LES TECHNIQUES DE LA PECHE


La pêche en eau douce est pratiquée par les femmes au moyen des nasses, bidube, mijonge qu'elles prennent soin de bourrer avec des feuilles de zingibéracées, majombu, des noix de palmes, ngatsi, et des fragments de termitières, tsalu. Les nasses sont plongées dans des sections de rivière, en eau profonde, bitsibe, et tout au long des barrages, kagu. Une autre pratique de pêche artisanale consiste à diluer une substance enivrante en amont des rivières poissonneuses. La pêche prend une tournure quasi rituelle. Pendant quelques jours, des familles quittent le village pour aller camper en forêt dans des endroits aménagés pour la circonstance, mitsaki. La pêche, pratiquée pendant cette période est dénommée mbage. Le processus: au milieu d'un coin de la rivière non profond, les pêcheurs construisent divange, ensemble de cailloux placés en cercle et comportant une passe par laquelle s'échappera le produit enivrant. Ce breuvage est préparé avec: magèmbi, ngudu, bumi, tsofi, entre autres. Les femmes allument un grand feu sur lequel elles brûlent les fruits sécrétant la substance enivrante, magèmbi. Ceux-ci sont écrasés avec des longs bâtons, dans un chant d'encouragement: roka mbagé na magèmbié ikudeme, rokanu mbagé na magèmbié :faites ce breuvage avec lesfruits de mugémbi. La séance du mbage se déroule toujours pendant la nuit. Tôt le matin, tout le monde se rend le long du cours aval de la rivière pour y ramasser les poissons. Le butin est séché sur des fumoirs. Après cinq jours de camping, les pêcheurs retournent au village avec des paniers pleins de poissons et mafumbe, poissons préparés dans des paquets.

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