Dec 11, 2007

TCHIBANGA

Tchibanga, chef-lieu de la Nyanga, est un gros bourg d'environ 10 000 habitants, qui s'étale le long de la voie principale avec son quartier administratif, son petit marché et ses quelques boutiques. Sur les hauteurs, on remarque la Mission Catholique fondée en 1954 et le collège Belle-Vue. Si vous êtes matinaux, vous pourrez croiser des villageoises sortant de l'imposante église Saint-Joseph avant de partir aux champs, portant la hotte conique typique des populations pounou, retenue par un bandeau frontal.

Comment y aller
En avion : Air Gabon, 88 800 F CFA aller-retour, tarif week-end 58 100 F CFA 3 vols par semaine, en 50 mn. Agence Air Gabon sur place, tél. 82 02 48. En 4x4 : à partir de Libreville par la N1 : Libreville- Lambaréné (bonne route) - Mouila - Ndendé - Tchibanga. Environ 10 heures de route. Les cars Barbier au départ de la gare routière de Lambaréné desservent Mouila, Ndendé, Tchibanga et Mayumba en saison sèche. Taxi-brousse au départ des gares routières de chaque ville, en général tôt le matin. Se renseigner. Le voyage aller, entre Libreville et Tchibanga, dure environ 10 heures et coûte en moyenne 20 000 F CFA par personne.

Tchibanga pratique
Aéroport : à 5 km du centre ville sur la route de Moabi Antenne consulaire française : M. Jacques Lambotin, s'adresser à la boulangerie, B.P. 93 Tchibanga. Tél. 82 02 62Gendarmerie : tél. 82 00 51Hôpital provincial : tél. 82 00 49Pharmacie Massanga : tél. 82 03 90Banque : la BICIG de Mouila est la plus proche.

A voir et à savoir
Tchibanga est le carrefour des principaux axes routiers de la province et permet l'accès aux différents circuits touristiques

Vos emplettes
Au détour des quartiers, on rencontre encore quelques artisans. Un villageois pourra vous indiquer où trouver, à Mougoutsi, sur la route de "l'aviation", Adèle Florentine Massinga. Dans sa cour, elle modèle directement l'argile blanche selon un savoir ancestral. Elle crée avec talent de petites sculptures anthropomorphes symboliques et de la poterie utilitaire sobrement décorée de motifs géométriques, qu'elle fait sécher au soleil, puis cuire à feu ouvert. Vous pouvez acheter ses oeuvres présentées devant sa maison. Certaines sont exposées à l'ENAM (École Nationale d'Arts et Manufacture) et au musée de Librevilleww. On vous conduira aussi chez Philippe Bouka au quartier Ndabilila, fabricant de fauteuils et de tabourets traditionnels en lianes et raphia, dont l'esthétique et le confort ravissent le chanceux qui peut se les procurer !
Vos agapes
Restaurant Chicago : maquis situé juste derrière l'hôtel Hamed. Bonne cuisine sénégalaise et locale à petit prix. Restaurant Le Diplomate : un peu excentré par rapport à la rue principale. Tenu par un sympathique couple gabonais. Très bonne cuisine africaine. Excellent rapport-qualité prix. 5 000 F CFA le repas. Bon accueil. "Coupé-coupé" et beignets aux alentours du marché selon l'heure.
Vos nuits
A partir de 8 000 F CFA
Relais de la Nyanga : en bordure de la Nyanga. Belle vue, endroit calme. 16 chambres dont certaines sont rénovées avec climatisation. Le petit déjeuner et les repas sont possibles selon les approvisionnements. Hôtel Hamed : rue principale, à côté du marché. Cet hôtel, situé audessus de la boutique de son propriétaire mauritanien, est bien tenu. Les chambres sont climatisées. La plupart sont équipées de salles de bains. Pas de restaurant ni de téléphone. 15 000FCFA la nuit. Hôtel Dibougou : sur la route de "l'aviation", 8 chambres simples mais propres. Restaurant et bar.
Vos nuits blanches
Le Malarnu, discothèque pour les jeunes au centre ville. Il existe des bars dansants dans les quartiers.
Comment se déplacer
Taxi-brousse : gare routière au centre ville. Location de 4x4 climatisés avec chauffeur : à la gare routière, s'adresser à Joachim Pambo-Nzamba. Prix à la journée ou à la semaine à négocier, mais bien inférieurs à ceux pratiqués à Libreville : 40 000 à 60 000 F CFA par jour. Ponctuel et ayant une bonne connaissance de sa région, Joachim vous fera découvrir ce dont nous vous parlons et même davantage.

VISITES
Chutes d'ivéla : une demi-journée en véhicule 4x4. Prendre la R21, direction aéroport. Emprunter la piste en latérite vers Moabi. Les villages se succèdent, composés de cases rectangulaires en planches de bois éclaté d'ilomba. Sur la route on aperçoit les bassins de pisciculture. Les savanes vallonnées alternent avec les zones boisées. A Louango, situé à 30 km de Tchibanga (l heure de trajet environ), il est indispensable de s'adresser à un villageois qui vous conduira à pied aux chutes d'ivéla, dans le défilé de Mitoungou, au confluent de la Nyanga et de la Moukalaba. Il faut compter environ 2 heures d'excursion. On passe au travers d'une plaine herbeuse, puis d'un sous-bois assez obscur aux effluves de violette et de terre mouillée, bien souvent dégagé à la machette par le guide. Deux troncs d'arbres posés sur le ruisseau forment un pont. Les éléphants passent dans cette zone et l'on peut y distinguer leurs traces... Mieux vaut être bien chaussé car les fourmis envahissent les lieux. Après quelques efforts, on est heureux d'arriver à la lumière sur les berges de la Moukalaba où, dans le fracas des eaux, la chute particulièrement spectaculaire tombe par cascades successives dans la rivière qui suit tranquillement son cours. Pour ceux qui hésitent à entreprendre cette marche sportive, on peut aussi louer une pirogue à Louango. Réserve déflore et de faune de la Moukalaba : une journée en 4x4. Prévoir un pique-nique et éventuellement du matériel de camping. Partir à l'aube de Tchibanga pour observer les animaux très tôt le matin. Prendre la R21 jusqu'à Mourindi, pour entrer dans la réserve protégée qui s'étend sur 400 000 ha. Le WWF et le Service des Eaux et Forêts se trouvent à proximité de l'entrée. Il est possible d'y obtenir des informations et éventuellement un guide. Au petit matin, en saison sèche, lorsque les herbes sont brûlées, on peut surprendre les animaux en errance : buffles, antilopes, potamochères, éléphants... Avec un peu de chance, vous pourrez apercevoir les singes et les gorilles en lisière des sous-bois. A l'horizon, se profilent les monts Doudou. On est séduit par les élégants bambous qui ombragent le passage des multiples cours d'eau. Ici et là, on rencontre de petits villages aux cases plus ou moins délabrées, à proximité desquels de récents dispensaires et une boîte aux lettres de l'OPT exposent leur inutile modernité, car ils sont vides et pour longtemps... Arrivé à Mourindi-village, on aperçoit la Mission catholique désaffectée. L'église et ses annexes, aux parois de briques de terre percées d'arcs en plein cintre, sont bâties sur un escarpement où paissent quelques vaches, conférant à l'ensemble un aspect bucolique et désuet. Compagnie Equatoriale du Bois (CEB) : à une quarantaine de kilomètres de Mourindi, une ancienne piste d'atterrissage de la CEB conduit à l'entrée du village de Doussala, situé sur la Moukalaba. Il est habité par des pêcheurs et chasseurs bapounou. Il y a quelques années, le chantier forestier y était installé et plusieurs familles européennes y avaient confortablement élu domicile. On peut encore voir sur les hauteurs de belles cases, ombragées de manguiers, de palmiers et de conifères ! Certaines sont restaurées, d'autres sont "squattées" par les villageois. La réserve de la Moukalaba est aussi accessible par la très belle route (R21) qui passe par Moabi (direction Mouila). Lac Kivoro : en continuant la piste de Doussala qui traverse la réserve vers l'ouest, on se dirige vers Bongo. Au croisement avant le village, prendre la direction de Diela Vievi. La piste suit le Rembo Ndogo. On arrive aux abords du lac Kivoro (voir Setté-Cama, province de l'OgoouéMaritime). Descente sportive Tchibanga - Igotchi en canoë-kayak : une journée. L'association gabonaise "Aventure sans frontières" (voir page 22) propose ses services et son matériel pour cette expédition. La descente emprunte de nombreux rapides et petites chutes dignes d'intérêt pour les courageux. Grottes de Nioumbitsi : une demi-journée aller-retour. Par la route Ll 16 au sud-est de Tchibanga en direction de Moulengui Binza et du Congo, on arrive après 25 km de parcours au village Nioumbitsi. Dans cette zone, on peut voir les carrières de marbre et les grottes dites "aux chauvessouris". Il est préférable de prendre un guide au village pour y accéder. Se munir d'une bonne torche. Les villageois chassent beaucoup dans la région. On raconte qu'avant de partir à la chasse, ils passent toujours par les grottes afin d'interroger les lieux. Si les grottes sont vides de leurs occupants, la partie est de bon augure. Dans le cas contraire, mieux vaut ne pas y aller. Route de Mayumba : un véhicule 4x4 est indispensable. La piste est difficilement praticable en saison des pluies. Le trajet est très agréable au travers des vallonnements de la Nyanga et des Monts Mayornbe que l'on voit au loin. Juste à l'entrée du village de Malunga, on est stupéfait par l'immensité du fromager centenaire qui occupe le centre de la piste.

FOUGAMOU-SINDARA-MANDJI

FOUGAMOU

Chef-lieu du département de Tsamba-Magotsi, Fougamou compte 4 100 habitants. La ville, construite en terrasses sur les rives de la Ngounié, s'étire sur plusieurs kilomètres au pied du massif des Gorilles de la chaîne de Koumounabouali.

Comment y aller
En avion : Air Gabon, 68 600 F CFA aller-retour, 2 vols par mois en 1h 05. Si vous arrivez par avion, vous apercevrez Fougamou entouré de montagnes boisées et brumeuses. L'aérodrome est une simple piste en latérite à 5 km du centre ville. Il est donc plus prudent de prévenir son hôte, il est d'usage de survoler son habitation afin de l'avertir de l'imminence de l'atterrissage.En voiture : à 110 km de Mouila sur la N 1, à 90 km de Lambaréné et à 325 km de Libreville (environ 4h30 de route). En car : les autocars Barbier font Lambaréné-Fougamou pour 5 000 F CFA l'aller simple. Fougamou-Mouilapour 12 000FCFA. Librevilleougamou pour 14 000 F CFA. Des taxis collectifs font régulièrement le parcours.
Fougamou pratique

Correspondant du Consulat Général de France : Révérend Père Péron. Fougamou n'est pas relié au réseau téléphonique gabonais.
A voir et à savoir
Le visiteur qui emprunte la route pour la première fois peut ne pas arriver à Fougamou. En effet une nouvelle voie grumière contourne l'agglomération, le long de la Ngounié. Il faut aller tout droit à la sortie du pont, sur la Bassali. Ce serait dommage, car cette ville connaît depuis quelque temps l'effervescence du modernisme et de l'urbanisation. La cité a l'avantage d'avoir deux ministres natifs du lieu et l'École Nationale des Travaux Publics y est installée. Ainsi, les travaux d'amélioration, d'adduction d'eau, de construction dans tous les secteurs vont bon train ! De nouvelles voies et de récents dalots permettent le désenclavement des quartiers. On dit que l'éclairage public est pour bientôt.

Vos agapes, vos nuits, vos nuits blanches
Plusieurs maquis dans la ville proposent brochettes et plats africains. Les hôtels font aussi restaurant. L'approvisionnement n'étant pas quotidien, il vaut mieux prévenir et ne pas être pressé, ni trop exigeant. La mission de la Sainte-Famille est tenue par des Pères et reçoit les visiteurs qui le désirent selon un prix modique comme dans la plupart des missions du Gabon. Il est toujours préférable de les avertir à l'avance.Auberge night-club de Samba-Magotsi : dans la rue principale. Propre et confortable. Prix : 12 500 F CFA. Dernière minute ! A découvrir... Près de l'hôpital, sur les hauteurs, un motel vient d'ouvrir ses portes. Au bord de la Ngounié, à l'ancien emplacement de la gendarmerie, nouvel hôtel-restaurant d'une grande capacité avec vue imprenable. A la sortie de Fougamou, un ensemble de bungalows est en cours d'achèvement dans le parc centenaire de la mission protestante.
VisiteLes chutes de l'Impératrice : à Fougamou, la Ngounié est à nouveau impétueuse et dangereuse. Nous ne nous en plaindrons pas car les chutes de l'Impératrice (nom donné par l'explorateur du Chaillu aux chutes de Samba en hommage à l'impératrice Eugénie de Montijo) sont belles et impressionnantes. Sur la Ngounié : on raconte que le génie du fleuve a élu domicile au milieu de la rivière afin d'empêcher sa traversée. Il n'est pas rare que les pirogues chavirent et, récemment, des étrangers se sont noyés.



SINDARA


Ce typique village mitsogo et eshira, a vu l'installation au siècle dernier de l'une des premières missions catholiques. On raconte encore la mémorable bataille qui eut lieu à Sindara dans les années 1940, entre les Français gaullistes dirigés par le Commandant de Cercle Rougier de Koulamoutou et les Français pétainistes du coin.
Comment y aller
En 4x4 : au départ de Mouila, sur la N1, en direction de Lambaréné, 125 km après Fougamou, une piste à droite mène à Sindara. En pirogue : à partir de Lambaréné, le fleuve est navigable jusqu'à Sindara où l'on trouve les premiers rapides. Il est possible de louer une pirogue soit à Fougamou, soit à Lambaréné pour une excursion sur la Ngounié jusqu' aux chutes.
A voir et à savoir
A l'entrée du bourg, à gauche, sur la Ngounié, un port à bois permet aux 4 forestiers d'acheminer les radeaux de grumes tirés par de puissants remorqueurs jusqu'à Port-Gentil.

Visite
Notre-Dame des Trois-Epis de l'Equateur : du village, part une voie qui mène à la mission catholique fondée en 1899. Le célèbre abbé gabonais, André Raponda Walker y fut affecté l'année de son ordination. Cette mission, bel exemple de l'architecture coloniale religieuse, est inoccupée depuis des lustres. Elle est actuellement en cours de restauration. L'église, crépie de blanc, a retrouvé tout son éclat. Elle fait face à l'édifice principal construit à deux niveaux en briques de terre cuite et en bois. Une majestueuse allée de manguiers centenaires précède l'entrée de la mission et garde le souvenir de ses heures de gloire. A quelques mètres, le petit cimetière, laissé longtemps à l'abandon, reprend ses droits. En s'avançant un peu, on surplombe la Ngounié et ses premiers rapides, dont les chutes de l'Impératrice en amont.


MANDJI


Avec ses 1770 habitants, Mandji, ancien poste militaire français, est le chef lieu du département de la Ndolou. Adossée au mont Moukoumounabouali (le vieil homme dominant la plaine), ce bourg, niché au milieu de la savane, est l'un des plus anciens du Gabon. Ses habitants vivent des moments difficiles du fait du manque d'eau et d'électricité qui semble perdurer. Pour le visiteur en quête d'architecture religieuse coloniale, la destination Mandji fait obligatoirement partie du périple dans la Ngounié.
Comment y aller
En 4x4 : à 150 km de Mouila sur la N1, en direction de Fougamou, au niveau de Yombi, prendre la piste à gauche qui conduit au village et à la Mission Sainte-Croix des Eshira.

VISITE
La Mission Sainte-Croix des Eshira : en 1894, depuis la station de Sainte-Anne du Fernand Vaz, en remontant le Rembo-Nkomi, Monseigneur Le Roy et le Père Buléon atteignent le pays des Eshira. Ils découvrent un site magnifique : une plaine entourée d'une ceinture forestière, la plaine de la Ndoulou. La fondation d'une mission dont le Père Buléon aura la charge est décidée. Rapidement des constructions sont élevées, une grande croix de bois portant un Christ de bronze est érigée sur la colline toute proche. Le Père lie connaissance avec les populations, apprend la langue Eshira avec l'aide de Joachim, le premier moniteur. Il rédige dans la langue un catéchisme, une Histoire Sainte, un livre de prières, afin de former des catéchistes qui, placés dans les villages voisins, pourront instruire à leur tour et préparer la voie aux missionnaires. Un nouveau type de mission est né.Les portes de Sainte-Croix des Eshira ont fermé au profit de la nouvelle paroisse de Mandji. Après de nombreuses années d'oubli, le Père Gabriel Nganga a pris la charge de cette mission et a décidé de demeurer seul avec les mêmes difficultés que les premiers missionnaires. Les visiteurs qui le désirent peuvent loger à la mission.Pour les amateurs de brousse et de 4X4 : à la sortie de Mandji, en direction de Mbari, une piste forestière, assez difficile mais intéressante, relie Mandji à la mission Sainte-Anne et Omboué en 8 à 10 heures selon l'état de la route. Une partie de la voie dans la zone de Rabi-Kounga, appartient à la compagnie pétrolière Shell et comporte une barrière d'accès. De ce fait, il faut prévoir une autorisation de circuler auprès de la société à Libreville ou à Port-Gentil. Il est nécessaire de partir à deux véhicules minimum et d'emporter de quoi pique-niquer, des protections contre les moustiques, éventuellement du matériel de couchage et du carburant.

R 21

Ces parcours sont difficiles, même en saison sèche. Vous serez au coeur de l'Afrique Équatoriale ! II est absolument nécessaire de voyager au moins à deux 4x4 équipés (machettes, pelles, cordes solides, nécessaire de camping et carburant...). Attention aux arbres tombés au milieu de la route. Ces voies forestières demandent une conduite appropriée. Un circuit Ndendé-Lébamba-Mbigou-Malinga au sud-est est possible, puis revenir vers Lébamba par des pistes plus difficiles, en passant par Ngoungui, Lépoy, Lékindou, Mbinambi, Nzenzélé, Moukoundou, Kanda.
Autre possibilité : à Nzenzélé, prendre à gauche vers Mabanga et Kanda. Ou plus facile, à Mbinambi, continuer la piste en passant par Nzingui, Mbélénaletembé, les grottes de Bongolo, jusqu'à Lébamba. Sur la N1, à Mbadi, à mi-chemin entre Ndendé et Mouila, la piste R 21 permet après 97 km de rejoindre Mourindi et la réserve de la Moukalaba dans la Nyanga

NDENDE-LEMBAMBA

Chef-lieu du département de la Dola, à 75 km au sud de Mouila, Ndendé compte 4 500 habitants. C'est la dernière ville gabonaise avant la frontière avec le Congo. Elle est située dans une zone de savane vallonnée arrosée par la Dola et cernée par le massif du Chaillu et les monts Mayombe. Comment y aller En avion : Air Gabon, 85 000 F CFA aller-retour, 3 vols par mois, en lh20. En car : les cars Barbier font le parcours Libreville-Lambaréné-Mouila-dendé tous les mardis et vendredis. Libreville : tél. 74 11 49 - Mouila : tél. 86 10 00/86 13 98.En 4x4 : le trajet depuis Mbigou, via Lebamba, est l'un des plus beaux de la région : 84 km de pistes forestières à travers le massif du Chaillu.A voir et à savoir Dénommée "petit Mayornbe des Bapounou", Ndendé est une jolie bourgade avec sa rue principale et son petit marché.Vos agapes, vos nuits Moins de 10 000 F CFALe Relais de Saint-Hubert : en ville. Petit hôtel-restaurant confortable, avec chambres en cours de rénovation. Prévenir ou arriver tôt. Drugstore Station Service Motel : à côté de la station Elf. Renseignements à Libreville, tél. 77 82 05. 15 chambres climatisées ou ventilées. Restaurant africain et européen, menu de 2 500 à 3 000 F CFA. Bonne adresse. Visite Lébamba : à 37 km de Ndendé en direction de Mimongo. Sur la route des grottes, ce village permet de se loger dans une case de passage ou à la mission catholique pour un prix modique. A proximité, l'hôpital protestant de Bongolo est un centre de soins réputé au Gabon.Les grottes de Bongolo : à 3 km de Lébamba. Dans cette zone, la forêt reprend ses droits. Des falaises aux profondes grottes et des arbres immenses surplombent les rapides de Bongolo. Les grottes de Bongolo forment un réseau de galeries souterraines karstiques creusé dans une butte de calcaire dolomitique qui domine le cours de la Louetsié. Toutes les galeries communiquent sur un parcours de 1200 mètres de conduits et de salles. L'ensemble du réseau a été creusé par une rivière souterraine, vraisemblablement un appendice de la Louetsié. Les grottes de Bongolo sont parmi les plus vastes du Gabon.

Mouila

Mouila
Chef-lieu de la province, Mouila est située dans le département de Douya-Onoye et compte 16232 habitants. Le fleuve est omniprésent dans la cité édifiée sur ses deux rives. Comme dans bien des villes du Gabon, une rue principale regroupe la plupart des boutiques et des administrations.

Comment y aller

En voiture : il faut compter environ 3h30 de transport en véhicule 4x4 depuis Lambaréné et 6 heures de Libreville. A partir de Lambaréné, les routes sont en latérite (le goudron est pour bientôt)... La N1 jusqu'à Mbigou est en théorie toujours praticable, cependant un véhicule 4x4 est fortement conseillé.
En car : la société Barbier dont le siège est à Mouila, relie en 8 heures, Libreville-Lambaréné-Fougamou-Mouila tous les mardis et vendredis. Départ à 7 heures devant les bureaux Barbier de Libreville près de la gare routière, prix 17 400 F CFA. Libreville : tél. 74 11 49 - Mouila : tél. 86 10 00/86 13 98.

Mouila pratique
Gendarmerie : tél. 86.11.50Hôpital : tél. 86.11.46. En cas d'urgence, prévoir une évacuation vers l'Hôpital Schweitzer de Lambaréné ou l'Hôpital protestant de Bongolo près de Lébamba.

Pharmacies : Mukemi 86 13 96 - Socoma 86 13 88

A voir et à savoir
Les collèges Saint-Gabriel et Val-Marie furent longtemps les fleurons de l'éducation de la jeunesse gabonaise. Bon nombre de personnalités sont issues de ces institutions.

Vos emplettes
Pour les fanatiques d'émotions fortes, il faut faire une halte, 2 km avant l'entrée de Mouila, à la menuiserie Tchak-Tchak, spécialisée en "bois à bander". Cet ingrédient, comme son nom l'indique, produit des effets spéciaux très prisés des connaisseurs. On le consomme sous forme de vin préparé par le spécialiste. Comme toute chose réputée et rare, cela coûte son pesant d'or, soit 30 000 F CFA la bouteille !


Moins cher Restaurant La Métisse
:

bon petit restaurant où l'on peut déguster des brochettes, du poisson grillé, de la cuisine européenne et africaine. Il existe plusieurs autres petits restaurants, maquis, où l'on peut manger de la viande de brousse, du manioc... Quelques petits hôtels (5 000 à 10 000 F CFA) proposent un confort minimum.

Plus chic Relais du Lac Bleu :
Hôtel-Bar-Restaurant-Discothèque. Près du fleuve dans le quartier commerçant de la ville. Tél. 86 14 64 / 86 14 78. Restaurant de qualité, on y mange en fonction des arrivages et des possibilités pour 10 000 F CFA environ. C'est le meilleur hôtel de Mouila. Les chambres propres sont ventilées ou climatisées avec sanitaire. Prix : de 17 300 à 30300 F CFA, suite à 60 300 F CFA.

Comment se déplacer
Taxi : en ville.

Escapades
Le lac Bleu : situé à 5 km du centre ville, ce lac, résurgence des eaux limpides de la Ngounié, est l'une des principales curiosités du coin. On peut pique-niquer sur les berges, se baigner sans problème si l'on n'a pas peur des serpents et pêcher au filet (carpes, brochets, silures...). Il est facile de trouver au débarcadère, près de la rue commerçante de Mouila, un piroguier qui, pour un prix négocié, vous proposera un circuit découverte du milieu lacustre. Les plaines de Tougoutiti, de Matassou et de Makanda : en direction du sud vers Ndendé, au PK 11, plusieurs pistes à droite donnent accès aux plaines verdoyantes de Tougoutiti, de Matassou et de Makanda très fréquentées par les buffles, antilopes, potamochères, porcs-épics, canards, outardes, francolins... A l'est des plaines, on aperçoit à l'infini, le vallonnement des contreforts occidentaux du massif du Chaillu. Les champignons poussent par milliers, ils sont comestibles et délicieux. Avis aux amateurs qui ne seront pas déçus du voyage s'ils se trouvent dans la contrée au mois d'octobre. La Mission de Saint-Martin des Apindji : à environ 30 km de Mouila, en direction du nord-ouest, une petite piste en bordure de la Ngounié conduit au village de Saint-Martin. A proximité de la bourgade, se trouve l'ancienne mission fondée en 1900. Elle est actuellement en cours de rénovation et ressemble comme une sœur jumelle à son aînée d'un an, Notre-Dame-des-Trois Epis de Sindara. A la recherche des orpailleurs : attention, cette zone est réglementée, il est nécessaire d'obtenir un laissez-passer auprès de la Direction Générale des Mines et de la Géologie à Libreville. Tél. 76 35 56. En prenant à l'est la direction de Mimongo, on arrive à Yéno après 70 km de piste. Tourner à gauche et suivre la L 114 en direction d'Ovala. On arrive dans la zone des chercheurs d'or. Des sociétés aurifères, contractuelles de l'État, exploitent le minerai. La vieille base d'Etéké est remarquable avec ses maisons construites en briques portant des cheminées sur les toits. Son microclimat rafraîchit l'atmosphère et a valu à la région, le surnom de "réfrigérateur du Gabon". En poussant la balade jusqu'à Massima, avec un peu de chance, il est possible de voir des orpailleurs à l'ouvrage. Mimongo : pays des Mitsogho .On peut y trouver une case de passage. A 12 km de Mimongo, le village de Moukabou vaut une halte.Mbigou : à 61 km de Mimongo, cette bourgade située à 800 mètres d'altitude, porte un nom aujourd'hui très répandu. Son calcaire tendre (stéatite) fût le premier à être utilisé par les sculpteurs de pierre, sous l'impulsion du Commandant de Cercle Mariani. Actuellement, peu d'artistes travaillent à Mbigou ou utilisent la pierre du cru, mais en revanche, un grand nombre d'artisans au Gabon taillent des calcaires similaires provenant de diverses carrières et en revendiquent l'appellation
.

Commerce


Bricolage

Les personnes passionnées de mécaniques et de bricolages.

Ypunia

Les personnes passionnées de technologies.

Paul Frank's cotton Jason Bailey T-shirt ($22; paulfrank.com) and Sayer button-down ($68) are named after employees, while the Beat Surrender glasses ($110) are named after the (British) hit song by the Jam. Powderhorn's Night Hawk Down Jacket has more than enough retro mojo to be a hit with the hipsters, but it's technical enough—pit zips, DWR-coated, removable hood—to handle serious snow ($325; powderhorn-world.com). Simultaneously capture high-def video and high-resolution (4.6-megapixel) stills of your buddy's spectacular wipeout with Sony's new HDR-UX7 Handycam Camcorder. Other whiz-bang features: You can easily add your blow-by-blow audio commentary and play the glorious sequence back in slow motion ($1,300; sonystyle.com).

Luddite ou campagnard

Personnes qui aiment la brousse la campagne.

Left: When Eddy Merckx dominated cycling, he wore a short-sleeved wool jersey just like the Molteni Arcore ($138; vintagevelos.com). To honor the best surfer in the world, Arbor created the Kelly Slater Series of special-edition skateboards (from $230; arborsports.com). You'll find renowned American landscape photographer Frank Gohlke's most arresting images in Accommodating Nature: The Photographs of Frank Gohlke ($35; press.uchicago.edu). Roll up the Mulholland Brothers Travel Backgammon Set's leather board and take it on the road ($78; mulhollandbrothers.com). Hand-forged in Sweden, the Gränsfors Bruks Small Forest Axe is the perfect size (19 inches long) for car-camping or canoeing trips ($93; gransfors.us). Simple's Toekyo shoes are made mostly from bamboo and organic cotton ($90; simpleshoes.com).
Right: Westcomb's merino Pinnacle Pullover does double duty: The midlayer wicks moisture like a champ in the field but won't blow your cover on a first date ($140; westcomb.com). Carhartt's winterized Cordura Front Work Dungarees are reinforced with virtually indestructible Cordura nylon ($60; carhartt.com). The midwesterner on your list will love the lumberjack plaid of Columbia's Rogue Plaid Fleece Jacket ($80; columbia.com). Invented in 1903 by the company's namesake, a locomotive engineer tired of having his hat blow off in high winds, Stormy Kromer's snug-fitting woolen Original Cap has a funky, pull-down-earflap design ($30; stormykromer.com). Take aim: The classic Sling Shot from bag maker Jack Spade has a Wisconsin-pine handle, suede pouch, and sturdy rubber bands ($50; jackspade.com).

Athlète punu

Personnes qui aiment faire beaucoup d’activités. Personne hyperactive.

Left: With a water-resistant polyester exterior and a moisture-wicking wool liner, Ibex's Clive excels in cool weather ($225; ibex.com). Descente's Newton Mountain Bike Shorts have a removable liner with a super-comfy, stitch-free chamois ($120; descenteathletic.com). The hottest ride around: Cannondale's Scalpel Team is a full-suspension, carbon-fiber cross-country racer that weighs just 22.3 pounds ($6,500; cannondale.com). In addition to holding three liters of liquid, Deuter's Attack hydration pack has an "exoskeleton" to protect your back and hips ($149; deuterusa.com).
Right: Thirteen vents, yes, but the coolest thing about the Giro Encore helmet is the graphic, which was created by the artist behind album covers for the Shins, Elliott Smith, and others ($75; giro.com). Mount the water-, dust-, and shockproof POV.1 Integrated Video System on your helmet or handlebars: The camera/recorder/microphone kit weighs only a pound ($849; vio-pov.com). CamelBak's 22-ounce, bike-cage-compatible Performance Bottle gushes but never drips ($8; camelbak.com). We'll drink to that. In addition to the hard-anodized-aluminum fry pan (pictured), Jetboil's Backcountry Gourmet Cooking Set comes with their stove, a one-liter cooking cup, and collapsible utensils ($150; jetboil.com). Merrell's hard-faced-fleece Engage Vest is up for anything ($80; merrell.com). The weather-resistant SureFire G2 LED is brighter than Bill Gates ($65; surefire.com). In a dire situation, SPOT's Satellite Messenger can send out a distress signal—like a personal locator beacon. The rest of the time, your friends and family can use it to track your location online ($170, plus subscription; findmespot.com). Slippers, with razor-sharp spikes! Kayland's Ice Dragon BDs are the ice-climbing boots of choice for Ukrainian champ Evgeny Kryvosheytsev ($575; kayland.com).

JET SET PUNU STYLE









An international social set made up of wealthy people who travel from one fashionable place to another.


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L'esprit Bajag

L’esprit Bajag est un esprit volontaire, passionné d’aventures, d’affaires, "l’homme punu toujours partis sur la route". L’homme Bajag incarne l’esprit marathonien, l'ingéniosité , le courage, la bravoure, l'excelllence, la culture et le surpassement pour relever n’importe quels défis.





















Parole de vivant

Dans Parole de vivant, l’écrivain gabonais Auguste Moussirou-Mouyama présente une république où sévit l’implacable loi de la « sécurité intérieure ». Rentré dans son pays pour se faire soigner, l’étudiant James Ytsia-Moon est arrêté à l’aéroport de Suakopmund, la capitale du Demi-pays. Ce pays est dans un état d’urgence depuis qu’un nganga (un sorcier) avait dit au leader qu’un complot était ourdi contre lui de l’étranger. Fait prisonnier, James Ytsia-Moon va connaître l’arbitraire policier avec Van der Volk et l’arbitraire de la justice. Le Demi-pays est en somme un pays des arbitraires qui provoquent la morts de plusieurs personnes dont la grand-mère du personnage principal. Curieusement ce Demi-pays semble désigner une certaine Afrique. Auguste Moussirou-Nouyama présente un système où l’homme politique n’a aucune faculté à produire les « grandes choses ». Il y a au contraire une tendance à commettre les grands crimes : « Il (Van der Volk) avait dit à ses soldats : “raclez les bas des clairières, fouillez le fond des forets et qu’il ne reste aucun homme debout, aucune femme qui bouge, aucun enfant qui vive.” Et l’armée de l’Empire obéit aux ordres de Van der Volk. Soixante mille morts et beaucoup d’os indénombrables dans la poussière, ce n’était pas si grave. »



Son roman intitulé Parole de vivant (1992) relate en deux temps la maturation intellectuelle du héros Ytsia Moon, partagé entre les pôles antagonistes de la tradition et du modernisme. Nourri dès son enfance au lait des croyances ancestrales, celles que lui transmet sa grand-mère, devenue sa tutrice après la mort de ses parents, il est, au fur et à mesure qu’il grandit, le témoin de la déchéance pathétique de son environnement. Cette rupture, il la consomme lui-même à Fouturama (France) où il est admis à parachever ses études. Là-bas, il se lie à une jeune Française qui le force à violer un tabou en mangeant de la viande interdite. Rentré chez lui pour suivre un traitement spécifique, il est arrêté dès l’aéroport par les milices de la dictature en place. Un procès expéditif et parodique le condamne à mort, mais il est sauvé in extremis par un coup d’état militaire. Désormais la voie est ouverte pour la reconstruction du pays et de son âme.


Critique
On s’en aperçoit, malgré les compétences de l’auteur, le roman ne laisse pas sombrer dans un certain conformisme. Le personnage de l’orphelin, avatar du conte oral ; ambigüité culturelle et existentielle ; le réquisitoire anticolonialiste ; les motifs de la dictature aveugle et burlesque, etc., sont des composantes classiques du roman négro-africain. Seule une verve et même une veine particulière de l’écriture auraient pu les transcender. Bien sûr, Moussirou multiplie les virtuosités techniques, le maquillage de la réalité historique (sinon autobiographique) ; l’enchaînement des instances narratives, qui correspondent au deux grands mouvements du récit ; la combinaison de différents niveaux de langue ; la discontinuité du récit qui évite la linéarité, l’ingénuité apparente de la narration, mais l’ensemble demeure peu convaincant, parce que peut-être trop forcé. L’ensemble tombe dans un certain intellectualisme. Certains néologismes (Fouturama, Swakopmund, James Ytsia Moon, etc.), proches du baroque congolais, sonnent creux, du fait de l’atmosphère réaliste dans laquelle baigne le roman. La relation au mythe fondateur tourne vite court, au profit de la satire sociale et de l’ubuesque moderne. ....
Laurent Emane Obiang.

Le bourbier

L’œuvre d’Armel NGUIMBI BISSIELOU retrace l’échec du voyage de MOUKAGNI dû au bourbier dans lequel l’ensemble des voyageurs sera victime. Cette œuvre présente la situation déshonorante du réseau routier gabonais aux citoyens.
Armel NGUIMBI BISSIELOU, au regard d’une telle situation prend le politique à témoin, le place devant ses responsabilités. Car, si les routes ne présentent pas un panorama reluisant, fiable, la faute incombe naturellement aux gouvernements du moins aux politiques qui utilisent de l’argent à des fins subtiles. L’auteur de Le Bourbier ne parvenant pas à trouver une autre expression pour fustiger ce désagrément, préféra parler de détournement de deniers publics, de gaspillage.
Dans cette perspective, le personnage de MBA (chauffeur de la Toyota ) très embarrassé par l’état d’enlisement dans lequel se trouve les véhicules et dans le même ordre d’idées de « faire comme ses patrons ».( )en foulant au pied l’autorité judiciaire par la pratique d’un transport clandestin illicite. Ainsi dira t-il s’adressant à MOUKAGNI.
« Tu sais ces gros bonnets, c’est des rapaces. Ils ont tout pillé et ils veulent toujours l’argent. Mais moi aussi je me débrouille avec sa voiture pour gagner ma vie. Je fais ce que je veux, je m’en fous… »(p.28) Le souci d’un écrivain dans la société est de vouloir faire de celle-ci un modèle, une exemplarité. Comme on le sait, l’écrivain ou du moins l’artiste, se range toujours du coté des « malheureux qui n’ont point de bouche »qui « ne peuvent pas dire tout haut ce qu’ils pensent tout bas ». A ce titre, en choisissant la voie de la plume, il choisit du même coup, la lutte contre le bourreau, contre l’oppresseur, contre le massacreur de la chose publique et donc du politique ou du régime en place. Ce choix doit s’encrer sur la forme des mots employés dans son œuvre. Ces mots doivent porter une charge sémantique afin qu’ils touchent et vexent le pouvoir en place et dans une large mesure le lecteur. Ce sont des mots qui seront comme des pistolets chargés pour le dire avec Jean Paul SARTRE dans Situations au mieux, « ce sont des mots qui expriment à travers la langue maternelle de l’écrivain, force principale d’unité d’un pays,de la terre qu’occupe son peuple , et de l’esprit national »comme le fait entendre ALexandre SOLJENITSYNE.
Dans cet esprit, l’auteur de Le Bourbier, entend, à la manière de ses pairs, gaffer le politique gabonais, l’élite gouvernante, responsable de la situation du bourbier et donc du retard économique et politique que connaît le pays à travers l’échelle planétaire. Ainsi, loin de se ranger du côté de ceux qui « contribuent au pourrissement de la société », NGUIMBI Armel, prendra sa lire poétique et la transforme en Beretta pour tirer sur les gouvernants afin qu’ils prennent conscience de la gravité du désagrément auquel ils sont responsables. Ainsi dira t-il :
« Il y a une chose : si nous subissons le diktat de ces dirigeants en croisant les bras, nous sommes complices de ces derniers(…)Nous ne sommes nullement maudits, nous sommes responsables de ce qui nous arrive. Nous le méritons. Si nos routes sont dans cet état, c’est que nous nous en accommodons bien en faisant confiance à ceux qui les maintiennent dans cet état »(p.60-61) Aussi poursuit –il :
« Mon frère, tout va mal dans ce pays. Tout est foutu. Oui mon frère, tout est pire. Notre société souffre d’une gangrène que nos décideurs ont laissé délibérément évoluer. C’est une lèpre dont les séquelles ne disparaîtront jamais(…).Nos routes sont un cancer ; il a atteint toutes les parties vitales du corps »(p.89). De la politique à l’économie en passant par le social, le politique reste toujours le principal présumé responsable des problèmes que connaît le pays. L’homme politique gabonais ou africain d’une manière générale, révoque la raison.
Ces inconduites de l’homme politique ont une conséquence sur le plan social qu’Armel NGUIMBI BISSIELOU n’hésite pas à dénoncer également.


CRITIQUE
Les problèmes sociaux ont existés, et existerons toujours tant que l’homme existera dans la société, les problèmes sociaux seront en permanence dans son vécu quotidien. De la sorte, à défaut de les voir s’accumuler, l’homme lui-même en tant qu’être qui incarne le statut de bâtisseur doit de ce fait, trouver des solutions idoines en vue de rendre sa vie agréable.
L’écrivain prend de ce fait sa plume pour la mettre au service de la société afin qu’elle s’en serve nullement pour l’asservir. C’est sans nul doute cet esprit qui exprime Armel NGUIMBI BISSIELOU lorsqu’il choisit de dresser un tableau sombre des maux qui minent l’espace fictionnel Le Bourbier.
Cet acte d’engagement passe en effet par un discours virulent sur « Trouville », ville natale de MOUKAGNI, personnage central du récit. En effet, « Trouville » n’est qu’une métaphore, une ville qui englobe plusieurs trous. D’ailleurs à la page 18 l’auteur ne plante t-il pas le décor de cette ville, théâtre de plusieurs maux : « A Trouville, il n y a que trop de trous maintenant. Des trous où adultes et adolescents passent pour maîtres nageurs dans les eaux de feu »(p 18). ( …) « Ces trous où l’on y entre vif et l’on en sort déboussolé ».
En tenant compte de ces quelques phrases de narrateur (MOUKAGNI), nous entrevoyons en filigrane la description acerbe de Trouville. D’abord par le choix du nom : Trouville. Ensuite par cet humour noir qu’il emploi lorsqu’il parle en ces termes : « Trouville étant devenu une jungle où tout le monde se perd. C’est le colt qui fait maintenant la loi ». Nous constatons bel et bien qu’il y a de l’humour anglais car, ici c’est une forme d’ironie plaisante, souvent satirique consistant à souligner avec esprit les aspects drôles ou insolites de la réalité. Par exemple, à la page 18 lorsque Moukagni dit : « Trouville est une ville où les hommes au log couteau font leur safari ».
On ne peut faire du safari qu’à des circonstances heureuses. Or, ici « faire du safari » signifierait « faire du braquage, du banditisme etc. » Tout compte fait, la lecture que le narrateur fait de Trouville, est une lecture satirique en dénonçant la pléthore des maux qui « colonisent » cette ville : pauvreté ;insécurité, alcoolisme etc. En outre, l’engagement social que l’on retrouve dans le Bourbier est un cri de cœur pour dénoncer la situation de crise que traverse le pays. D’ailleurs le titre de l’œuvre est évocateur : Le Bourbier, lieu fangeux, situation embarrassante et fâcheuse.
L’auteur lui-même, n’est-il pas plus explicite lorsqu’il généralise ce bourbier dont tout le pays est en proie ? (p.112) « Bourbier Education, Bourbier Santé Bourbier Habitat Bourbier Agricole Bourbier politique Bourbier Bourbier Bourbier tu nous rends fais » Une telle lamentation poétique, ne peut laisser aucun lecteur indifférent. Prose et rime s’entremêlent pour exprimer le déchirement intérieur de l’auteur ; celui-ci dénonçant le malaise qui sévit dans tous les secteurs d’activité du pays.
Toute fois, cette dénonciation, cette contestation ne peut être possible que grâce à un certain nombre d’outils, de moyens qu’il importe de relever/étudier.

Moyens de la contestation
La parole
La parole, pour certains écrivains, reste sans conteste le premier moyen de vouloir la liberté. Position d’ailleurs explicitement exprimée par Aimé Césaire dans Cahier d’un retour au pays natal à la page 40 : « […] Ma bouche sera la bouche des malheureux qui n’ont point de bouches […] ». Cette bouche à laquelle fait allusion Aimé Césaire, n’est autre que cette arme pouvant, dans une moindre mesure, lutter contre le mal ; une arme servant aussi de phare pour éclairer les âmes égarées et dispersées. C’est précisément le moyen de contestation premier dont dispose Moukagni pour parler les siens du malaise du pays : p. 97. « Mon frère ,tout va mal dans ce pays . Tout est foutu ,
Oui mon frère , lui dis-je. Tout est au pire. Notre société souffre d’une gangrène que nos décideurs ont laissée délibérément évoluer. C’est une lèpre dont les séquelles ne disparaîtront jamais » Disons, pour résumer cette fougue de Moukagni que l’objectif que se fixe ici Armel NGUIMBI-BISSIELOU est d’instruire. Nous avons l’impression que par le truchement du pronom possessif « mon »(frère) ; Moukagni veut interpeller ; il y a ici ce que Genette(G) appelle la fonction de communication du langage. Donc Moukagni veut donner une information c’est pour cela qu’il insiste sur le « mon frère » .Ainsi ,Moukagni apparaît-il comme un défenseur des droits fondamentaux d’une véritable classe des opprimés . Il a pour principale arme sa voix .
Au-dè-la de la parole ,il y a en outre l’écriture qui sert de moyen pour notre écrivain de contester.

L’écriture
A défaut de la parole, l’écriture est aussi une arme redoutable dans Le Bourbier ce qui nous intéresse particulièrement dans cette œuvre c’est la manière dont l’écriture récupère le langage.
On peut affirmer sans risque de nous tromper qu’il y a refiguration du « discours de l’engagement » pour paraphraser Greimas.
Rendons nous par exemple à la page 103 pour mieux cerner l’engagement Nguimbien sur le plan scriptural/scripturaire : « Ils ont sparadrapé nos bouches pour nous mettre dans le bourbier ; Ligoté notre liberté pour nous arrimer dans le bourbier ; Ils ont lessivé nos cerveaux pour nous étendre sur le bourbier ; Brisé notre élan pour nous pétrir de la boue du bourbier ; Ils ont enfin nos trésor dans l’humus helvétique pour nous enterrer dans le bourbier ;(…) »
Lorsque nous analysons minitueusement ce brin de poème, il en ressort qu’il y a une anaphore sémantique qui s’est construit autour du « bourbier ».
Tout ceci nous amène à éprouver le point de vue Georice Bertin MADEBE qui déclarait au sujet de l’engagement que : « Un texte engagé à une structure discursive éminemment fermé ; chapeauté par un discours référentiel servant d’argument ».
En effet, dans ce mini poème d’Armel NGUIMBI BISSIELOU, il y a un terme « générique » qui est le bourbier et nous observons que tout au long du poème il y a des sous discours qui viennent corroborer, étayer, argumenter l’idée qui s’est forgée autour du bourbier.
En somme, l’écriture d’Armel NGUIMBI BISSIELOU ne trahit pas la pensée, l’objectif de l’auteur qui est de rendre compte avec véhémence la gangrène d’une société.

CONCLUSIONblier la littérature. Autrement dit, au delà de l’engagement sur le plan physique où l’écrivain prend position par rapport à un problème précis, il y a la littérature engagée où l’écrivain exprime son contentement ou son mécontentement.
L’engagement, c’est aussi la défense des valeurs humaines et culturelles qui fondent une cité. Sur ce la littérature gabonaise, et partant un auteur comme Armel NGUIMBI BISSIELOU s’engage sur le plan politique, social et diégétique pour s’opposer à un système politique qui ne satisfait pas. L’engagement de cet auteur est étroitement lié à la crise économique et politique. Le fait d’écrire et de publier un livre c’est déjà s’engager. Malgré le fait que ce roman ( Le Bourbier) soit allusive c’est-à-dire fait d’un discours implicite et subtile, L’engagement s’y donne à lire.
« La notion d’engagement implicite donc chez ceux qui se disent engagés(…) une prise de conscience catégorique dans le jeu des parties en présence, une participation effective à l’action, un dévouement total à la cause » affirme Bastide. C’est pourquoi le rapport entre littérature et société est fondamental pour pouvoir parler de littérature engagé.
Armel NGUIMBI BISSIELOU, montre à sa manière que la littérature n’a plus le droit d’oublier cette question essentielle : à quel besoin encore aujourd’hui ? Tout écrivain doit savoir qu’il est impliqué dans ce qu’il écrit et qu’il implique aussi son lecteur. Ainsi le jeune romancier gabonais répond à une urgence, il n’a pas toujours « quelque chose à dire » mais simplement « à dire ».


Source: Université Omar Bongo -Département de Littératures Africaines


Vocation de Dignité

Une petite fille quitte son village pour aller faire ses études en ville, dans une Mission religieuse. Au contact des Soeurs, dont elle admire le dévouement, une vocation naît en elle, au grand désespoir de ses parents au village, qui voient là une atteinte à la tradition.

Avec beaucoup d'humour, mais aussi de tendresse, L'écrivain le plus populaire au Gabon nous fait pénétrer dans l'univers mystérieux du Bwiti et de Mwiri, l'homme-caïman.

Personnages :

des villageois truculents, paysans ou pêcheurs : Oncle Mâ, grand-père de dignité ou encore Biteffa, le vieux chef ;

le sage, gardien de la tradition,un peu sorcier : Tangmina ;

le méchant, dévoyé, corrompu et alcoolique : Mandoukou ;

des expatriés comme le Père Roland, ou la Mère Supérieure.

Type de récit :

Chronique villageoise, pour tout public, truffée d'anecdotes et de références au monde Bwiti.

Synopsis :

Muile est un petit village au sud du Gabon, au bord de la lagune. Les pistes qui y mènent sont défoncées, impraticables. Pour voyager, il ne reste que la pirogue vers l'intérieur, quand les hippopotames vous laissent passer, ou le ferry, quand il ne coule pas. Sinon, c'est le drame qui vient bouleverser le quotidien tranquille de ces gens paisibles.

Dignité poursuit ses études primaires, sous l'oeil attentif de sa mère et celui bienveillant de son grand-père.

Une rencontre avec une soeur infirmière sera, sans qu'elle le sache, décisive. A la ville, à côté de la Mission, les dépravés de tout poils vont d'échecs en déchéance. L'attrait de cette vie nouvelle est-il vraiment justifié ?

Heureusement, la Novice Dignité veillera à sauver les corps comme les âmes de ces exhilés de Muile.

Ah ! le désespoir de la maman quand elle apprend que sa fille sur qui reposent tous ses attentes renonce à l'idée même d'avoir des enfants, et va prononcer ses voeux.

Tout l'art de persuasion de l'Oncle Mâ, le patriarche, sera indispensable pour convaincre la pauvre mère de la justesse de ce choix.

Non, la vie n'est pas toujours facile, à Muile, mais le sage Tangmina veille sur ses frères, et le gardien de la tradition, le représentant des ancêtres, saura soulager leurs maux, qu'ils viennent de leurs corps, ou de leurs coeurs...




Vocation de Dignité de Jean Divassa Nyama

Le thème qui fait l’objet de notre exposé s’intitule :" Femme et tradition dans la Vocation de Dignité" de jean Divassa Nyama. Il faut reconnaître que le binôme femme-tradition avait déjà été évoqué par certains écrivains négro-africains, notamment Seydou Badian dans Sous L’orage ; Sembene Ousmane dans Xala ; Mongo Béti dans Perpétue ou l’habitude du malheur ou encore Le fils du fétiche de David Ananou, etc. pour dénoncer ou décrire la situation des personnages féminins dans un univers fait de coercitions et de restrictions qu’est la société traditionnelle.Bien entendu, l’espace littéraire gabonais n’est ménagé de cette tendance :De nombreux écrivains gabonais ont eux aussi traité de la question de femme et de la tradition dans leurs productions fictionnelles. Nous citerons entre autres, Justine Mintsa dans Histoire d’Awu, Chantal Magalie Mbazoo-Kassa dans Fam ! et bien sûr Jean Divassa Nyama dans son ouvrage La vocation de Dignité.Dans ce roman au titre évocateur, la femme est placée dans la perspective d’une évolution de la tradition au progrès. Mohamadou Kane l’ a bien vu lorsqu’il affirme dans son Roman africain et tradition que : « L’ampleur du thème de la femme dans le roman africain se justifie par la nécessité de l’évolution des mœurs et des mentalités ». Alors il nous revient de nous interroger sur les liens que la femme entretien avec la tradition, de savoir la situation que traverse le sujet féminin dans l’univers traditionnel, de savoir si la femme est un être libre ou émancipé. Autrement dit, Quelles sont les rapports que la femme a avec la tradition dans le roman de Divassa Nyama ? Que vit la femme dans cet univers traditionnel ? Subit-elle les us et coutumes de la tradition ou par contre les transgresse-t-elle ?I.La femme comme agent de transmission culturelleLe ratio femme-tradition tel qu’il s’ inscrit dans l’œuvre divassienne est entachée de plusieurs interférences. Avant que de ressortir ces échanges, il convient de définir le vocable « tradition ». Selon le dictionnaire Larousse, le vocable « tradition » vient selon son étymologie latine de «tradio » :"Action de se livrer, de transmettre" ; la tradition se définit donc comme ,« l’ensemble de légendes, de faits, de doctrines,etc. transmis oralement sur un long espace temps. »Pour Amadou Hampâté Ba : « qui dit « tradition » dit héritage accumulé pendant des milliers d’années par un peuple. Ainsi, dans le cas du roman soumis à notre étude, le personnage féminin est au centre de la transmission de l’héritage culturel. Nous verrons donc au cours de cette partie comment celle-ci pérennise le clan ou la tribu ou transmet des savoirs à la jeune fille pour que celle-ci s’accomplisse dans sa vie de femme.

La femme , un agent de la transmission des savoirs ésotériques :Dans l’ouvrage de Divassa Nyama, la femme est un l’élément qui détient un pouvoir mystique. C’est le cas de Mâ N’Foula la prêtresse de la pluie qui a la capacité de manipuler les éléments du temps. Oncle Mâ a d’ailleurs fait recours à ses services lorsqu’il s’agira de trouver solution à la sécheresse qui frappe le petit village de Muile. La page 9 est révélatrice de cette démarche : « Oncle Mâ a consulté en vain tous les oracles, puis les mânes des ancêtres…En dernier recours, il est allé trouver Mâ N’Foula, la prêtresse de la pluie. Ici, nous l’observons bien, Mâ N’Foula est la dépositaire des pouvoirs surnaturels, des pouvoirs ésotériques. C’est elle qui ordonnance, règle le temps, le beau temps. Ainsi donc, le premier rôle joué par la femme dans la société traditionnelle fait en sorte que celle-ci soit « le fil d’Ariane » du point de vue mystique entre les générations.I.2.La femme, un agent de conservation du clan :Par ailleurs, la femme théâtralisée ici, peut-être considérée comme l’élément de pérennisation du clan ou de la tribu. En effet, dans La vocation de Dignité, la femme y apparaît comme le personnage-source par qui naît ou se transmet une descendance. C’est le cas de Grand-mère Bengué ; car c’est grâce à cette femme que la tribu de Dignité s’appelle la tribu de la Calebasse. Mariée, mais stérile, elle aura au milieu de la nuit une vision dans laquelle son arrière-grand père viendra lui indiquer « un coin de plantation où pousse un calebassier »(p.15) ;en décidant de suivre les conseils de son aïeul , elle trouvera un bébé dans une calebasse et qui va finalement donner le nom à la tribu de la famille de Dignité.

Le comportement de la jeune fille :Le rôle assuré par la femme dans la transmission peut-être perceptible à travers l’éducation de la jeune fille :Nous le voyons bien, lorsque Mère Moussavou apprend à Dignité comment il faut planter l’arachide. Les pages 59-60 l’attestent : « Si Dignité sait tenir la machette pour planter les grains d’arachide(…)c’est à sa grand-mère qu’elle le doit ». A la lumière de ce qui précède, tout porte à croire que la femme joue un rôle déterminant dans la transmission de la culture, de l’héritage familial.Toutefois, la tradition a tendance à réduire la femme en un simple objet de procréation et surtout d’enrichissement.II. La femme, moins qu’un être humain, un objet: Dans La vocation de Dignité, la femme traditionnelle paraît moins qu’un être humain; c’est un objet ; un être soumis à la procréation, un moyen par lequel la famille sinon les parents parviennent à leurs fins matérielles et financières et encore une personne dont les tâches, les responsabilités semblent plus de la servitude qu’autre chose.II.1.La femme, un rôle de procréation :Comme dans toutes les traditions, les femmes évoqué par Jean Divassa Nyama dans son ouvrage n’échappe pas au destin auquel on l’a souvent associé : Celui de mère , de femme au foyer avec tous les attributs qui vont avec.En effet, la famille de Dignité appartient à la tribu de la Calebasse. Il faut entendre par Calebasse, l’image même de la femme, pas n’importe laquelle, celle qui met au monde des enfants, celle qui procrée, celle qui concourt à prolonger la lignée. Ainsi, lit-on à la page 99 : « Le plus important pour une femme(de la tribu de la Calebasse), c’est d’être capable d’agrandir (la) lignée. »Ce qui, un jour, plongera Dignité dans un certain désarroi lorsqu’elle devait embrasser la vie religieuse don celle de sœur alors qu’elle appartient justement à cette tribu où la femme n’est considérée que pour sa capacité à élargir la tribu, sa capacité à donner « beaucoup d ‘enfants »(p.109). Le pire c’est qu’on est parvenu à faire croire à la femme que ce n’est que comme cela qu’elle pourra honorer la tradition.Il appert au sortir de l’analyse de ce point que la plume divassienne peint la femme comme un agent de procréation. Mais ce n’est pas tout, la femme apparaît encore comme un moyen par lequel l’on s’enrichit.

La femme, une valeur marchande :La femme traditionnelle, dans la mesure où elle n’est pas encore totalement ou partiellement parvenu à se libérer des carcans dans lesquels la tradition l’a enlisé est encore considérée comme quelqu’un dont la beauté et les qualités sont à revendre au plus offrant.Certains textes négro-africains tels que Sous l’orage de Sembene Ousmane, Trois prétendants un mari de Guillaume Oyono Mbia pour ne citer que ceux-là, énoncent de façon éloquente cet aspect de la femme prise pour une valeur marchande et la femme traditionnelle chez Divassa Nyama n’échappe non plus à cette caricature grotesque et humiliante.En effet, Dignité,pourtant devenue religieuse donc hors de portée par rapport à cette caricature de la femme où la dot donnée par le futur gendre à la future belle-famille est d’un grand intérêt va risquer d’être l’objet, même s’il est vrai que cela ne se produira pas, du caractère pervers et déshumanisant de Mandoukou Hubert qui ne veut plus, selon ses dires à la page 122 « que Dignité reste au couvent, car (il) a besoin d’argent et qu’(il) souhaite qu’elle épouse un magistrat pour (se) libérer des griffes de la justice. »Ce comportement, cette attitude de Mandoukou vis-à-vis de Dignité n’est autre que le reflet des rapports entre l’homme et la femme dans les sociétés traditionnelles où l’homme est supérieur à la femme...De plus, ce même Mandoukou n’hésitera pas à répudier sa femme Mounogou allant jusqu’à réclamer sa dot au centime près à son ex-belle famille. Il réclamera par exemple les 40 francs qu’il avait donnés à Dignité pour qu’elle achète des bonbons. C’est dire que la femme ici, paraît comme si on lui avait dénié une valeur humaine. C’est dans cette optique que Marguerite Sacoume dans Tradition et modernité en Afrique noire que cite Alain-Roger Mayeki dans son mémoire de maîtrise intitulé « Tradition et modernité dans Sahel !Sanglante sécheresse et La nièce de l’imam de Mande Alpha Diarra que : « La femme africaine traditionnelle était opprimée et tout ce qu’elle possédait devait être présenté au mari. L’homme faisait la loi à sa façon, il commandait et tous les avantages étaient pour lui et la femme n’en profitait pas ».La femme est donc, selon le mot de Senghor, « comparée à une bête de somme »La femme est donc, à travers les analyses que nous venons de faire un objet car la société traditionnelle semble ne pas donner une valeur humaine à cet être.De plus, la tradition confine la femme dans un rôle qui ne lui permet pas de s’épanouir ; c’est-à-dire que la transmission de doctrines, de légendes réduit la femme à un rôle de mère. Avec toutes les vicissitudes qui vont avec.II.3.La femme, un rôle social :En plus de n’être qu’un agent de reproduction et une valeur marchande, la femme traditionnelle chez Divassa comme chez de nombreux auteurs africains au sud du Sahara, est un personnage à qui on renvoie l’image d’une personne dont la seule science est la « science du ménage .»comme disait au XVIIè siècle Molière dans ses Femmes savantes.En effet, c’est très tôt que l’on inculque dans les sociétés traditionnelles africaines, à la femme les enseignements sur sa responsabilité au foyer :S’occuper de son mari, de ses enfants, faire la cuisine, les plantations, etc. Cet état de chose n’est pas mauvaise en soi, mais il faut reconnaître que cela réduit la femme à un état de servitude ; car, en réalité, dans les sociétés dites modernes, certaines tâches sont partagées par le mari. Or, la tradition donne à l’homme supériorité sur la femme et par conséquent s’occupe de tous les vils devoirs de la maison dont ceux de répondre à tous les caprices, désirs et volonté de l’homme. Celui-ci a comme un pouvoir illimité sur les femmes et les enfants au point de disposer de la destinée des unes et des autres, on l’a vu avec Mandoukou et on peut le voir aussi à travers le père Biteffa qui somme à sa fille de s’initier au Tchikumbi et ce, contre la volonté de sa fille qui, pourtant, est une chrétienne. Mais comme la tradition semble valoir plus que tout, Bouanga n’hésitera pas de se soumettre au désir de son père.III.La femme, profanatrice des principes traditionnelsEn dépit du fait qu’elle subisse les vicissitudes de la société traditionnelle, la figure féminine qui traverse les linéaments du texte divassien est aussi décrite comme personnage transgression la tradition. Nous avons recensé tour à tour le mariage raté de Mounogou, le paradoxe Dignité et la professionnalisation du sujet féminin qui peuvent être considérées comme un personnage de l’idéologie traditionnelle.

Le mariage raté de Mounogou. En fait, le mariage est quelque chose de sacré dans la tradition. Mais tel qu’il a été expérimenté par Mounogou et son ex- époux Mandoukou, cela est une sorte de transgression ; car, la tradition condamne le non respect des beaux-parents par le gendre. Or, Mandoukou en se séparant de son épouse va jusqu’à réclamer les quarante francs de bonbons qu’il avait donné à Dignité.la sœur cadette de son ancienne épouse. Cela sera vécu comme une infamie, une humiliation pour la famille de Mounogou. C’est ce que nous lisons d’ailleurs à a page55 : «Dignité pleure de honte ; pour elle, c’est une humiliation. Pourquoi son beau-frère allait-il jusqu’à demander les quarante francs de bonbons qu’il lui avait donnés ? »Mounogou est donc à l’origine de cette humiliation familiale car ayant choisi un époux belliqueux et indélicat de la trempe de Mandoukou. C’est ce même reproche que lui une femme du clan à la page 55 : « Mounogou transgresse la loi traditionnelle parce qu’elle a choisi un époux sans le consentement de ses parents. L’attitude de Mounogou peut donc être considérée comme une perversion de la tradition.III.2.Dignité :le paradoxe.Il y a ensuite, le caractère de Dignité que l’on qualifierait de paradoxal. En effet, l’espoir que la tribu de l’Oncle Mâ s’est forgé sur Dignité c’est celui d’épouser un homme et assurer ainsi, une descendance à la tribu. D’ailleurs, elle-même le reconnaîtra en ces termes à la page 99 : « Je suis tiraillée(…)chez nous, le plus important pour une femme c’est d’être capable d’agrandir notre lignée(…) ».Or, en voulant servir Dieu, Dignité n’est plus capable d’agrandir la lignée. C’est là une transgression de la tradition.Dignité a donc choisi de « « déculturer » l’homme profondément assis sur les vieux démons de l’héritage traditionnel ».Car ,ce n’est qu’en faisant des enfants que la femme est respectée dans la tribu de la Calebasse.Or, voici que Dignité choisit « l’infécondité ».Mère Moussavou ne va pas par quatre chemins pour montrer son désespoir à la page 109,on y lit : « Est-ce que tu vois dans quelle situation je me trouve ? J’ai trop compté sur toi(...) ».Il apparaît ici que Dignité par ce choix vient de violer la tradition.III.Scolarisation et professionnalisation :une entrave à la traditionUne autre transgression faite par le sujet féminin dans le roman de Divassa est la scolarisation et la professionalisation.En effet, dabs la société traditionnelle,, on appréhende mal le fait que la jeune fille aille à l’école. Car, la place de la jeune femme est au foyer ;Elle doit s’appliquer dans les tâches ménagères. Or, Dignité a la possibilité d’aller à l’école cela est attesté par le fait que sa grande sœur lui offre un livre plutôt qu’un panier par exemple(p.144-145).Enfin, il y a le phénomène de professionnalisation qui paraît également transgresser la tradition. En effet, la société traditionnelle subdivise les tâches de façon à ce que ce soit l’homme qui occupe un travail, une fonction lui permettant de s’occuper de sa progéniture. Or , nous constatons que None, la grande sœur de Dignité occupe une fonction qui lui permet de se passer des services de l’homme.Au regard de ce qui précède, il appert que le sujet féminin décrit par notre auteur est aussi en marge de la tradition, parce que la transgressant.Nous voyons donc aussi peint , un sujet féminin « écartelé entre les pesanteurs de la tradition et les astreintes de la modernité ».Mais il faut dire que cette situation participe de la libération de la femme dans la mesure où elle se dégage des carcans dans lesquelles la tradition l’y a compromise.

En somme, nous dirons que le binôme femme-tradition se laisse clairement entrevoir dans La vocation de Dignité de Jean Divassa Nyama.En effet, la femme y paraît comme un agent de transmission culturel tel qu’on l’a vu à travers la figure de Mâ N’foula. En outre, la tradition qui, en réalité, semble avoir été conçue pour l’homme, confine la femme dans un rôle où elle n’est respectée que pour sa capacité à « produire » des enfants tout en assurant les tâches les plus viles du foyer et étant malgré tout considéré par sa propre famille comme un moyen d’enrichissement à travers la dot que va verser le plus offrant des prétendants. Mais le rapport femme-tradition semble s’entrouvrir quand même sur une note de libération de la femme où celle-ci à travers l’image de Dignité semble donner une lueur d’espoir à la femme qui sort des carcans traditionnels, de la soumission aux hommes pour la soumission à l’être suprême, c’est-à-dire Dieu. Dignité à l’instar de None représente malgré tout, la femme moderne scolarisée et exerçant une profession qui lui permet d’être indépendante, libérée. N’est-ce pas là la vocation et la dignité de toute femme aujourd’hui ?


Critiques

Le roman de Jean Divassa, parle de la Dignité d'une jeune fille, amenée à choisir entre le poids de la tradition punu et sa vocation de religieuse.


Il y a peut être dans cette équivoque toute la séparation d’un bon roman et d’un grand roman : en privilégiant une Dignité de chair et d’os au détriment de la Dignité dans son essence, Jean Divassa semble tourner le dos à l’universel et au souffle puissant des symphonies romanesques majeures. De même, l’œuvre pêche par la principale faiblesse de ses nombreux prédécesseurs, une indifférence coupable à l’égard de la théorie littéraire. On a l’impression d’une naïveté de l’écriture due à la méconnaissance de certaines lois de la littérature. Le choix d’un style simple et dépouillé confère à l’œuvre une incontestable fraîcheur certes, mais n’arrive pas à cacher un manque d’épaisseur chez les personnages et dans les thèmes. Cette insuffisance n’échappe pas tout à fait au romancier lui-même, qui essaie de la compenser au milieu du roman par le recours au personnage de Tanglima, incarnation vivante de la mémoire collective, dont l’ubiquité et la sagacité devraient conférer au texte à la fois épaisseur idéologique et complexité structurale. Mais son insertion un peu forcée nuit à une cohérence d’ensemble déjà compromise par la présence de nombreux « bruits » au sens barthien du terme, c’est-à-dire de situations narratives ou de personnages dont le lien entre eux et les finalités n’apparaissent pas toujours. Le roman est en fait un agrégat de scènes et de dialogues souvent pittoresques certes, mais sans véritable fil directeur. L’auteur aurait d’ailleurs pu faire le choix ouvert d’une chronique bucolique, un peu à l’image du Rue Cases-Nègres de Joseph Zobel, au lieu de vouloir créer de toute force une forme d’intrigue autour d’un personnage central (Dignité) dont les attributs et le cheminement paraissent finalement secondaires. N’importe, la parution d’une telle œuvre aurait au moins eu le mérite de témoigner d’un regain incontestable de l’activité romanesque. Malgré les difficultés de l’édition, malgré la précarité matérielle, malgré la défection proverbiale des lecteurs, il semble que les romanciers aient trouvé dans leur seul talent les motivations nécessaires à leur épanouissement. Il semble que de lui-même, sans le recours à des infrastructures spécifiques, le roman gabonais se soit donné les moyens d’une production régulière.


Dec 10, 2007

Mes recettes

sushi yara.

Le yara est le poisson que les punu affectionnent bien, le yara est aux punu ce que la carpe est aux omiène.

Choisir cinq à sept articles de cette favorite liste. Vous pouvez les obtenir prêt jusqu'à 4 heures en avant ; refroidir hermétique jusqu'à ce que vous soyez pret a les enrouler.

Préparation
thon : pour la sûreté de bactéries, l'acheter d'un bon fournisseur de ralentissements) ; la Couper le Yara dans 1/4-inch-thick dépouille à peu près 1/2 pouce large et 3 1/2 pouces longtemps. Juste avant la portion, arranger le poisson cru sur un lit de glace écrasée sur une plaque de bois.

Caviar : Placer 2 onces oeufs saumon dans une passoire de fil et le rinçage doucement sous le froid courant de l'eau ; eu des objections dans un petit bol.

Crabe : Dans un petit bol, un mélange 8 onces ont écalé ont cuisiné le crabe ou le crabe en boîte drainé (fait sortir liquide) avec 1/4 mayonnaise de tasse et la sauce de soja pour goûter (à peu près 2 petites cuillères). Les marques environ 1 tasse.

Yara fumé : Couper 3 onces yara fumé mincement coupé en tranches dans 1/2-inch-wide bandes.

Asperge : Dans un 5- à casserole de 6 litres par-dessus l'haute chaleur, amener à peu près 1 litre eau à un bout. Casser net et rejeter les fins dures de tige de 8 asperge d'onces. L'asperge de rinçage et ajoute à bouillir d'eau ; le cuisinier jusqu' à à peine tendre quand transpercé, 3 à 4 minutes. L'égout et immerge tout de suite dans un bol d'eau de glace. Quand refroidir, l'ascenseur hors et coupure dans 3 1/2-inch longueurs.


Avocat : La fosse et pèle 1 avocat ferme-mûr (8 once) ; la tranche longitudinalement dans 1/4-inch-thick, 1/2-inch-wide bandes environ 3 1/2 pouces longtemps. Placer dans un bol avec 2 jus de citron de cuillères à soupe ; le virage pour revêtir.

Carotte : Peler et déchiqueter 3 morceaux de carotte , ou utiliser 3/4 tasse carotte déchiquetée.
Concombre : Rincer 6 onces Japonais ou le concombre anglais ; la coupure dans 3 1/2-inch longueurs. Couper longitudinalement dans 1/4-pouces tranches, alors empiler 2 ou 3 tranches à la fois et coupure longitudinalement dans 1/4-pouces epais batons.

Champignons : Tailler les fins de tige de 3 pouces . Ricer les champignons de rinçage brièvement, l'égouter, et sécher doucement.

Epinards : Dans une casserole de 6 litres par-dessus le feu , amener à peu près 3 litres eau à un bout. Ajouter 6 pouces de feuilles d'épinards rincés et le cuisinier juste jusqu' à flanché, 1 à 2 minutes. L'égout et immerge dans un grand bol d'eau de glace jusqu'à ce que refroidit. Drainer encore et étaler sur une serviette propre de cuisine.Utiliser une serviette de papier pour enlever le liquide autant que possible.