGUI BUANDU!!!!!! Alain Roger Moussavou

La succession, l'héritage chez les punu

La société punu, la filiation est matrilinéaire. Le pouvoir se trouve donc entre les mains du "leader" du lignage matrilinéaire. Lorsqu'un ifumbu-dimbu mourrait , son lignage choisissait un successeur parmi ses frères ou ses neveux utérins. Parfois lui même avait , au préalable , préparé sa succession. En effet, s'il n'avait pas de frère cadet pouvant lui succéder, il prenait un des fils de sa sœur ainée ( généralement le premier) qui quittait son père pour aller vivre à ses cotes : pour une période plus ou moins longue pendant laquelle il travaillait son éducation. Il participait avec kaci et d'avoir avec lui des relations cordiales. Fort de cette confiance, le neveux mwane-kaci avait la charge de recueillir après la mort de son oncle , les dernières recommandations sur la bonne marche du village et de la communauté. Ainsi le Kaci en avait fait un chef accompli et après bien d'épreuves de fidélité, de bravoure, de grandeur d'esprit et de coeur: butu. a Après donc sa mort, le successeur: Ivinca héritait. L'héritage : disiala entrainant des droit: biens (les femmes, les enfants, et les captifs, etc...) et ses devoirs: le pouvoir politique et le pouvoir religieux étaient souvent transmis au moment d la mort de l'oncle. Plus que d'une succession, il était question d'une substitution. C'était la manière naturelle d'accéder à la succession : la règle générale étant qu'un frère succède a son frère utérin (succesion adlphique) ou un neveu au frère de sa mère. Mais cette règle n'était pas toujours observée sur le plan politique car, nous sommes rendus compte que les fils des défunts intervenaient dans la prise du pouvoir. Ce cas c'était produit dans de nombreux villages , notamment à Mutassu ou, après la mort du fondateur et chef du village Ncumbe-Mugengi son fils Mapangou ma salaime nzambe prit le pouvoir. Cela se produisit aussi à Tonu ( futur Rina-Nzala) pour ne citer que ces deux exemples, ou le pouvoir passe des mains des Badumbi propriétaires du village à celles de leurs fils du clan Bagambu. Dans certains de ces villages ou cette distorsion s'était produite, le pouvoir revenait aux ayants droit après une ou deux générations. Dans, d'autres, en revanche, celui-ci restait aux mains du lignage des épouses du village, c'est à dire, dans le dernier cas, des bagambu et cela pendant nombreuses générations comme ce fut le cas du village Mbaci ou le passage des divers clans furent remarquable. Ceux-ci , grâce aux alliances matrimoniales, l'avaient accaparés. La prise de pouvoir par les étrangers résultait aussi de l'existence des sociétés initiatiques qui avaient formé en leur sein des chefs potentiels à qui on pouvait à la mort du fumu-dimbu dans le cas ou celui -ci n'avait pas laisse d'héritiers en âge de lui succéder pour confié la gestion du village. Cette tâche pouvait lui être assigne par le ds anciens qui reconnaissait en cet héritier provisoire les qualités physiques et morales du chef dont nous avons fait mention plus haut. On assistant alors à un engagement de rapport de force. 3 commentaires

Sociologie punu

Dans la société Punu on devenait captif soit par la naissance : lorsque la mère était elle-même captive, soit en compensation d'un dommage causé par un tiers à un membre d'un lignage, donc de ce fait, à son lignage. Lorsqu'un individu était reconnu responsable ou coupable d'un : crime, vol, adultère, etc... . Les auteurs de ce délit le vol et l’adultère surtout adultère étaient réduits en servitude soit au sein de leur diburà s'ils avaient commis cet acte dans leur diburà au sein d'un dibura victime autre que le leur Les captifs provenaient aussi des prises de guerre entre ethnies : les prisonniers étaient intégrés dans les lignages des familles victimes afin de remplacer les morts. Il faut cependant faire la différence entre ces captifs incorporés et ceux destinés au commerce, c’est-à-dire ceux échangés entre ethnies et ceux destinés à la traite. Les captifs domestiques. Ils provenaient soit des échanges entre ethnies voisines soit au sein de la société Punu elle-même. Ils faisaient partie de la famille du maître et travaillaient comme tous les autres membres. Ils effectuaient ensemble les mêmes travaux à la seule différence que les tâches plus pénibles leur étaient réservées exclusivement. Le maître les considérait comme ses propres enfants.

La Philosophie du Kumbu

Le Kumbu en lui-même peut-il être une philosophie ? Le surnom kumbu devise, donnée exclusivement aux mâles punu, et utilisé pour désigner ce qui peut être considéré comme un nom-proverbe ou un surnom, il constitue à lui seul un texte, qu'il faut méditer à lui seul car il exprime une pensée importante, voire une philosophie ou une vision du monde. A ce titre dans la société punu la devise kumbu annonce de manière concise comme une phrase ou une maxime, un programme de vie, une conduite morale à observer en toutes circonstances. Celui-ci se présente sous la forme d'un pseudonyme auquel le porteur ajoute un poème plus ou moins loin qu'il décroche selon le contexte et la situation de l'énoncé. Chez les Luba le Kumbu est une formule poétique de louange qui s'ajoute au nom d'un individu pour le louer et l'honorer, soit en décrivant ses caractéristiques physiques et/ou morales soit en se rapportant à l'ascendance à laquelle il appartient, soit encore en esquivant les hauts faits, du sien ou du sien ou fictif. La Philsophie se veut réflexive, rationnelle et épistémologique, si on lui attribue sans une réflexion, esprit critique et bien ce n'est pas une philosophie soyeuse, si elle choisit de son plein gré et obéit à une logique c'est une philosophie. De nos jours des études ont montré que la pensée forge le caractère, le surnom devise forge la personnalité du porteur etc. C'est pourquoi cette pratique est utilisée dans le sport, l'armée etc. Ces professionnels ont des surnoms pour s'encourager les uns les autres.

Le saviez-Vous?

15 Óyìwέ nà màkâbù, nílâbì Où tu vas avec parts je vois La tête du mouton voit où vont les parts de son corps qui sont distribuées. Lorsqu’on égorge un mouton, ses yeux restent ouverts. En société punu, quand on a fini de dépecer le mouton, la tête est la dernière part à être attribuée. On en déduit qu’elle a assisté à sa mise à mort et reconnu tous ceux qui ont pris telle ou telle autre partie de sa viande. Au milieu des hommes, la personne persécutée reconnaît ceux qui la persécutent. En fait, celui qui porte la devise mùrù tab affirme qu’il est bien au courant des machinations dont il est l’objet. Plus précisément, il veut dire qu’il est un homme avisé, celui qu’on ne trompe que parce qu’il n’a pas les moyens d’échapper à ces tromperies. Car généralement, il est un homme faible au milieu des puissants qui le persécutent.

SOCIOLOGIE BANTU

COMMENT ÈTAIT L' école autrefois? Une sociologie BANTU. Chez les KÒONGÓ, il y a séparation entre hommes et femmes, l’homogénéité recherchée dans l’éducation s’adaptera à cette division de travail ; au fur et à mesure de seront évidemment les premiers formateurs, tout l’entourage les relaiera petit à petit, au fur et à mesure de la croissance… Aussi bien, l’action du père connaît-elle un sursis. Avant les cinq ou six ans, la coutume laisse la garde de l’enfant à la mère. Ce n’est qu’à partir d’alors que le père lui apprendra ce qu’un homme doit connaître : la fabrication des outils de pêche, de chasse, de labour ; le nom des plantes, des herbes et leur emploi… L’enfant apprendra de son père également le nom des bêtes et l’observation de leurs mœurs. Il devra reconnaître les animaux dangereux, les végétaux vénéneux. Le père lui enseignera tout ce qui doit être connu concernant le bétail et les soins à lui donner. Concernant la pêche, par exemple, rien qu’en accompagnant son père, l’enfant verra les différentes nasses (longues, compartimentées), leur mode de dressage, les appâts efficaces, les emplacements favorables. De même, concernant la chasse et le dressage de pièges, il apprendra les différents procédés, les jours de chasses… Le père inculque à son fils la connaissance des tabous, les interdits, leurs symboles. Ces tabous portent les uns sur les besoins naturels, les autres sur les valeurs culturelles ou sur les deux à la fois. Parmi les besoins, il y a le problème sexuel. Moins qu’en occident, mais une discrétion existe concernant le domaine sexuel, surtout quand on est entre sexes différents. Entre hommes seuls ou entre femmes, il y a plus de liberté, à moins que le degré de parenté ne s’y oppose. Sur ce sujet, l’ignorance chez les enfants et la fausse pudeur chez les parents n’existent guère.