Ainsi parlaient les anciens de Pierre Edgar Moundjegou Mangangue


Trois directions, trois problèmes marquent les poèmes ici réunis. Ils se constituent tous autour d'une réflexion portant sur les possibilités qu'engendre l'écriture et sur le sens vrai du livre poétique. L'ouvre se dévoile donc en réfléchissant sur elle-même et en se réfléchissant, en s'engageant dans la construction ou la redéfinition du temps où elle germe. Le dire et le dit renvoient-ils à une origine hypothétique ? Proviennent-ils d'une source historique, réelle ? Le dire des anciens initie toute méditation. Le poète ne peut pas ne pas récapituler, détailler et déterminer sa généalogie. Le dire poétique s'inscrit dans un devenir. Il sourd au milieu des cauchemars, au milieu des brasiers mondains, au cour de l'amertume et des rêves les plus exigeants. Concrètement, l'errance du poète implique aussi l'exil de la voix dont il est porteur. Dès lors, chaque fois qu'il interpelle et interroge le monde, le poète devient, en quelque sorte, l'« emblème des rêves ». Son écriture est alors une annonce, une proclamation anticipatrice.

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