Dossier Ndengui


Le Ndengui: faire un Ndengui (un pagne) on cousait ensemble plusieurs bongo ou carrés de toile de raphia dont certains échantillons sont tramés de fiches teintées à la poudre de bois rouge ou par décoction d'une graine colorante ou noircie par rouissage ou décoction de feuilles et même d'un métal ferrugineux. Les couleurs obtenues sont : deux sortes de rouge, noir, violet, jaune d'or, que l'on combine à la trame naturelle de la pétiole du palmier raphia en motifs géométriques.

Ce tissu servait de pagne, on pouvait également en faire des moustiquaires, il servait également de valeur monétaire.Quelques vieux artisans de MBIGOU et du Canton DIBOA avaient il y a peu de temps encore conservés ces techniques traditionnelles. Le tissage des carrés de raphia de la N'GOUNIE semble se rattacher à cette technique .
A l'époque de Du Chaillu, les villages Mitsogho et Bapindji comportaient une grande quantité de maisons communes contenant chacune 4 à 5 métiers devant lesquels les tisserands assis fabriquaient leur toile. Pour faire un Ndengui (un pagne) on cousait ensemble plusieurs bongo ou dibongou ou carrés de toile raphia dont certains échantillons sont tramés de fiches teintées à la poudre de bois rouge ou par décoction d'une graine colorante ou noircies par rouissage ou décoction de feuilles et même d'un métal ferrugineux .
 Ancien tissu raphia région Tchibanga

Selon Monique Koumba Mamfoumbi les punu étaient d'habiles artisans, les fibres étaient tirées d'une plante de la famille appelée dyinimbe et séchées aux soleil puis les tisserands les passaient au métiers à tisser vertical et de construction compliquée.
Pour l'obtention des étoffes multicolores, les tisserands teintaient les fibres avant de les tisser. La couleur noire s'obtenait en faisant bouillir dans une grande marmite avec des espèces d'un cailloux noir vifs appelés Magogu que l'on ajoutait aux fruits, feuilles et écorces d'un arbuste mumbucini alchorena cordifollia Mull. Arg.) auxquelles il fallait aussi adjoindre les écorces de noisetiers : mugumunu ( coulus edullis baill) le tout était pilé, mélangé à l'huile de palme et mis à bouillir dans une marmite d'eau aux trois quart. Lorsque les fibres ont pris de la couleur on apportait la marmite et son contenu à la rivière. Là bas on procédait au lavage des fibres en frottant avec de la terre glaise avant de les rincer a grandes eaux. Enfin ils étaient mis à sécher au soleil avant de les tisser.

Hommes et femmes portent ces jupes brodées à des cérémonies rituelles importantes, y compris les funérailles ou mariages. Petits morceaux brodés étaient autrefois utilisés comme monnaie d'échange entre les personnes.
La couleur rouge pour autant demandait moins d'effort de travail car elle était entretenue à partir des fruits de l'arbuste dénommé nguntcii-bamba (bixa-orellena L.) des noix de palmes mures crues et parfois un morceau de l'arbre de couleur rouge sang: isugu. le tout mis dans la marmite et bouillie l’opération de nettoyage était toujours la même sauf qu'on passait directement au rinçage sans enduire les fibres de terre glaise au préalable.
Les tisserands passaient ensuite au tissage. La pièce d’étoffe tissée: dibongu; et l’assemblage de plusieurs d'entre elles donnaient ce qu'on appelait ngombu ; ndengui ou encore massieli. Pour arriver à ce stade l’opération duraient durant plusieurs jours.
Les étoffes ainsi produites servaient à la fabrication des vêtements du village ou a être échangées avec celles des ethnies voisines.
Chaque localité se distinguait par le choix des couleurs et des motifs que par la qualité.Et grâce aux échanges inter et intra-ethnique, le savoir faire passait ainsi d'une éthnie à une autre de nos jours , le mode vestimentaire à bien changé , les quelques ndengui qui existaient datent d'un siècle.


Ici un exemple de motifs des nattes punu

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