L'EVOLUTION TECHNOLOGIQUE CHEZ LES BANTU

 Les techniques de navigation

Plusieurs données historiques établissent que les premières vagues des populations bantu installées en Afrique équatoriale ignoraient l'usage des métaux. Les fouilles faites au Rwanda et au Burundi, ainsi qu'au Gabon, attestent l'utilisation du fer d'un bout a l'autre de l'Afrique Centrale au 7 au 6me siècle avant Jésus-Christ. C'est à partir du début du premier millénaire avant notre ère que nous situons provisoirement les modifications importantes intervenues dans le domaine des technologies.
Les outils en pierre, en os et en bois, vont être remplacés progressivement par les outils en fer. La construction des pirogues en Afrique équatoriale se trouve ainsi facilitée. Les forgerons fournissent les outils appropriés: les haches, les ciseaux et les herminettes. L'apport le plus considérable des Bantu riverains de l'Afrique  équatoriale dans ce domaine, c'est l'adaptation des formes des pirogues aux conditions du milieu. On en trouve pour les eaux très peu profondes avec un fond rond, pour les eaux profondes avec des hauts bords, pour les eaux accidentées c'est-à-dire des rapides et des rochers avec des fonds et des bords massifs. Il y en a aussi pour les plaines herbeuses et les forets inondées avec des dimensions réduites. Les grandes eaux exigent quant à elles des grandes pirogues. Les grandes pirogues ont été utilisées partout: sur les bords de l’océan Atlantique, sur l'Ogowe, sur le fleuve Zaïre et la rivière Ubangi, de même que sur les lacs. Signalons enfin que la pirogue a connu un développement considérable an milieu du 19eme siècle, pour répondre aux nécessités commerciales et même pour la guerre. Avec les moyens rudimentaires, les Bantu riverains abattent de gros arbres et fabriquent des embarcations pouvant mesurer 25 mètres de long et un mètre de large et capables de transporter 5 a 6 tonnes de marchandises, sans compter plus d'une dizaine de personnes chargées de les propulser et de les protéger contre les pirates. Les pirogues ont constitue le moyen de transport le plus puissant connu en Afrique Centrale. Pour revenir à l'adaptation des pirogues au milieu, nous pouvons souligner que le bassin de la Ngiri est la seule région qui a donne naissance aux formes les plus variées.
 On y distingue quatre principales formes:
- Ebei : pirogue a fond plus ou moins rond, évasé et basse.
 Les deux extrémités (proue et éperon) contiennent chacune une plate-forme qui permet au pagayeur de derrière comme a celui de devant de s'y tenir debout, assis. Cette pirogue qui convient le mieux à la  navigation dans les eaux peu profondes de la Haute-Ngiri, est une création locale et relativement récente car, les fabricants actuels utilisaient autrefois est munsale ou le motomba, quand ils occupaient les eaux profondes.
- Epepe : une pirogue à fond plus ou moins ovale, aux bords latéraux peu *Sieves et aux extrémités pointues et courtes. Elle est utilisée dans les plaines herbeuses de is moyenne Ngiri et dans les forets inondes de l'entre Ngiri-Zaire et de l'entre Ngiri-Ubangi. Cette pirogue est aussi propre aux peuples de la Ngiri.
- Libenge : pirogue à fond plat, plus ou moins longue, avec les bords latéraux très élevés et les extremites quelque peu effilees. Elles contiennent une petite plate-forme sur laquelle l'homme de derriere peut se tenir convenablement. Cette forme de pirogue est commune aux peuples de is basso Ngiri, du moyen et bas Ubangi, des grandes rivières de la cuvette congolaise (Likouala-aux Herbes, Likouala-Mossaka, Alima) et du fleuve Zaïre en aval du con-fluent de l'Ubangi.
- Munsale comme le libenge, c'est une pirogue à fond plat, plus ou moins longue, avec les bords latéraux très élevés. Elle se termine par des pointes effilés qui constituent sa seule différence avec le libenge. Le munsale est connu chez les Libinza de la moyenne Ngiri, le long du fleuve Zaire entre Sumba et Mbandaka, et même plus bas.

 Nous terminons par affirmer que dans l'état actuel de nos connaissances, l'Afrique équatoriale est la seule partie du continent qui a produit les plus grandes et les meilleures pirogues, principalement au 19e siècle. Et de tout temps, la pirogue a représenté pour cette contrée, un moyen indispensable pour la production et le commerce. Quant aux techniques de la navigation, les seuls moyens pour propulser les pirogues sont la pagaie dans les eaux profondes, la perche ou la fourche dans les eaux peu profondes. Les pagayeurs peuvent se tenir debout ou rester assis sur un tabouret ou sur l’extrémité arriéré. Cela dépend de la forme et de la taille de la pirogue. La tache la plus ardue est celle de tenir le gouvernail de la pirogue. Ainsi, des le jeune Age (7 à 8 ans), chaque enfant s'exerce à diriger la pirogue, seul ou en groupe. Cependant, comme tous les peuples maritimes depuis le Sénégal jusqu'au royaume de Loango, en passant par le Sierra Leone et le Cameroun, les Bantu du Fernan Vaz et de Sao Tome ont imite les Portugais dans est manière de propulser les embarcations.Ils ont adoptés assez tôt (avant est seconde moitié du 18 siècle) les pirogues a voile. Les voiles sont rudimentaires en tresses et disposées en forme de V,  un peu plus élaboré et est en tissue de raphia ou en toiles européennes. Ces pirogues qui étaient assez répandue au 19e siècle ont disparu progressivement dans la seconde moitié du 20e siècle, suite à l'introduction des hors-bord .


 L'exploitation de ces plantes palmier et canne à sucre ont  largement marque la vie d'une grande partie de la population riveraine vivant de  la  pêche, de la chasse et de l’artisanat. Le vin de canne a sucre, plante d'origine asiatique, qui se fabrique dans les régions habitées par les peuples ignorant la civilisation du palmier, est un phénomène relativement "nouveau" dont nous ignorons encore l'origine et l'inspiration. L'industrie du sel végétal n;est pas l'apanage des Bantu riverains, mais le milieu leur offre, grâce a l'abondance des matières premières, un avantage sur les autres. Mème si la production du sel végétal a sensiblement recule a la suite de la concurrence européenne, les techniques sont toujours en usage dans l'ensemble de la société. Telles furent les grandes modifications des techniques d'exploitation at de transformation du milieu mises au point ou perfectionnées par les Bantu riverains de l'Afrique équatoriale. Certes, beaucoup de ces techniques sont difficiles a "moderniser" mais d'autres comme l’aménagement du site, la forge, la poterie, etc... peuvent bien l être. D'ou l'importance à accorder à ces techniques en vue de leur codification et leur intégration dans le nouveau système de transmission des connaissances et le nouveau système économique.


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