Lettre d'un BAJAG A Ali Ben Bongo

Monsieur Ali Ben Bongo,

Le peuple gabonais et précisément les peuples du sud sont épris de liberté et de démocratie qu'ils ont conquis fièrement en 1907 contre Capitaine Curault à Kumeramba Murundi, 1958 à Brazzaville, face à nos oppresseurs ibamba qui voulaient nous réduire pour une poignée de caoutchouc.

Je ne sais pas si vous aviez un mpindi chez vous, des moutons, des cabris, canards sauvages et poules dans votre campement. Mais nous les badjomen ou encore autres bajaguiste , nous aimons nos terres plus que nos malamu, chassons et faisons nos mpindis dans l'isolement totale de la nature .

Il parait que vous auriez des intentions politiques, sachez que vous me trouveriez sur votre route, moi, mais aussi nos femmes qui ont la réputation d'être des hommes qui sont par occasion abatteuses, mécaniciennes et même chauffeurs de camions. Les gens de la contrée auront du mal à prononcer vos prénoms, eux qui sont habitués aux Bibal- bi-mamboundu-ma Nsiengi, Babik-ba-mussiru, Magang-Ma kass ba Nding, il faudra peut être changer Ali ben par Ali Benoite bi Bongo. Ensuite il faudra penser à l'état de route de la nationale une qui est un vrai quagmire-cauchemar.

Avant la campagne électorale je voudrais vous inviter dans mon village mabula au sud de la rivière dufula, je me ferais un plaisir de vous recevoir en tant que dirigeant du pays.


Vous découvrirez une Salade Mam Simbu au safoutiers( atangas), casserole poulet, une sauce bikandu, majaga turbo, tsombi sur son canapé, tomates beignets cervelles , comme vous aimez la viande des blancs je ne manquerais pas de vous servir un steak du ranch de la Nyanga. Une Sauce noire enragée d' antilope avec patates douces, machoirons à l'étouffé poché dans la sauce d'odika, Poulet braisé façon chef Paul Muketou accompagnements vous auriez le choix entre boulettes d'ignames soit jaune, blanches, violettes, ou la fameuse boulettes de bananes de taro "fouga majister".
Je sais que vous apprecierez en entr
ée chaude ma purée de taro a l'arrachide a la briade. En dessert un gateau aux oeufs de fourmis avec milles feuilles framboises.

En dessert vous apprécierez mes tartes molvinoises.
Le tout arrosé soit par un malamba, un mussungu, un mangrocomem dry gin, ou un avec vin rouge petit mab' de la vielle cantine de mon grand oncle seule les connaisseurs peuvent faire la différence .

Pour vous relaxer un tout petit peu une partie de chasse à Doussala avec mon calibre 12 Henri Pieper: 6 mm.28" juxtaposés, Date de brevet : 1881. laissé par mon défunt grand père Nzamba.

Monsieur le ministre, vous voyez que je ne vous déteste pas , je souhaiterais amicalement que nous échangions autour d' un petit feu de bois accompagné des fourous des bananiers sur l'économie,le droit, votre vision du Gabon de demain, un peu des traditions et coutumes du pays , géographie, question du moyen Orient, nouvelles technologie et global market.

Je vous laisse deux proverbes punu:
Mukoku eboli diambu agheboli
Un vieux tronc d'arbre abattu peut se décomposer et disparaitre, alors que l’ histoire est indestructible.

Mudjabi nsil na mukati mureri mudjabi nsil levunde
Le connaisseur du chemin a suivre occupe une place privilégiée par rapport au maitre du fardeau
à porter.

Quant à ceux qui vous traitent de Biafra c'est leur dada , nous les bajags nous ne sommes pas racistes, nous épousons dans toutes les ethnies. Si vous êtes retenus pour la campagne alors je vous souhaite une bonne danse d' IKOKOU.

Respectueusement.
Le bajag

Contact: mujabitsi@hotmail.com

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